Il les réprimanda à ce sujet et leur interdit de délivrer des avis juridiques (fatwas). Par ailleurs, il composa un ouvrage dans lequel il exposait l’interdiction de cette pratique, qu’il intitula « ad-Dasāʾis fī al-kanāʾis » (« Les intrigues dans les églises »).(1)
Le cinquième jour du mois de Ramaḍān, on amena l’émir Dulghādar(2), le Turkmène qui, l’année précédente, s’était allié à Baybughā pour accomplir ces actes honteux. Il fut présenté au vice-roi (an-nāʾib), puis incarcéré dans la citadelle al-Manṣūra ce même jour.
[Ensuite vint l’année 755 de l’Hégire]
La nouvelle année commença alors que le sultan d’Égypte et de la Grande Syrie, et de tout ce qui en dépend ainsi que des deux Lieux saints (al-Ḥaramayn) et des pays du Ḥijāz et autres contrées, demeurait le roi ṣāliḥ Ṣalāḥ ad-Dīn, fils du roi nāṣir Muḥammad, lui-même fils du roi manṣūr Qalāwūn aṣ-Ṣāliḥī. Il était le petit-fils de Tankiz, l’ancien vice-roi de Damas, et avait déjà servi sous le règne an-nāṣir.
Son vice-roi au Caire (dans les territoires égyptiens) était l’émir Sayf ad-Dīn Qablay an-nāṣirī, et son grand vizir (ministre) le cadi Muwaffaq ad-Dīn. Les cadis d’Égypte étaient ceux déjà mentionnés l’année précédente, dont le cadi al-quḍāt ʿIzz ad-Dīn Ibn Jamāʿah aš-Šāfiʿī, parti cette année se consacrer au pèlerinage dans les Lieux saints. Le cadi Tāj ad-Dīn al-Munāwī assura ses fonctions en son absence. Le kātib as-sirr (chancelier) était le cadi ʿAlāʾ ad-Dīn Ibn Faḍl Allāh al-ʿAdawī. Les affaires de l’État étaient réglées par trois émirs : Sayf ad-Dīn Shaykhūn, Ṣarghitmush an-nāṣirī et l’émir al-kabīr ad-dawādār ʿIzz ad-Dīn Ṭuqtāy an-nāṣirī.
La nouvelle année commença alors que l’émir Sayf ad-Dīn Shaykhūn était impliqué depuis un mois ou presque dans divers événements. À Damas, le vice-roi était l’émir ʿAlāʾ ad-Dīn ʿAlī al-Mardānī. Les cadis de Damas restaient les mêmes que l’année précédente. Le nāẓir ad-dawāwīn (contrôleur des finances) était aś-ṣāḥib Šams ad-Dīn Mūsā Ibn at-tāj Abī Isḥāq(3). Le kātib as-sirr était le cadi Nāṣir ad-Dīn Ibn aš-Šaraf Yaʿqūb. Le prédicateur de la ville (khaṭīb) était Jamāl ad-Dīn Maḥmūd Ibn Jumlah, tandis que le muḥtasib (chargé du contrôle des marchés et des mœurs) était le shaykh ʿAlāʾ ad-Dīn al-Anṣārī, un proche du shaykh Bahāʾ ad-Dīn Ibn(4) Imām al-Mashhad. Il exerçait aussi la fonction de professeur (mudarris) à l’école al-Amīniyyah(5), en remplacement de ce dernier.
Au mois de Rabīʿ al-Ākhir, arriva l’émir ʿAlāʾ ad-Dīn Mughlaṭāy, qui avait été emprisonné à Alexandrie et venait d’être libéré. Il avait antérieurement exercé le pouvoir et reçut l’ordre de se rendre en Syrie pour rejoindre Aytamush(6), le vice-roi de Tripoli. Quant à Manjak