Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils se rendirent ensuite à Ḥikr as-Sammāq et ailleurs, mais des gens issus des Bazdariyya (1), des Kilābziyya (2) et d’autres parmi la populace se soulevèrent contre eux. Ils en vinrent aux mains, et on les frappa à coups de poing et d’autres coups encore. Il est même rapporté que certains vauriens dégainèrent l’épée contre eux, comme il a été mentionné. Le roi des émirs ordonna alors au gouverneur de la ville et à celui de la campagne d’être leur soutien et de les aider contre les marchands de vin et les fumeurs de ḥashīsh, ce qu’ils firent. Cependant, le tumulte fut important : on brandit une bannière et une foule nombreuse se regroupa autour d’eux. Vers la fin de la journée, un groupe de nuqabāʾ (notables) et de khazandāriyya (trésoriers) arriva, muni de chaînes. Ils arrêtèrent plusieurs personnes qui résidaient près de la Grande Mosquée et les battirent à coups de fouet. Ensuite, on les fit défiler en ville en proclamant : « Voilà le châtiment de quiconque se mêle de ce qui ne le regarde pas, sous l’autorité du sultan. » Les gens en furent surpris et réprouvèrent cet acte. Deux hommes du commun contredirent le crieur : l’un fut tué sur le coup par un soldat qui le frappa avec un dabbūs (masse) ; l’autre fut également frappé, et l’on raconte qu’il mourut aussi. Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous revenons.

Au mois de Chaʿbān de la même année, on rapporta qu’une servante affranchie de l’émir Sayf ad-Dīn Tamur al-Mihmandār fut enceinte durant près de quatre-vingt-dix jours ; puis, elle commença à expulser le contenu de son ventre. Sur une période d’environ quarante jours, à des intervalles variables, elle mit au monde quatorze filles, suivies d’un garçon. Peu de gens auraient su distinguer le sexe de ces nouveau-nés (3).

La nouvelle parvint également que l’émir Sayf ad-Dīn Shaykhūn, administrateur des provinces d’Égypte et de Syrie, avait été attaqué (4) par un mamelouk (5) du sultan. Celui-ci le frappa de plusieurs coups d’épée qui le blessèrent à divers endroits du corps, notamment au visage et à la main. On le transporta alors chez lui, dans un état critique, blessé et gisant. Plusieurs groupes d’émirs s’en indignèrent, et l’on dit qu’ils montèrent à cheval pour l’affrontement, mais personne ne vint à leur rencontre. L’affaire s’avéra fort grave ; on accusa l’émir Sayf ad-Dīn Ṣarghatmush et d’autres, suggérant qu’ils étaient de connivence dans cette attaque. Dieu sait mieux ce qu’il en est.

Décès d’Arghūn (6) al-Kāmilī, fondateur du bīmāristān d’Alep : il mourut à al-Quds (Jérusalem) le jeudi vingt-six Shawwāl de la même année et fut inhumé dans le mausolée qu’il avait établi à l’ouest de la Mosquée, sur son flanc nord. Il avait exercé la fonction de gouverneur (nāʾib) à Damas, après avoir officié à Alep, jusqu’à ce que survienne l’événement dont il est question.

(1) Dans l’édition : "al-Bāridhādiyya" est une déformation. Le terme "al-Bāzdrāriyyah", avec le zāy placé avant le dāl, désigne ceux qui s’occupent de l’élevage des oiseaux et de leur dressage à la chasse. (2) Dans l’édition : "al-Kalābariyyah" avec un rā’ est également une déformation. Avec un zāy, ils sont ceux qui s’occupent de l’élevage des chiens et de leur dressage à la chasse. (3) Le rapport dans "al-Nujūm al-Zāhirah" (10/306) est une citation d’Ibn Kathīr. L’édition indique "soixante-dix" au lieu de "quatre-vingt-dix" ; ce qui est ici conforme à ce que rapporte l’auteur d’"al-Nujūm" et paraît être le plus exact, si Dieu le veut. (4) Dans l’édition : "ẓafr" est une déformation. Dans "al-Nujūm al-Zāhirah" (10/305) et "al-Dhayl al-Tām" (1/154) : le terme correct est "wathb". (5) C’est : "Qutlukhajā", dans "Dār al-Nujūm" (10/324), dans "al-Ḍurar al-Kāminah" (2/196) et "Shudhūrāt al-Dhahab" (6/183) : "Āy Qajā", ainsi que dans "al-Dhayl al-Tām" (1/154). (6) Sa biographie se trouve dans : "al-Dhayl" de al-Ḥusaynī, p. 316, "al-Ḍurar" (1/352), "al-Nujūm" (10/326) et "al-Dhayl al-Tām" (1/158).
وغيره، ثم انتقلوا إلى حِكْر السمّاق وغيرهم فثار عليهم من البَازدَاريّة (١) والكِلَابزيَّة (٢) وغيرهم من الرّعاع فتناوشوا، وضُربت عليهم ضربات بالأيدي وغيرهم، وربما سل بعض الفساق السيوف عليهم كما ذكر، وقد رَسَم ملك الأمراء لوالي المدينة ووالي البر أن يكونوا عضدًا لهم وعونًا على الخَمَّارين والحشَّاشة، فنصروهم عليهم، غير أنه كثر معهم الضجيج ونصبوا راية واجتمع عليهم خلق كثير، ولما كان في أواخر النهار تقدم جماعة من النقباء والخزاندارية ومعهم جنازير فأخذوا جماعة من مجاوري الجامع وضُربوا بالمقارع، وطيف بهم في البلد ونادوا عليهم: هذا جزاء من يتعرض لما لا يعنيه تحت علم السلطان، فتعجَّب الناس من ذلك وأَنكروه حتى أنه أنكر اثنان من العامة على المنادية فضربَ بعضُ الجند أحدهم بدبُّوس فقتله، وضرب الآخر، فيقال: إنه مات أيضًا فإنا للَّه وإنا إليه راجعون. وفي شعبان من هذه السنة حكي عن جارية من عتيقات الأمير سيف الدين تَمُر المِهْمَنْدار أنها حملت قريبًا من تسعين يومًا، ثم شرعت تطرح ما في بطنها فوضعت في قرب من أربعين يومًا في أيام متتالية ومتفرقة أربعَ عَشْرة بنتًا وصبيًا بعدَهُن قل من يعرف شكل الذكر من الأنثى (٣) . وجاء الخبر بانّ الأمير سيف الدين شَيْخُون مدبر الممالك بالديار المصرية والشامية قفز (٤) عليه مملوك (٥) من السلطان فضربه بالسّيف ضربات فجرحه في أماكن في جسده، منها ما هو في وجهه ومنها ما هو في يده، فحُمل إلى منزله صريعًا طريحًا جريحًا، وغضب لذلك طوائف من الأمراء حتى قيل: إنَّهم ركبوا ودعَوْا إلى المبارزة فلم يجئ إليهم، وعظم الخطب بذلك جدًا، واتَّهموا به الأمير سيف الدين صَرْغَتْمُش وغيره، وأن هذا إنّما فُعل عن ممالأة منهم فاللَّه أعلم. وفاة أَرْغُون (٦) الكاملي باني البِيْمَارستان بحلب: كانت وفاتُه بالقدس الشريف في يوم الخميس السادس والعشرين من شوال من هذه السنة، ودفن بتربة أنشأها غربيّ المسجد بشماله، وقد ناب بدمشقَ مدة بعد حلب، ثم جرت الكائنة التي أصلها
(١) في ط: البارذادية وهو تحريف. والبازداريّة بتقديم الزاي على الدال، هم المهتمُّون بتربية الطيور وتدريبها على الصّيد. (٢) في ط: الكلابرية بالراء وهو تحريف أيضًا. وبالزاي هم الذين يهتمون بتربية الكلاب، وتدريبها على الصّيد. (٣) الخبر في النجوم الزاهرة (١٠/ ٣٠٦) نقلًا عن ابن كثير. ووقع في ط: "سبعين" بدلًا من تسعين، وما هنا يوافق ما نقله صاحب النجوم وهو الأصوب إن شاء اللَّه. (٤) في ط: ظفر وهو تحريف. وفي النجوم الزاهرة (١٠/ ٣٠٥) والذيل التام (١/ ١٥٤): (وثب). (٥) هو: قُطْلوخَجَا السلاح دار النجوم (١٠/ ٣٢٤) وفي الدرر الكامنة (٢/ ١٩٦) وشذرات الذهب (٦/ ١٨٣): (آي قَجَا) وكذلك في الذيل التام (١/ ١٥٤). (٦) ترجمته في: الذيل للحسيني ص (٣١٦) والدرر (١/ ٣٥٢) والنجوم (١٠/ ٣٢٦) والذيل التام (١/ ١٥٨).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies