Le lendemain, [il fut célébré] à la mosquée des Omeyyades, et il fut enterré auprès de sa mère dans le cimetière de Bāb al-Ṣaghīr (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Il naquit en l’an six cent quatre-vingt-onze de l’Hégire, entendit les hadiths et s’adonna à l’étude de la science. Il excella dans plusieurs disciplines, en particulier dans l’exégèse coranique, le hadith et les deux fondements (uṣūlayn). Lorsque le shaykh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya revint des terres d’Égypte en l’an sept cent douze, il ne le quitta plus jusqu’à la mort du shaykh, puis il prit auprès de lui une abondante science, en plus du savoir qu’il avait déjà acquis. Il devint ainsi unique en son genre dans de nombreux domaines, étudiant inlassablement nuit et jour, et invoquant beaucoup (Allah). Il avait une belle récitation et un excellent caractère, très affectueux, ne jalousant personne, ne nuisant à personne, ne le blâmant ni ne haïssant personne. J’étais parmi ses plus proches compagnons et les plus aimés de lui. Je ne connais, à notre époque, personne parmi les gens de science qui l’égale en dévotion. Il avait une façon de prier où il s’y adonnait longuement, prolongeant beaucoup l’inclinaison et la prosternation. Beaucoup de ses compagnons le blâmaient parfois à ce sujet, mais il ne revenait pas dessus, ni ne s’en détournait (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Il a de nombreuses œuvres, grandes et petites, et a écrit lui-même, de sa belle calligraphie, un très grand nombre de choses. Il acquit une bibliothèque dont nul autre ne pouvait rassembler le dixième, composée d’ouvrages des anciens et des modernes. En somme, il était rare dans l’ensemble de ses états, et le bien ainsi que les vertus dominaient chez lui. Qu’Allah lui fasse miséricorde et lui pardonne. Il s’occupait également d’émettre des fatwas sur la question du divorce telle que choisie par le shaykh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya, ce qui provoqua maintes péripéties, trop longues à détailler, avec le qāḍī al-quḍāt Taqī al-Dīn al-Subkī et d’autres (2). Ses funérailles furent grandioses (– qu'Allah lui fasse miséricorde –), en présence des juges, des notables et des vertueux, tant parmi les gens distingués que parmi le commun. La foule se pressa pour porter son cercueil, et il atteignit l’âge de soixante ans (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).
Le lundi douze de Shaʿbān, le dars (cours) fut tenu à al-Ṣadriyya par Sharaf al-Dīn ʿAbd Allāh, fils du shaykh, de l’imam, de l’éminent savant Shams al-Dīn Ibn Qayyim al-Jawziyya, en remplacement de son père (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Il sut instruire, s’exprimer avec excellence, et transmit un bon aperçu sur le mérite de la science et de ses gens (3). C’est ici que s’arrête le récit, et Allah est plus savant.
Parmi les faits remarquables et étranges qui ne s’étaient pas produits depuis environ deux cents ans ou plus, il y eut la suppression du grand allumage (du waqīd) dans la mosquée de Damas lors de la nuit de la mi-Shaʿbān : pas une seule lanterne supplémentaire ne fut ajoutée, contrairement à l’habitude des autres nuits de l’année. Gloire et louange à Allah pour cette suppression, car les gens de science et les gens pieux s’en réjouirent et remercièrent Allah pour l’abolition de cette pratique blâmable. Celle-ci engendrait en effet de nombreux maux dans la ville, en particulier (4) à la mosquée des Omeyyades. Cette décision fut prise par décret (marsūm) du sultan al-Malik al-Nāṣir Ḥasan ibn al-Malik al-Nāṣir Muḥammad ibn Qalāwūn — qu’Allah perpétue son règne et en affermisse les fondements — et il y avait un intercesseur œuvrant en ce sens.