Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Baybugha (1), qu’Allah le déshonore en son temps, obtint ensuite la place de gouverneur à Alep, puis il fut détenu un moment à Alexandrie. Une fois relâché, il s’établit à la noble Jérusalem jusqu’à sa mort, comme nous l’avons déjà mentionné dans les annales citées. Ach-Charif Ibn Ruzayq (2) le punit, et Dieu sait mieux.

Décès de l’émir Shaykhoun (3) :
La nouvelle est parvenue des territoires égyptiens que l’émir Shaykhoun est décédé dans la nuit du vendredi vingt-six Dhou al-Qa‘da. Il fut inhumé le lendemain dans son propre mausolée. Il avait fait construire une immense école (madrasa) qu’il dota des quatre écoles juridiques, d’une maison pour l’enseignement du hadith et d’un khanqah pour les soufis. Il y consacra une dotation importante, y établit des affectations financières et organisa un enseignement florissant. Il laissa derrière lui de grandes sommes d’argent, des provisions considérables et des biens inventoriés dans l’ensemble des contrées égyptiennes et syriennes, ainsi que des filles et une épouse. Ce qui restait fut légué aux fils du sultan mentionné, conformément au système d’allégeance.

Après son décès, de nombreux émirs de son entourage furent arrêtés au Caire, parmi les plus connus figurent ‘Izz ad-Dîn Tuqtay (5), le dâdâr (chargé de la correspondance) et le fils de Qawson, ainsi que la mère de ce dernier — qui n’était autre que la sœur du sultan, épousée ensuite par Shaykhoun après Qawson. Fin de l’épisode, et Dieu sait mieux.

[Ensuite vint l’année 759 de l’Hégire]
Cette année commença alors que le sultan de l’Islam régnait sur les territoires égyptiens et syriens, les deux lieux saints et leurs dépendances : il s’agissait du roi An-Nâsir Hasan ibn le roi An-Nâsir Muhammad ibn le roi Al-Mansur Qalâwûn ibn ‘Abd Allah As-Sâlihî. Son autorité et celle de ses proches s’étaient trouvées renforcées par la mort de l’émir Shaykhoun — comme nous l’avons déjà mentionné — survenue le vingt-six Dhou al-Qa‘da de l’année précédente.

Le sultan hérita en effet de Shaykhoun un important trésor de la prospérité de ce monde, constitué de quantités innombrables d’or et d’argent, d’équidés de race, de bétail, de champs cultivés, ainsi que de nombreux esclaves, armes, équipements, bassins, commerces, et autres biens qu’il serait difficile de circonscrire ou de dénombrer ici.

Jusqu’à présent, à ce que nous en savons, il n’existe ni gouverneur ni vizir dans les provinces d’Égypte ; les juges, eux, sont ceux déjà évoqués dans la partie précédente.

Quant à Damas, son gouverneur et ses juges sont également ceux mentionnés plus haut, à l’exception du juge hanafite : c’est désormais le grand juge Chihâb.

(1) Dans l'édition : Yilbigha. Le sens est : Baybugha Orus. (2) Dans l'édition : Zrayk avec un zāʾ en début. La correction provient de l'éditeur (1/90). (3) Sa biographie se trouve dans "Al-Dhayl", p. 314, "Ad-Durar al-Kamina" (2/196) et "An-Nujūm az-Zāhira" (10/324), où il est nommé « Shaykhū », de même que dans "Al-Dhayl at-Tām" (1/154). (4) Rédigé de la main de Ṣalība Aḥmad ibn Ṭūlūn. (5) Dans l'édition : Buqṭāy, qui est une altération. Cela a déjà été mentionné auparavant. (6) Ce qui est entre parenthèses est un ajout tiré de "Al-Dhayl at-Tām" (1/159), où se trouve le texte en ses propres termes.
بَيْبُغا (١) قبحه اللَّه في أيامه، ثم صار إلى نيابة حلب ثم سجن بالإسكندرية مدَّة، ثم أُفرج عنه فأقام بالقدس الشريف إلى أن كانت وفاته كما ذكرنا في التاريخ المذكور، عزَّره الشَّريف ابن رُزَيك (٢) واللَّه أعلم. وفاة الأمير شَيْخون (٣) : ورد الخبر من الديار المصرية بوفاة الأمير شَيْخُون ليلةَ الجمعة السادس والعشرين من ذي القعدة ودفن من الغد بتربته، وقد ابتنى مدرسةً هائلة (٤) وجعل فيها المذاهب الأربعة ودارًا للحديث وخانقاه للصُّوفية، ووقف عليها شيئًا كثيرًا، وقرّر فيها معاليم وقراءة دارَّة، وترك أموالًا جزيلة وحواصل كثيرة ودواوين في سائر البلاد المصرية والشّامية، وخلف بناتٍ وزوجةً، وورث البقية أولاد السُّلطان المذكور بالولاء. ومسك بعد وفاته أمراء كثيرون بمصر كانوا من حزبه، من أشهرهم عز الدين طُقْطَاي (٥) الدوادار وابن قَوْصون وأمه أخت السلطان خلف عليها شَيْخُون بعد قَوْصون انتهى واللَّه أعلم. [ثم دخلت سنة تسع وخمسين وسبعمئة] استهلَّت هذه السنة وسلطان الإسلام بالبلاد المصرية والشامية والحرمين الشريفين وما يتبع ذلك الملك الناصر حسن بن الملك الناصر محمد بن الملك المنصور قلاوون بن عبد اللَّه الصالحي، وقد قوي جانبُه وحاشيتُه بموت الأمير شيخون كما ذكرنا في سادس عشري ذي القعدة من السنة الماضية و [قد] (٦) صار إليه من ميراثه من زهرة الحياة [الدنيا] (٦) شيء كثير من القناطير المقنطرة من الذهب والفضة والخيل المسومة والأنعام والحرث، وكذلك من المماليك والأسلحة والعُدّة والبِرَك والمتاجر ما يشق حصره ويتعذر إحصاؤه هاهنا. وليس في الديار المصرية فيما بلغنا إلى الآن نائب ولا وزير، والقضاة هم المذكورون في التي قبلها. وأمّا دمشقُ فنائبها وقضاتها هم المذكورون في التي قبلها سوى الحنفي فإنَّه قاضي القضاة شهاب
(١) في ط: يلبغا. والمراد: بَيْبُغا أُرُوس. (٢) في ط: زريك بتقديم الزاي. والتصويب من الدارس (١/ ٩٠). (٣) ترجمته في الذيل ص (٣١٤) والدرر الكامنة (٢/ ١٩٦) والنجوم الزاهرة (١٠/ ٣٢٤) وفيهما: شَيْخُو وكذلك هو في الذيل التام (١/ ١٥٤). (٤) بخط صليبة أحمد بن طولون. (٥) في ط: بقطاي وهو تحريف. وقد ذكر من قبل. (٦) ما بين الحاصرتين زيادة من الذيل التام (١/ ١٥٩) وفيه النص بحروفه.

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