Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Vers la fin du mois de Rajab, le représentant du sultan (Nâ'ib as-Saltana) se rendit à ar-Rabwa. On y fit comparaître les juges et les détenteurs de l’autorité, et il fut ordonné d’y convoquer les muftis – j’étais moi-même du nombre de ceux qui furent appelés ce jour-là, et je m’y rendis (1). Le représentant du sultan avait alors l’intention de démolir les maisons construites à ar-Rabwa et de fermer le hammam, au motif qu’elles auraient été érigées pour assouvir certains besoins, et aussi parce que les eaux usées du bain se déversaient dans la rivière dont la population s’abreuvait. Finalement, il fut décidé de préserver les habitations et de renvoyer les surélévations dirigées vers Tura et Banias (2), tout en laissant celles qui donnaient sur la rivière Barada. Ainsi, les gens cessèrent complètement de se rendre à ar-Rabwa. Le même jour, il fut également décrété de resserrer les manches des femmes et de retirer les sonnettes ainsi que les étriers des ânes appartenant aux transporteurs.

Au début du mois de Shaʿbân, le représentant du sultan monta à cheval un vendredi, après la prière de l’après-midi, pour inspecter le « mur romain » à ar-Raḥbiyya. Les commerçants, effrayés, fermèrent aussitôt leurs boutiques, croyant qu’il l’avait ordonné. Furieux d’apprendre cela, il se désavoua de toute responsabilité. Puis, il ordonna la démolition dudit mur et le transfert de ses pierres pour les travaux qu’il avait entrepris à l’extérieur de Bâb an-Naṣr, dans la Dâr aṣ-Ṣinâʿa, attenante à la Dâr al-ʿAdl. Il y ordonna la construction d’un khân (caravansérail), et l’on y transporta ces pierres (3). Ainsi se conclut cette affaire, et Dieu est plus Savant.

[Destitution des trois juges à Damas]

Le mardi neuvième jour de Shaʿbân, un courrier arriva d’Égypte, apportant un billet – une note – transmettant les salutations aux nouveaux juges, et informant de la destitution du juge shafiʿite (4), du juge hanafite (5) et du juge malikite (6). Il annonçait également la nomination, en qualité de Qâḍî al-Qudhât (juge suprême) pour le rite shafiʿite, du Qâḍî Bahâʾ ad-Dîn Abû al-Baqâʾ as-Subkî, et, pour le rite hanafite, du shaykh Jamâl ad-Dîn Ibn as-Sarâj al-Ḥanafî. Les gens allèrent les saluer, les féliciter et leur rendirent de grands honneurs, tandis que l’on rapportait l’arrivée prochaine du juge malikite en provenance d’Égypte.

Puis, le samedi vingt-septième jour de Shaʿbân, un autre courrier venu d’Égypte parvint avec deux actes d’investiture et deux robes d’honneur destinées au juge shafiʿite et au juge hanafite. Ils revêtirent ces parures et partirent depuis Dâr as-Saʿâda en direction de la mosquée des Omeyyades. Là, ils s’assirent dans le miḥrâb de la maqsûra, et l’acte d’investiture de Qâḍî al-Qudhât Bahâʾ ad-Dîn Abû al-Baqâʾ ash-Shâfiʿî fut lu par le shaykh Nûr ad-Dîn Ibn aṣ-Ṣârim, le spécialiste du ḥadîth, depuis la tribune faisant face au miḥrâb. L’acte d’investiture de Qâḍî al-Qudhât Jamâl ad-Dîn Ibn as-Sarâj al-Ḥanafî fut également lu par le shaykh ʿImâd ad-Dîn Ibn as-Sarâj, lui aussi spécialiste du ḥadîth, au même endroit. Ils rendirent ensuite la justice en ce lieu, avant de se retirer.

(1) Cela signifie Ibn Kathīr lui-même. (2) Dans l'édition Nūr wa Nās, il s'agit d'une altération. Les deux sont en réalité des branches bien connues des branches de Burdā. (3) Al-Dāris (2/445). (4) Tāj al-Dīn al-Subkī, chaféite. (5) Sharaf al-Dīn al-Kafrī, hanafite. (6) Jamāl al-Dīn al-Musallātī.
وفي أواخر شهر رجب برز نائبُ السَّلطنة إلى الرَّبوة وأُحضِرَ القضاة وولاةُ الأمور ورُسم بإحضار المفتين -وكنت فيمن طلب يومئذ فركبتُ إليها (١) - وكان نائب السلطنة عزم يومئذ على تخريب المنازل المبنيّة بالرَّبوة وغَلْق الحمَّام من أجل هذه فيما ذكر أنها بنيت ليقضي فيها، وهذا الحمام أوساخُه صائرةٌ إلى النهر الذي يشرب منه الناس، فاتّفق الحال في آخر الأمر على إبقاء المساكن ورد المُرتفعات المسلطة على تُورَه وبانياس (٢) ويترك ما هو مسلَّط على بردى، فانكفَّ الناس عن الذهاب إلى الرّبوة بالكُلِّية، ورُسم يومئذ بتضييق أكمام النساء وأن تزال الأجراس والركب عن الحمير التي للمكارية. وفي أوائل شهر شعبانَ ركب نائبُ السلطنة يوم الجمعة بعد العصر ليقف على الحائط الرومي الذي بالرحبية، فخاف أهل الأسواق وغلَّقوا دكاكينهم عن آخرهم، واعتقدوا أن نائب السلطنة أمر بذلك فغضب من ذلك وتنصَّل منه، ثم إنه أمر بهدم الحائط المذكور، وأن ينقل إلى العمارة التي استجدَّها خارج باب النصر في دار الصِّناعة التي إلى جانب دار العدل، أمر ببنائها خانًا ونقلت تلك الأحجار إليها (٣) ، انتهى واللَّه أعلم. [عزل القضاة الثلاثة بدمشق] ولما كان يوم الثلاثاء تاسع شعبان قدم من الديار المصرية بريدي ومعه تذكرة -ورقة- فيها السلام على القضاة المستجدين، وأخبر بعزل القاضي الشافعي (٤) والحنفي (٥) والمالكي (٦) ، وأنه ولي قضاء قضاة الشافعية القاضي بهاء الدين أبو البقاء السُّبكي، وقضاء الحنفية الشيخ جمال الدين بن السراج الحنفي، وذهب الناس إلى السلام عليهم والتهنئة لهم واحتفلوا بذلك، وأخبروا أن القاضي المالكي سيقدم من الديار المصرية، ولما كان يوم السبت السابع والعشرين من شعبان وصل البريد من الديار المصرية ومعه تقليدان وخلعتان للقاضي الشافعي والقاضي الحنفي، فلبسا الخلعتين وجاءا من دار السعادة إلى الجامع الأموي، وجلسا في محراب المقصورة، وقرأ تقليد قاضي القضاة بهاء الدين أبي البقاء الشَّافعي، الشيخ نور الدين بن الصّارم المحدِّث على السُّدَّة تجاه المحراب، وقرأ تقليد قاضي القضاة جمال الدين بن السرَّاج الحنفي الشيخ عماد الدين بن السرَّاج المحدث أيضًا على السدة، ثم حكما هنالك، ثم جاء أيضًا
(١) يعني ابن كثير نفسه. (٢) في ط: نوره وناس وهو تحريف. وكلاهما فرعان معروفان من فروع بردى. (٣) الدارس (٢/ ٤٤٥). (٤) تاج الدين السُّبكي الشافعي. (٥) شرف الدين الكفري الحنفي. (٦) جمال الدين المسلَّاتي.

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