Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le vingt-huitième jour de Jumādā al-Ākhira, on accomplit la prière funéraire sur lui le lendemain à la mosquée des Omeyyades après la prière de midi, puis il fut enterré au cimetière de Bāb al-Ṣaghīr. Il était né le deuxième jour de Rabī‘ al-Awwal de l’année 680 (de l’Hégire). Il réunit un savoir considérable et fut le seul à transmettre le récit de certaines personnes à la fin de sa vie. Avec sa mort, l’écoute du « Sunan al-Kabīr » d’al-Bayhaqī – qu’Allāh lui fasse miséricorde – cessa définitivement.

Un grand incendie survint la nuit du vendredi, le quinzième jour de Rajab, dans le quartier de Ṣāliḥiyya, au flanc du mont Qāsiyūn. Le souq sud de la mosquée des Ḥanbalites fut intégralement ravagé, aussi bien à l’est qu’à l’ouest, et du nord au sud. « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous faisons retour. »

Le vendredi cinq Ramaḍān, on prononça la ḫuṭba (sermon) dans la mosquée fondée par Sayf al-Dīn Yalbūghā al-Nāṣirī (1), à l’ouest du Sūq al-Ḫayl, qui ouvrit ce même jour. L’édifice était d’une grande beauté et d’un aspect fort attrayant. Le Šaykh Nāṣir al-Dīn ibn al-Rabwa, ḥanafite (2), y prononça le sermon. Il avait été en concurrence avec le šaykh Šams al-Dīn al-Šāfi‘ī al-Mawṣilī (3), ce dernier revendiquant y posséder une tutelle de la part de Yalbūghā, le fondateur, ainsi que des décrets émanant du sultan. Toutefois, Ibn al-Rabwa l’emporta car il était le suppléant du šaykh Qiwām al-Dīn al-Ataqānī, ḥanafite résidant en Égypte, et il disposait aussi d’une autorisation du sultan, postérieure à celle d’al-Mawṣilī. Sur ordre, on investit donc Ibn al-Rabwa : ce jour-là, il reçut l’habit d’honneur noir de Dār al-Sa‘āda, on brandit devant lui les étendards noirs califaux, et les muezzins proclamèrent le takbīr selon la coutume. Lors de ce sermon, il développa un discours de qualité, largement centré sur les vertus du Coran, et récita au miḥrāb le début de (Sūrat Ṭāhā) en présence de nombreux émirs, de notables, de gens du peuple et même de quelques juges. Ce fut un jour mémorable, et je me trouvais alors parmi ceux qui se tenaient à lui.

Fait remarquable, je suis tombé au mois de Ḏū al-Qa‘da sur une lettre qu’un homme adressait à l’un de ses proches depuis les environs de Ṭarābulus (Tripoli). Il y relatait les événements survenus dans les régions côtières, où un incendie s’était déclaré depuis Tripoli jusqu’à la partie la plus éloignée du district de Bayrūt (Beyrouth), embrasant toutes les montagnes de Kisrawān et décimant les animaux sauvages : tigres, ours, renards, sangliers (4), qui n’eurent plus nulle part où fuir. Le feu ravagea la région des jours durant, au point que les habitants durent se réfugier près de la mer pour échapper aux flammes, et de nombreux oliviers furent détruits. Puis la pluie, par la grâce de Dieu, tomba et l’éteignit – c’était en Tishrīn (octobre / novembre), correspondant à Ḏū al-Qa‘da de cette même année. L’auteur poursuivait en expliquant qu’une feuille d’arbre, emportée par le vent, était tombée dans la cheminée d’une maison, embrasant tout ce qui s’y trouvait : mobilier, vêtements et biens de soie, causant des dégâts considérables dans la plupart de ces contrées.

(1) Celui qui a commencé sa construction est le na'ib (vice-gouverneur) de la sultanat à Yalbugha en Syrie. (2) Il est : Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Ḥanafī, connu sous le nom d'Ibn al-Rabwā, maître de la Mukaddimiyya à Damas et prédicateur de la mosquée de Yalbugha. Il est mort en 764 de l'hégire. Voir al-Dhayl, p. 370 et al-Dāris, vol. 1, p. 594. (3) Il est : Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Karīm ibn Riḍwān ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Mawṣilī, né à al-Baʿlī, qui s'est consacré à la prédication à al-ʿAmawī (la Grande Mosquée des Omeyyades). Il s'était installé à Damas où il occupa plusieurs fonctions, puis s'en désintéressa pour se consacrer au commerce de livres, accumulant ainsi une fortune considérable. Il mourut à Tripoli en 774 de l'hégire. Voir ad-Durar al-Kamina, vol. 4, p. 188 et al-Dāris, vol. 1, p. 95. (4) Al-Khinzīr n'est pas mentionné dans al-Dhayl at-Tamm (vol. 1, p. 148) mais le rapport a été transmis mot à mot.
الثامن والعشرين من جُمادى الآخرة، وصُلِّيَ عليه من الغد بالجامع الأموي بعد الظهر، ودفن بمقابر باب الصغير. وكان مولده في ثاني ربيع الأول سنة ثمانين وستمئة، فجمع الكثير وتفرَّد بالرواية عن جماعة في آخر عمره، وانقطع بموته سماعُ "السُّنَن الكبير" للبَيْهقيّ، (رحمه الله) . ووقع حريقٌ عظيم ليلة الجمعة خامس عشر رجب بمحلَّة الصالحية من سفح قاسيون، فاحترق الشُوق القبلي من جامع الحنابلة بكماله شرقًا وغربًا، وجنوبًا وشمالًا. فإنا للَّه وإنا إليه راجعون. وفي يوم الجمعة خامس شهر رمضان خطب بالجامع الذي أنشأه سيف الدين يَلْبُغا الناصري (١) غربي سوق الخيل وفتح في هذا اليوم، وجاء في غاية الحسن والبَهاء، وخطب الشّيخ ناصر الدين (٢) بن الرَّبوة الحنفي، وكان قد نازعه فيه الشَّيخ شمس الدين الشَافعي المَوْصلي (٣) ، وأظهر ولاية مِن واقفه يَلْبُغا المذكور، ومراسيم شريفة سلطانية، ولكن قد قوي عليه ابن الربوة بسب أنَّه نائب عن الشيخ قوام الدين الاتقاني الحنفي، وهو مقيم بمصر، ومعه ولاية من السُّلطان متاخرة عن ولاية الموصلّي، فرسم لابن الرَّبْوة، فلبس يومئذ الخلعة السوداءَ من دار السعادة وجاؤوا بين يديه بالسناجق السود الخليفية، والمؤذنون يكبِّرون على العادة، وخَطَب يومئذٍ خُطْبَةً حسنة أكثرها في فضائل القرآن، وقرأ في المحراب بأول (سورة طه) ، وحضر كثير من الأُمراء والعامة والخاصة، وبعض القضاة، وكان يومًا مشهودًا، وكنت ممَّن حضر قريبًا منه. والعجب أني وقفت في شهر ذي القعدة على كتاب أرسله بعض الناس إلى صاحبٍ له من بلاد طرابلس وفيه: والمخدوم يعرف الشيخ عماد الدين بما جرى في بلاد السَّواحل من الحريق من بلاد طرابُلُس إلى آخر معاملة بيروت إلى جميع كسروان، أحرق الجبال كلها ومات الوحوش كلها مثل النمور والدب والثعلب والخنزير (٤) من الحريق، ما بقي للوحوش موضع يهربون فيه، وبقي الحريق عليه أيامًا وهرب الناس إلى جانب البحر من خوف النار واحترق زيتون كثير، فلما نزل المطر أطفأه بإذن اللَّه تعالى -يعني الذي وقع في تشرين وذلك في ذي القعدة من هذه السنة- قال ومن العجب أن ورقة من شجرة وقعت في بيت من مدخنته فأحرقت جميع ما فيه من الأثاث والثياب وغير ذلك ومن حلية حرير كثير، وغالب هذه البلاد
(١) الذي بدأ بناءه يَلْبُغَا نائب السلطنة في الشام. (٢) هو: محمد بن أحمد بن عبد العزيز الحنفي الشهير بابن الرَّبوة مدرس المقدّمية بدمشق وخطيب جامع يلبغا. مات سنة (٧٦٤) هـ الذيل ص (٣٧٠) والدارس (١/ ٥٩٤). (٣) هو: محمد بن محمد بن عبد الكريم بن رضوان بن عبد العزيز المَوْصلي، البعلي المولد، تصدّر للخطابة في الأموي، وكان استوطن دمشق وحصل فيها وظائف عوند فيها، فأعرض عنها، واتَّجر بالكتب، فحصّل أموالا طائلة. مات في طرابُلُس سنة (٧٧٤) هـ. الدرر الكامنة (٤/ ١٨٨) الدارس (١/ ٩٥). (٤) ليست الخنزير في الذيل التام (١/ ١٤٨) وقد نقل الخبر بحروفه.

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