Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans le quartier d’al-ʿAdhrāwiyya, on l’accusa d’avoir obtenu une requête de Nuʿmān al-Balqāʾ avec Kujkun (1) le chambellan et le qādī Ḥassān. Il semble qu’il s’agisse d’une plainte émanant d’un adversaire hostile à leur égard, et qu’en réalité rien de tel ne se soit produit. Dieu seul sait.

Par la suite, on découvrit un homme qui falsifiait les décrets souverains. À cause de lui, le professeur de la madrasa aṣ-Ṣārmiyya (2) fut arrêté, car l’individu se trouvait dans ladite école, et on le fouetta devant le « Roi des émirs ». Il en alla de même pour le shaykh Zayn ad-Dīn Zayd al-Maghribī aš-Šāfiʿī, dont on rapporta qu’il demandait un décret pour la madrasa al-Akziyya (3) ; lui aussi fut battu puis il reçut l’ordre de l’incarcérer à la prison d’as-Sadd. L’émir Šihāb ad-Dīn, qui administrait la ville, fut également emprisonné, car il avait rédigé pour lui un décret royal de gouvernance. Lorsque le secrétaire en comprit la teneur, il en informa le lieutenant de la sultanat, de sorte que l’affaire fut portée à la connaissance des autorités et qu’ils furent tous enfermés à as-Sadd.

Les lettres des pèlerins arrivèrent dans la nuit du samedi quinze muḥarram, annonçant l’abondance, la modicité des prix et la sécurité. Louange et grâce en reviennent à Dieu.

Le maḥmal fit son entrée après le maghrib, dans la nuit du samedi vingt-et-unième du mois. Puis les pèlerins arrivèrent à leur tour sur un terrain boueux et glissant (4). À partir de la région de Ḥawrān, ils connurent peine et difficulté ; nombre de chameaux s’effondrèrent, et beaucoup de femmes furent emmenées captives (5). « Nous appartenons à Dieu et vers Lui nous retournons » : les gens endurèrent une intense souffrance.

Le lundi vingt-quatrième, on coupa la main de celui qui avait falsifié les décrets : il s’appelait as-Sirāj ʿUmar al-Qiftī (6), un jeune scribe égyptien qu’on disait très habile. On le fit porter dans une cage juchée sur un chameau, la main sectionnée, sans qu’elle ait été cautérisée, de sorte que le sang s’en écoulait. On fit monter avec lui le shaykh Zayn ad-Dīn Zayd, installé sur un autre chameau, le visage tourné vers la croupe de l’animal, nu et tête découverte. Al-Badr al-Ḥifsī fut également juché sur un troisième chameau, tandis que le gouverneur Šihāb ad-Dīn était sur un autre, vêtu d’une simple tunique légère, d’un soulier et d’un qaba. On les promena ainsi dans divers quartiers de la ville.

On proclama au sujet de chacun : « Voilà le châtiment de quiconque contrefait un décret du Sultan. » Ils furent alors conduits à la prison de Bāb aṣ-Ṣaghīr (la « Petite Porte ») ; auparavant, ils étaient détenus à la prison d’as-Sadd, d’où on les avait extraits pour les exhiber en public. « Nous appartenons à Dieu et vers Lui nous retournons. » Fin du récit.

(1) Dans l'édition de Kāḥlan. Nous avons retenu ce qui figure dans al-Durar (3/265), à savoir : Kajkān ibn Lāqūsh. Il est décédé en l'an 762 de l'Hégire. (2) L'école de Qiblī al-ʿAzrawīyah, située entre la porte al-Naṣr et la porte al-Jābiyyah. Al-Dāris (1/326). (3) Dans l'édition, « al-Akriyyah » avec un rāʾ, ce qui est une normalisation fautive. Al-Akziyyah est une école à l'ouest de Ṭayyibah, et al-Tarbah est al-Tankaziyyah ; à l'est se trouve l'école Umm al-Ṣāliḥ. Munādhamat al-Aṭlāl, p. 82. (4) « Ar-Ramaḍ » désigne la pluie de la fin de l'été et du début de l'automne. Al-Qāmūs al-Muḥīṭ. (5) C’est ainsi dans l’original ; la correction probable serait « wa talaffat ašyāʾ » (et des choses ont disparu), car le sens de l’enlèvement des femmes ici est incohérent. (6) Dérivé de Qift, un village du Haut-Égypte. Yāqūt.
بالعذراوية بسب أنّه اتّهم بأخذ مطلب من نعمان البلقاء هو وكجكن (١) الحاجب، وقاضي حسان، والظاهر أن هذه مرافعة من خصم عدو لهم، وأنه لم يكن من هذا شيء واللَّه أعلم. ثم ظهر على رجل يزوّر المراسيم الشريفة وأُخذ بسببه مدرِّسُ الصَّارميَّة (٢) لأنَّه كان عنده في المدرسة المذكورة، وضرب بين يدي ملك الأمراء، وكذلك على الشيخ زين الدين زَيْد المغربي الشافعي، وذكر عنه أنّه يطلب مرسومًا لمدرسة الأكزيَّة (٣) ، وضرب أيضًا ورُسم عليه في حبس السد، وكذلك حبس الأمير شهاب الدين الذي كان متولِّي البلد، لأنه كان قد كتب له مرسومًا شريفًا بالولاية، فلما فهم ذلك كاتب السر أطلع عليه نائب السلطنة فانفتح عليه الباب وحُبسوا كلُّهم بالسد. وجاءت كتب الحجاج ليلهّ السبت الخامس عشر من المحرم، وأخبرت بالخِصْب والرُّخص والأمن وللَّه الحمد والمنة. ودخل المحمل بعد المغرب ليلة السبت الحادي والعشرين منه، ثم دخل الحجيج بعده في الطين والرَّمَض (٤) وقد لقوا من ذلك من بلاد حوران عناءً وشدة، ووقعت جمالات كثيرة وسبيت نساء (٥) كثيرة، فإنا للَّه وإنا إليه راجعون، وحصل للناس تعبٌ شديد. ولما كان يوم الإثنين الرابع والعشرين قُطعت يدُ الذي زوَّر المراسيم واسمه السِّراج عمر القِفْطيّ (٦) المصري، وهو شاب كاتب مطيق على ما ذكر، وحمل في قفص على جمل وهو مقطوع اليد، ولم يحسم بعد والدم ينصبُّ منها، وأركب معه الشيخ زين الدين زيد على جمل وهو منكوس وجهه إلى ناحية دبر الجمل، وهو عريان مكشوف الرأس، وكذلك البدر الحِفصي على جمل آخر، وأركب الوالي شهاب الدين على جمل آخر وعليه تخفيفة صغيرة، وخف وقباء، وطيف بهم في محال البلد، ونُودي عليهم: هذا جزاء من يزوِّر على السلطان، ثم أُودعُوا حبس الباب الصغير وكانوا قبل هذا التعزير في حبس السد، ومنه أخذوا وأُشهروا، فإنا للَّه وإنا إليه راجعون. انتهى.
(١) في ط: كحلن. وأثبتنا ما في الدرر (٣/ ٢٦٥) وهو: كجكن بن لاقوش. مات سنة (٧٦٢) هـ. (٢) مدرسة قبلي العذراوية داخل باب النصر وباب الجابية. الدارس (١/ ٣٢٦). (٣) في ط: الأكرية بالراء وهو تطبيع. والأكزية مدرسة غربي الطيبة والتربة التنكزية، وشرقي مدرسة أم الصالح. منادمة الأطلال ص (٨٢). (٤) "الرَّمَضُ": المطر آخر الصَّيف وأول الخريف. القاموس المحيط. (٥) هكذا في الأصل، ولعل الصواب: وتلفت أشياء، إذ لا معنى لسبي النساء هنا. (٦) نسبة إلى قِفْط. وهي قرية من قرى الصعيد الأعلى. ياقوت.

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