Alep, l’émir Aḥmad ibn Machad ach-Charbkhānāh incita à la rupture de l’obéissance due au sultan, afin de s’emparer de Šayḫūn et Tāz, qui étaient deux soutiens majeurs de l’État dans les provinces égyptiennes. Ils envoyèrent alors un message à l’émir Sayf ad-Dīn Arġūn al-Kāmilī, gouverneur de Damas, mais celui-ci refusa et envoya un courrier en Égypte pour faire part de la situation. Les gens en furent alarmés et craignirent les conséquences de cette affaire. Qu’Allah nous vienne en aide (1).
Le lundi huit du mois, le gouverneur (nāʾib as-salṭana) rassembla les émirs dans le palais al-Ablaq et leur fit prêter un nouveau serment d’allégeance au vice-sultan, le roi aṣ-Ṣāliḥ. Ils jurèrent obéissance et convinrent de persévérer sur cette voie.
La nuit du mercredi dix-sept Rajab, les montagnards (al-jabaliyya) – rassemblés depuis la Bekaa pour protéger le col de lʿUqāb contre l’arrivée des troupes alépines, ainsi que celles de Tripoli et de Ḥamā – arrivèrent, au nombre d’environ quatre mille. De lourds dommages en résultèrent pour les habitants de Barza et des environs, touchant notamment leurs récoltes et autres biens.
Le samedi vingt du même mois, le gouverneur, Sayf ad-Dīn Arġūn, partit avec l’armée damascène en direction d’al-Kiswa, afin de ne pas combattre (2) les musulmans. Plus aucun soldat ne demeura alors dans la ville, et au matin, les habitants se retrouvèrent sans gouverneur ni forces armées. Les demeures furent désertées, tandis que l’intérim était confié à l’émir Sayf ad-Dīn Ulǧī Buġā al-ʿAdalī. Les gens quittèrent les vergers et le quartier d’al-ʿUqayba et se replièrent vers la cité. La plupart des émirs transportèrent leurs biens et leurs familles dans la citadelle al-Manṣūra. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
Lorsque l’arrivée de l’émir Baybuġā et de ses troupes se fit proche, les habitants s’en inquiétèrent, et ceux des villages se trouvant sur leur route quittèrent leurs foyers. Cette agitation gagna les environs de aṣ-Ṣāliḥiyya, les vergers et les faubourgs de la ville. Les portes de la cité donnant sur la citadelle – telles que les portes an-Naṣr, al-Faraǧ et al-Farādīs – furent fermées. Beaucoup de résidents se pressèrent dans ces quartiers, y transportant leurs effets, leurs biens et leurs bêtes, à dos d’animaux ou confiés à des porteurs. Ils apprirent que l’avant-garde de l’armée avait pillé ce qu’elle trouvait sur son chemin dans les villages, notamment de l’orge, du fourrage et certains troupeaux pour se nourrir. D’autres méfaits furent commis par des ignorants, si bien que la population prit grand peur et que les esprits s’en trouvèrent bouleversés. Fin de l’extrait.
(L’entrée de Baybuġā Urūs (3) à Damas (4))
Lorsque vint le mercredi vingt-quatre Rajab, l’émir Sayf ad-Dīn Baybuġā Urūs, gouverneur d’Alep, entra