Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les chevaux se tenaient devant le représentant de la sultanat et toute l’armée, tandis que la foule se massait sur les gradins pour contempler sa chute. Tous les musulmans s’en réjouirent, louange à Dieu pour Sa grâce (1).

Le vendredi 28 Rabî‘ al-Awwal, une nouvelle prière du vendredi fut établie dans le quartier d’al-Shâghûr, dans une mosquée nommée la mosquée al-Mazzâz (2). Jamâl al-Dîn ‘Abd Allâh, fils de Shaykh Shams al-Dîn Ibn Qayyim al-Jawziyya (3), y prononça le prêche. Cette affaire donna lieu à des propos qui aboutirent au fait que les habitants du quartier se rendirent au marché aux chevaux le jour de son cortège. Ils portaient des bannières califales venant de leur mosquée ainsi que des exemplaires du Coran, et se présentèrent au représentant de la sultanat pour solliciter la poursuite du prêche chez eux. Il leur accorda cela sur-le-champ. Ensuite, une controverse survint quant à la légitimité de cette décision, mais le juge hanbalite trancha en faveur de la poursuite. De longs événements s’ensuivirent.

Le dimanche 7 Rabî‘ al-Âkhir, le grand émir Sayf al-Dîn Uljîbughâ (4) al-‘Âdalî s’éteignit. Il fut inhumé dans la tombe (5) qu’il avait faite construire il y a longtemps à l’extérieur de Bâb al-Jâbiyah, bien connue et portant son nom. Il exerçait l’émirat depuis près de soixante ans. Lors de l’épisode avec Arghûn Shâh, il avait été blessé d’un coup qui toucha sa main droite. Malgré cela, il conserva son rang d’émir et resta honoré et respecté jusqu’à sa mort — que Dieu lui fasse miséricorde.

Mention d’une affaire très étrange

Lorsque j’allai féliciter l’émir Nâsir al-Dîn ibn Lâqûsh (6) pour sa nomination au poste de gouverneur de Baalbek, j’y trouvai un jeune homme. Les personnes présentes m’apprirent que c’était celui qui avait été femme avant qu’un signe de masculinité n’apparaisse chez lui. Son histoire s’était déjà répandue dans la région de Tripoli, et les gens de Damas et d’ailleurs en parlaient. Lorsque je le vis, il portait une coiffe turque. Je le fis venir et l’interrogeai devant les personnes présentes : « Comment ton cas s’est-il produit ? » Il fut pris de honte, d’une pudeur rappelant celle des femmes, et dit : « J’ai été femme pendant quinze ans. On m’a mariée à trois époux qui furent tous incapables de cohabiter avec moi, au point qu’ils ont chacun divorcé. Puis j’ai traversé une situation étrange : ma poitrine s’est creusée et a rétréci, et je me sentais envahi par le sommeil nuit et jour. Peu à peu, quelque chose a commencé à sortir de l’emplacement du sexe féminin, petit à petit, et cela n’a cessé de croître jusqu’à ce qu’apparaisse une sorte de verge et de bourses. » Je lui demandai : « Est-ce grand ou petit ? » Il devint encore plus gêné, puis dit qu’il était de la taille d’un doigt.

(1) Al-Nujūm al-Zāhira (10/284). (2) Dans l’édition : al-Mazār avec un rāʾ non pointé. Nous avons maintenu ce qui est dans al-Dāris (2/421). (3) Il est : Jamāl al-Dīn ʿAbdAllāh ibn Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ḥanbalī al-Dimashqī. Il est mort en 756 de l’Hégire. (4) Sa notice biographique se trouve dans : al-Durar al-Kāmina (1/406), al-Dāris (2/227) et al-Dhayl al-Tām (1/133). (5) La tombe de al-Jaybaghāʾī, au nord de la tombe de Mukhtār al-Ṭawāshī, à l’extérieur de Bab al-Jābiya, à droite en allant sur la route sultanie. Voir al-Dāris (2/227). (6) Dans l’édition : Ibn al-Aqwās, ce qui est une altération. Il s’agit de l’émir Nāṣir al-Dīn Kajkān ibn Lāqūsh. Il mourut en 761 de l’Hégire.
الخيل بين يدي نائب السلطنة والجيش برمته والعامة على الأحاجير يتفرجون بمصرعه، وسُرَّ المسلمون كلهم وللَّه الحمد والمنة (١) . وفي يوم الجمعة الثامن والعشرين من شهر ربيع الأول أُقيمت جمعة جديدة بمحلة الشاغور بمسجد هناك يقال له مسجد المَزَّاز (٢) ، وخطب فيه جمال الدين عبد اللَّه بن الشيخ شمس الدين بن قيم الجوزية (٣) ، ثم وقع في ذلك كلام فأفضى الحال أن أهل المحلة ذهبوا إلى سوق الخيل يوم موكبه، وحملوا سناجق خليفية من جامعهم ومصاحف واشتملوا إلى نائب السلطنة وسألوا منه أن تستمر الخطبة عندهم، فأجابهم إلى ذلك في الساعة الراهنة، ثم وقع نزاع في جواز ذلك، ثم حكم القاضي الحنبلي لهم بالاستمرار، وجرت خطوب طويلة بعد ذلك. وفي يوم الأحد سابع ربيع الآخر توفِّي الأمير الكبير سيف الدين أُلْجيبُغا (٤) العادلي، ودفن بتربته (٥) التي كان أنشأَهَا قديمًا ظاهرَ باب الجابية، وهي مشهورة تعرف به، وكان له في الإمرة قريبًا من ستين سنة، وقد كان أصابه في نوبة أَرْغون شاه وقضيته ضربة أصابت يدَهُ اليمنى، واستمرَّ مع ذلك على إمرته وتقدمته محترمًا معظَّمًا إلى أن توفي رحمة اللَّه تعالى عليه. ذكر أمر غريب جدًا لما ذهبتُ لتهنئة الأمير ناصر الدين بن لاقوش (٦) بنيابة بعلبك، وجدتُ هنالك شابًا فذكر لي من حضر أن هذا هو الذي كان أنثى ثم ظهر له ذكر، وقد كان أمره اشتهر ببلاد طرابُلُس، وشاع بين الناس بدمشق وغير ذلك، وتحدَّث الناس به، فلما رأيته وعليه قبعة تركية استدعيته إليّ وسألته بحضرة من حضر، فقلت له: كيف كان أمرك؟ فاستحيى وعلاه خجل يشبه النِّساء، فقال: كنت امرأة مدة خمس عشرة سنة، وزوجوني بثلاثة أزواج لا يقدرون عليَّ، وكلهم يطلِّق، ثم اعترضني حال غريب فغارت ثدياي وصَغُرت، وجعل النوم يعتريني ليلًا ونهارًا، ثم جعل يخرج من محل الفرج شيء قليل قليلًا، ويتزايد حتى برز شبه ذكر وأنثيان، فسألته أهو كبير أم صغير؟ فاستحيى ثم ذكر أنه صغير بقدر الأُصْبع،
(١) النجوم الزاهرة (١٠/ ٢٨٤). (٢) في ط: المزار بالراء المهملة. وأثبتنا ما في الدارس (٢/ ٤٢١). (٣) هو: جمال الدين عبد اللَّه بن محمد بن أبي بكر الحنبلي الدمشقي. مات سنة (٧٥٦) هـ. (٤) ترجمته في: الدرر الكامنة (١/ ٤٠٦) والدارس (٢/ ٢٢٧) والذيل التام (١/ ١٣٣). (٥) التربة الجيبغائية، شمالي تربة مختار الطواشي خارج باب الجابية يمنة الذاهب في الطريق السلطاني. انظره الدارس (٢/ ٢٢٧). (٦) في ط: ابن الأقوس وهو تحريف. وهو: الأمير ناصر الدين كجكن بن لاقوش. مات سنة (٧٦١) هـ.

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