Puis débuta l’année sept cent soixante et un (761). Le sultan des musulmans était alors al-Malik an-Nâsir Ḥasan ibn al-Malik an-Nâsir Muḥammad ibn al-Malik al-Manṣūr Qalâwûn, et les juges d’Égypte et de Syrie restaient ceux déjà mentionnés précédemment. Le gouverneur (nâ’ib) de Syrie était l’émir Sayf ad-Dîn Asandamur, frère de Yalbughâ al-Yaḥyâwî, tandis que le « kâtib as-sirr » (secrétaire d’État) était le qâḍî Amîn ad-Dîn ibn al-Qalânisî.
Au premier jour de Muḥarram, la nouvelle parvint du décès du shaykh Ṣalâḥ ad-Dîn al-ʿAlâʾî (1) à al-Quds ash-Sharîf, dans la nuit du lundi 3 Muḥarram. La prière funéraire fut célébrée le lendemain à la mosquée al-Aqṣâ, après la prière de midi, puis il fut inhumé dans le cimetière du vice-gouverneur d’ar-Raḥba. Il avait soixante-six ans. Durant son séjour à Jérusalem, il fut professeur à la madrasa aṣ-Ṣalâḥiyya et shaykh à Dâr al-Ḥadîth at-Tankîziyya (2) durant trente ans. Il composa, écrivit, rassembla et établit de nombreuses compilations. Il possédait une grande maîtrise de la connaissance des chaînes de transmission élevées et moins élevées, ainsi que de l’extraction d’« ajzâʾ » et de « fawâʾid ». Il disposait également d’une solide formation en fiqh, en langue, en arabe et en littérature. Sa plume avait quelques faiblesses, mais ses écrits demeuraient sûrs et précis pour élucider ce qui prêtait à confusion. Il laissa plusieurs ouvrages (3), et j’ai appris qu’il les avait légués à la khânqâh as-Sumaysâṭiyya (4) de Damas. Après son décès, l’enseignement à la madrasa aṣ-Ṣalâḥiyya (5) et sa supervision furent confiés à l’imam et khâṭib Burhân ad-Dîn ibn Jamâʿa (6), qui en avait reçu une délégation antérieure.
Le jeudi 6 Muḥarram, on procéda à l’arrestation du responsable des biens fonciers, Ibn Bahâdur as-Sanjarî (7), et des mesures furent prises à son encontre.