Le gouverneur de Safed (Na’ib Safad) était l’émir Shihab ad-Dîn ibn Subh, celui de Homs (Na’ib Hims) l’émir Nasir ad-Dîn ibn Lâqûsh(1), et celui de Baalbek (Na’ib Ba‘labakk) le hajj Kâmil.
Le lundi 9 Safar, l’émir Arghûn al-Kâmilî, qui avait officié quelque temps comme gouverneur à Damas, puis à Alep, avant d’être appelé dans les territoires égyptiens lorsque Tâz obtint cette charge, fut arrêté et envoyé prisonnier à Alexandrie(2).
Le samedi du même mois de Safar, la charge de juge suprême (Qâdî al-Qudât) pour le rite shafi‘ite à Damas et ses dépendances fut attribuée au Qâdî al-Qudât Tâj ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb, fils de Qâdî al-Qudât Taqî ad-Dîn as-Subkî, conformément à la voie établie par son père, alors encore en vie. Les gens se rendirent auprès de lui pour le féliciter(3).
Au matin du dimanche 26 Rabî‘ al-Âkhir, Qâdî al-Qudât Taqî ad-Dîn as-Subkî se mit en route dans une litière (mahfa) vers les pays d’Égypte, après avoir cédé la fonction de Qâdî al-Qudât et la direction de la Dâr al-Hadîth al-Ashrafiyya à son fils Tâj ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb. Il était accompagné d’un groupe de ses proches, parmi lesquels son petit-fils, le juge Badr ad-Dîn ibn Abî al-Fath, et d’autres encore. Les gens lui avaient déjà fait leurs adieux alors qu’il était affaibli, et certains redoutaient pour lui les difficultés du voyage, compte tenu de son âge avancé.
Le vendredi 6 Jumâdâ al-Âkhira, après la prière de midi, la prière funéraire fut célébrée pour Qâdî al-Qudât Taqî ad-Dîn(4) ‘Alî(5) ibn ‘Abd al-Kâfî ibn ‘Alî ibn Tamâm as-Subkî, d’origine égyptienne et de rite shafi‘ite. Il était décédé en Égypte dans la nuit du lundi et inhumé au matin. Il atteignait alors quatre-vingt-treize ans révolus et entrait déjà dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Il avait exercé la magistrature à Damas pendant près de dix-sept ans, puis y avait renoncé en faveur de son fils, le Qâdî al-Qudât Tâj ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb. Ensuite, il était parti en litière pour l’Égypte, comme mentionné. Dès son arrivée, il y resta moins d’un mois avant de s’éteindre, ainsi qu’il fut rapporté.
Parvinrent alors les lettres de condoléances et un décret confirmant son fils dans ses postes des madrasas at-Taqawiyya(6) et al-Qaymariyya, accompagné d’une distinction honorifique en signe de consolation. Les gens se présentèrent chez lui pour les condoléances, selon l’usage.
Dans sa jeunesse, Qâdî al-Qudât as-Subkî avait étudié le hadith dans les terres d’Égypte, puis il voyagea en Syrie, où il apprit par lui-même et rédigea divers écrits.