Et d’autres encore, et l’émir Sarghatmish s’était allié à lui dans de nombreuses affaires, privées comme publiques, si bien qu’il périt à cause de cela, alors même qu’il approchait quatre-vingts ans (1). Fin.
[Réintégration des juges]
Sarghatmish avait, comme indiqué précédemment, démis de leurs fonctions à Damas les trois juges : le chaféite, le hanafite et le malékite. Il avait auparavant destitué Ibn Jamâʿa et nommé Ibn ʿAqîl. Mais lorsque Sarghatmish fut arrêté, le sultan ordonna la réintégration des juges à leurs postes habituels. Lorsque la nouvelle parvint à Damas, les trois juges refusèrent d’abord de reprendre la magistrature, bien qu’ils se présentassent la nuit précédant la fête pour l’observation du croissant lunaire à la mosquée omeyyade, et qu’ils se joignirent au vice-roi le matin de la fête pour se rendre à la prière, conformément à la coutume des juges. Toutefois, ils ressentaient de l’inquiétude et avaient quitté les madrasas où ils rendaient la justice : le juge suprême Abû al-Baqâ’ ach-chaféite retourna à son verger de az-Zuʿayfarniyya (2), le juge suprême Ibn as-Sarrâj rentra dans sa demeure du quartier at-Taʿdîl, tandis que le juge suprême Sharaf ad-Dîn al-mâlikî partit pour as-Sâlihiyya, où il s’installa dans la madrasa as-Ṣamṣâmiyya. Beaucoup de gens en souffrirent, car il était arrivé de terre égyptienne en étranger, pauvre et pieux, et avait exercé la magistrature de manière convenable. Finalement, il apparut qu’il n’avait pas été démis et qu’il conservait sa fonction, comme nous le verrons. Ses partisans et nombre de personnes s’en réjouirent.
Le dimanche 4 Shawwâl, le courrier arriva, apportant la nomination du juge suprême chaféite Tâj ad-Dîn Ibn as-Subkî et celle du juge suprême hanafite Sharaf ad-Dîn al-Kifrî. Le juge suprême Sharaf ad-Dîn al-mâlikî al-ʿIrâqî garda également sa charge, car le sultan se souvenait de lui avoir confié de vive voix la magistrature en Syrie et de l’avoir fait partir immédiatement pour Damas. Sa conduite fut louée, tout comme sa discrétion, si Dieu le veut, et les gens s’en réjouirent.
Au mois de Dhû al-Qaʿda, le spécialiste du hadith, Shams ad-Dîn Muḥammad ibn Saʿd al-Ḥanbalî, mourut le lundi 3 de ce mois et fut inhumé le lendemain au pied du mont, alors qu’il approchait la soixantaine (3). Il avait écrit de nombreux ouvrages et effectué des travaux d’annotation (takhrîj). Il possédait une solide connaissance des différents recueils de hadith (4) et de leurs transmetteurs parmi les shuyûkh plus récents. Il écrivit pour le grand ḥâfiẓ al-Birzâlî une volumineuse compilation de ses maîtres, et y inclut pour chacun un ou plusieurs hadiths, tout en consignant ce qu’il avait entendu de chacun. Cependant, son travail resta inachevé, car al-Birzâlî (qu’Allah lui fasse miséricorde) décéda avant qu’il ne puisse l’achever.