Le feu était en train de monter, et les gens l’éteignaient à grande eau, mais celui-ci ne s’éteignait pas. Cependant, les murs furent démolis, les demeures dévastées et les habitants déplacés. C’est la fin, et Dieu est plus savant.
[Puis nous entrâmes dans l’année sept cent cinquante-sept (757).]
Cette année commença alors que le sultan des territoires d’Égypte, de Syrie, des Deux Lieux Saints et autres contrées était le roi An-Nâsir Ḥasan, fils du roi An-Nâsir Muḥammad, fils du roi Al-Manṣûr Qalâwûn aṣ-Ṣâliḥî. Il n’y avait ni vice-roi ni vizir en Égypte, et l’administration du royaume revenait à l’émir Sayf ad-Dîn Shaykhûn, puis à l’émir Sayf ad-Dîn Ṣarghatmush, puis à l’émir ‘Izz ad-Dîn Tuqṭây, le dâwâdâr. Les juges d’Égypte étaient ceux déjà cités précédemment, à l’exception du shafiite, car il s’agissait du fils du défunt grand juge Tâj ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb ibn Taqî ad-Dîn as-Subkî.
Le vice-roi d’Alep était l’émir Sayf ad-Dîn Ṭâz, celui de Tripoli l’émir Sayf ad-Dîn Manjak, celui de Ṣafad l’émir Shihâb ad-Dîn Ibn Ṣubḥ, celui de Ḥamâ Asandamur, celui de Ḥimṣ ‘Alâ’ ad-Dîn Ibn al-Mu‘aẓẓam, et celui de Ba‘labakk l’émir Nāṣir ad-Dîn Ibn Lâqūsh.
Au cours des dix premiers jours de Rabî‘ al-Awwal, on acheva la réfection du dallage de la grande mosquée des Omeyyades. On nettoya les mosaïques du maqṣûrah et du dôme, on y plaça de beaux tapis, on blanchit les couvercles des lampes et l’ensemble resplendit fortement. L’incitateur à ces travaux fut l’émir ‘Alâ’ ad-Dîn Aydaghmush, l’un des émirs de la tablkhâna, ayant reçu mandat du vice-sultan pour ce faire.
Le vendredi vingt-huit Rabî‘ ath-Thânî de cette année, on fit la prière funéraire pour l’émir Sayf ad-Dîn Burâq, amîr akhûr, à la mosquée Tankiz, puis il fut inhumé dans le cimetière des soufis. Homme loué pour sa conduite, il était assidu à la prière et à l’aumône, aimant le bien et ses gens. Il comptait parmi les grands disciples de Shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya (que Dieu lui fasse miséricorde). Il fut prescrit pour ses deux fils, Nāṣir ad-Dîn Muḥammad et Sayf ad-Dîn Abû Bakr, que chacun reçoive la charge de dix lances, et Nāṣir ad-Dîn hérita de la fonction de son père à l’écurie du sultan.
Le jeudi, quatrième jour de Jumâdâ al-Ûlâ, il fut décerné un habit d’honneur aux deux frères, Nāṣir ad-Dîn Muḥammad et Sayf ad-Dîn Abû Bakr, fils de l’émir Sayf ad-Dîn Burâq (Dieu lui fasse miséricorde), en tant qu’émirs de dix (lances).