Le dimanche, cinquième jour du mois de Jumâdâ al-Ûlâ, fut inaugurée l’école at-Tayyibânîya (1), qui était auparavant la demeure de l’émir Sayf ad-Dîn Tayyibân, près du quartier de la Shâmiyya al-Jawâniyya, entre ce dernier et Umm aṣ-Ṣâliḥ. Cette demeure fut acquise grâce au tiers du legs qu’il avait légué, et on y établit une école. Une fenêtre fut ouverte sur la route, du côté sud de la maison. En ce jour, le shaykh ‘Imâd ad-Dîn ibn Sharaf ad-Dîn, cousin du shaykh Kamâl ad-Dîn ibn az-Zamlakânî, y donna le cours, conformément à la volonté du fondateur. Le juge suprême as-Subkî, le juge du rite mâlikite et un groupe de notables assistèrent. Le shaykh commença son exposé par le verset suivant : « مَا يَفْتَحِ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِنْ رَحْمَةٍ فَلَا مُمْسِكَ لَهَا » [Fâtir : 2].
La nuit du dimanche 26 Jumâdâ al-Ûlâ, il arriva qu’aucun muezzin, hormis un seul, ne se présenta à la tribune (as-sudda) de la grande mosquée de Damas au moment où l’on devait établir la prière du maghrib. Celui-ci attendit qu’un autre muezzin vienne pour qu’ils établissent la prière ensemble, mais personne n’apparut durant une bonne minute (ou un peu plus). Il se résolut donc à appeler seul à la prière. Lorsque l’imam entama la prière, les muezzins arrivèrent les uns après les autres, jusqu’à ce qu’ils soient au nombre d’une dizaine tout au plus. Cet incident est surprenant, car sur une trentaine de muezzins, un seul fut présent initialement. De nombreuses personnes parmi les shuyûkh dirent qu’ils n’avaient jamais vu un tel événement.
Le lundi 17 Jumâdâ al-Âkhira, les juges se réunirent au sanctuaire consacré à ‘Uthmân. Le juge ḥanbalite avait rendu un verdict au sujet de la « Dâr al-Mu‘tamad », attenante à la madrasa du shaykh Abû ‘Umar Yalbughâ. Or, cette maison était en fait un bien de waqf (bien de mainmorte) destiné à la « Dâr al-Qur’ân », assorti de legs réservés aux pauvres. Il s’agissait de l’y rattacher, mais le juge shâfi‘ite s’opposa à ce projet, redoutant que la maison finisse par devenir un lieu réservé à l’enseignement du hadith. Par la suite, ils ouvrirent une deuxième porte en affirmant que cette maison n’était pas entièrement écroulée et que le jugement initial ne s’appliquait pas, sachant que, selon l’école de l’imam Aḥmad, un waqf ne peut être vendu que s’il est totalement détruit et qu’il n’en reste plus rien d’utilisable. Dès lors, le juge ḥanafite confirma qu’il s’agissait d’un waqf, comme auparavant, et le juge shâfi‘ite ainsi que le juge mâlikite approuvèrent cette décision. L’affaire se conclut de cette manière, au terme de longs débats et d’événements étonnants.
Le mercredi 27 Jumâdâ al-Âkhira, on découvrit que le portier de la nouvelle école appelée at-Tayyibânîya, près de Umm aṣ-Ṣâliḥ, avait été assassiné et égorgé. De l’argent provenant de cette école fut dérobé, et l’on ne parvint pas à identifier l’auteur du crime. Le portier était un homme pieux et estimé (3).
[Biographie du shaykh Shams ad-Dîn Ibn Qayyim al-Jawziyya]
La nuit du jeudi 13 Rajab, à l’heure de l’appel à la prière de ‘ishâ’, notre maître, le shaykh, l’imam, l’érudit Shams ad-Dîn Muḥammad (4) ibn Abî Bakr ibn Ayyûb az-Zur‘î, imam de la Jawziyya et fils de son Qayyim, décéda. Sa prière funéraire fut célébrée après la ṣalât dhuhr.