L’histoire des Gens du Jardin
Dieu, Exalté soit-Il, a dit :
« Nous les avons éprouvés comme Nous avons éprouvé les Gens du Jardin, lorsqu’ils jurèrent qu’ils le moissonneraient dès le matin
(17)
sans faire de réserve (dans leur serment)
(18)
alors qu’un fléau, envoyé par ton Seigneur, tourna autour (du Jardin) pendant qu’ils dormaient
(19)
et il devint au matin comme un champ dévasté
(20)
Ils s’appelèrent au petit matin
(21)
: “Partez tôt vers votre champ, si vous voulez le moissonner !”
(22)
Ils s’en allèrent tout en se parlant à voix basse
(23)
: “Aujourd’hui, qu’aucun pauvre n’y pénètre à votre insu !”
(24)
Ils partirent donc, résolus et déterminés
(25)
Mais quand ils le virent, ils dirent : “Nous nous sommes vraiment égarés !
(26)
Au contraire, nous sommes privés (de récolte) !”
(27)
Le plus pondéré d’entre eux déclara : “Ne vous ai-je pas dit de rendre gloire (à Dieu) ?”
(28)
Ils dirent : “Gloire à notre Seigneur ! Nous avons vraiment été injustes.”
(29)
Puis ils se tournèrent les uns vers les autres pour se faire des reproches
(30)
Ils dirent : “Malheur à nous ! Nous avons vraiment été des transgresseurs
(31)
Puisse notre Seigneur nous donner en échange quelque chose de meilleur ! Nous sommes assurément repentants et pleins de désir (de revenir) vers Lui !”
(32)
Tel est le châtiment ; et certes, le châtiment de l’au-delà est bien plus grand, s’ils savaient !» [Al-Qalam : 17-33]
Ceci est la parabole que Dieu a proposée aux mécréants de Quraysh, compte tenu des bienfaits dont Il les avait comblés en leur envoyant le noble et grand Messager, mais qu’ils accueillirent par le démenti et l’opposition (1). Comme Il a dit :
« N’as-tu pas vu ceux qui troquent la grâce de Dieu contre la mécréance et font s’installer leur peuple dans une demeure de ruine
(28)
— l’Enfer — où ils brûleront ? Quel affreux lieu de séjour ! » [Ibrâhîm : 28-29]
Ibn ‘Abbâs a dit : il s’agit des mécréants de Quraysh. Dieu leur a donc donné l’exemple des Gens du Jardin, qui était rempli de différentes sortes de semences et de fruits arrivés à maturité et prêts à être coupés, c’est-à-dire récoltés. C’est pourquoi Il dit : « lorsqu’ils jurèrent » entre eux « qu’ils le moissonneraient » c’est-à-dire qu’ils le couperaient et en tireraient profit « dès le matin » (2), pour que ni pauvre ni nécessiteux ne les voie et ne reçoive rien d’eux. Ils s’étaient ainsi engagés par serment sans faire la moindre exception, si bien que Dieu les mit en échec et leur envoya un fléau (3) qui brûla leur verger, le consumant au point qu’il ne resta plus rien d’utile. Ainsi Il dit :
« Alors un fléau, de la part de ton Seigneur, tourna autour (du Jardin) tandis qu’ils dormaient
(19)
et il devint au matin tel un champ dévasté », c’est-à-dire tel la nuit sombre qui a perdu toute lumière. Telle est la sanction qui va à l’encontre de leur objectif.
« Ils s’appelèrent au petit matin » : sitôt éveillés, ils se hélèrent entre eux : « Partez tôt vers votre champ, si vous voulez le moissonner avant que ne s’élève le jour et que les mendiants ne se multiplient. » « Ils s’en allèrent tout en se parlant à voix basse : “Aujourd’hui, qu’aucun pauvre n’y pénètre à votre insu !” », ils en convinrent et en délibérèrent, puis « ils partirent résolus, croyant en avoir la capacité » (4), nourrissant ainsi cette intention corrompue.
‘Ikrima et Ash-Sha‘bî ont dit : « Ils partirent en étant pleins de colère (5) contre les pauvres (6). »