Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Concernant les Druzes et les Râfidites : je l’ai recopié d’après l’écriture de son rédacteur, Mohammed ibn Balabân(1), adressé à son correspondant. Tous deux se trouvaient alors auprès de moi à Qabbân(2). Par Dieu, quelle chose étonnante !

Au cours de ce mois – c’est-à-dire Dhû l-Qa‘da –, un différend éclata entre le shaykh Ismâ‘îl ibn al-‘Izz al-Ḥanafî et ses coreligionnaires hanafites, à la suite de sa brutale agression contre certaines personnes lors d’un jugement. Cela nécessita de le convoquer devant le tribunal durant trois jours, à la manière d’un rebelle. Or il ne se présenta pas, si bien que le juge Shihâb al-Dîn al-Kafrî(3), substitut hanafite, déclara invalide son intégrité. On apprit ensuite qu’il était parti pour l’Égypte. Le substitut dépêcha alors quelqu’un à sa poursuite afin de le ramener et le réprimanda, puis le libéra afin qu’il rentre chez lui. Le juge suprême (qâdî al-qudât) hanafite intercéda ensuite en sa faveur et cela fut jugé bon. Louange à Dieu pour Ses bienfaits.

[Puis débuta l’année sept cent cinquante-huit]

Au commencement de cette année, le calife était l’émir des croyants al-Mu‘taḍid bi-Llâh Abû Bakr ibn al-Mustakfî bi-Llâh Abû l-Rabî‘ Sulaymân al-‘Abbâsî. Le sultan de l’Islam en Égypte et ses dépendances, ainsi qu’au Bilâd al-Shâm et au-delà, et dans les deux lieux saints et ailleurs, était le roi al-Nâṣir Ḥasan ibn le roi al-Nâṣir Muḥammad ibn le roi al-Manṣûr Qalâwûn al-Ṣâliḥî. Il n’avait ni vice-roi ni vizir en Égypte ; toutes les affaires, tant l’émission que la réception des décisions, revenaient aux deux grands émirs, Sayf al-Dîn Shaykhûn et Ṣarghatmush al-Nâṣirî. Les juges d’Égypte étaient ceux déjà nommés précédemment. Le gouverneur du Shâm résidant à Damas se nommait ‘Alâ’ al-Dîn ‘Alî al-Mârdânî, et les juges de Damas étaient ceux mentionnés auparavant. Fin.

Un événement très étrange survint : le mercredi vingt-quatrième de Rajab de cette même année, un groupe d’hommes demeurant près de la Grande Mosquée de Damas – venus du sanctuaire ‘Alî et d’autres endroits – se souleva, suivi d’un groupe de pauvres (faqîrs) et de Maghrébins. Ils se rendirent dans certains lieux soupçonnés de proposer du vin et de vendre du haschich ; ils brisèrent de nombreux récipients à vin, en renversèrent le contenu et détruisirent une grande quantité de haschich.

(1) Il s'agit d'al-Amīr Nāṣir al-Dīn, fils d'al-Amīr Saif al-Dīn al-Khafī, connu sous le nom d'Ibn al-Mihmandār, l'un des émirs éminents. Il fut tué en l'année 792 de l'Hégire. Voir al-Dalīl al-Shāfī (2/609). (2) En ce qui concerne sa fiabilité et sa transmission. (3) Il s'agit d'Aḥmad b. al-Ḥusayn b. Sulaymān b. Fazārah, Chihāb al-Dīn fils de Chihāb al-Dīn, qui exerça la gouvernance pendant un certain temps, puis occupa la fonction de juge de manière indépendante, avant de la céder à son fils Jamāl al-Dīn Yūsuf. Cependant, son fils mourut avant lui en l'année 766 de l'Hégire, tandis que lui-même décéda en 776 de l'Hégire. Voir al-Durar al-Kāmina (1/125).
للدُّرزية والرَّافضة. نقلته من خط كاتبه محمد بن بَلَبَان (١) إلى صاحبه، وهما عندي بقبَّان (٢) فياللَّه العجب. وفي هذا الشهر -يعني ذي القعدة- وقع بين الشيخ إسماعيل بن العز الحنفي وبين أصحابه من الحنفية منافشة بسبب اعتدائه على بعض الناس في محاكمة فاقتضى ذلك إحضاره إلى مجلس الحكم ثلاثة أيام كمثل المتمرِّد عندهم، فلمَّا لم يحضر فيها حكم عليه القاضي شهاب الدين (٣) الكَفْري نائب الحنفي بإسقاط عدالته، ثم ظهر خبره بأنَّه قصد بلاد مصر، فأرسل النائب في أثره من يردُّه فعنَّفه، ثم أطلقه إلى منزله، وشفع فيه قاضي الفضاة الحنفي فاستحسن ذلك وللَّه الحمد والمنَّة. [ثم دخلت سنة ثمان وخمسين وسبعمئة] استهلّت هذه السنة والخليفة أمير المؤمنين المعتضد باللَّه أبو بكر بن المستكفي باللَّه أبي الربيع سليمان العباسي. وسلطان الإسلام بالديار المصرية وما يتبعها وبالبلاد الشامية وما والاها والحرمين الشّريفين وغير ذلك الملك الناصر حسن بن الملك الناصر محمد بن الملك المنصور قلاوون الصالحي وليس له بمصرَ نائبٌ ولا وزير، وإنما ترجع الأمور إصدارًا وإيرادًا إلى الأميرين الكبيرين سيف الدين شَيْخُون وصَرْغَتْمُش الناصريين، وقضاة مصرَهُم المذكورون في التي قبلها. ونائب الشام بدمشق علاء الدين علي المارداني، وقضاة دمشق هم المذكورون في التي قبلها انتهى. كائنة غريبة جدًا لما كان يوم الأربعاء الرابع والعشرين من رجب من هذه السنة، نهدت جماعة من مجاوري الجامع بدمشق من مشهد علي وغيره، واتبعهم جماعة من الفقراء والمغاربة، وجاؤوا إلى أماكن متَّهمة بالخمر وبيع الحشيش فكسروا أشياء كثيرة من أواني الخمر، وأراقوا ما فيها وأتلفوا شيئًا كثيرًا من الحشيش
(١) هو: الأمير ناصر الدين بن الأمير سيف الدين الخفي، المعروف بابن المِهْمَنْدَار أحد الأمراء المقدَّمِين. قتل سنة (٧٩٢) هـ. الدليل الشافي (٢/ ٦٠٩). (٢) من حيث الثقة والنَّقل. (٣) هو: أحمد بن الحسين بن سليمان بن فزارة، شهاب الدين بن شهاب الدين، ناب في الحكم مدَّة ثم ولي القضاء استقلالًا، ثم نزل لابنه جمال الدين يوسف، غير أن ابنه مات قبله سنة (٧٦٦) هـ ومات المذكور سنة (٧٧٦) هـ. الدرر الكامنة (١/ ١٢٥).

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