La direction (mashyakha) de la Dâr al-Ḥadîth de l’école an-Nâṣiriyya al-Jawâniyya fut cédée en sa faveur par aṣ-Ṣadr Amîn ad-Dîn ibn al-Qalânsî, agent du Bayt al-Mâl (Trésor public), et les chefs et notables assistèrent en sa présence(1).
Vers la fin de cette même année, la construction de la turba (mausolée) située sous la tarma (terrasse) attribuée à l’émir Sayf ad-Dîn Arghûn Shâh, qui fut vice-sultan à Damas, fut achevée, ainsi que celle de la partie méridionale. Les gens y prièrent. Auparavant, il s’agissait d’une petite mosquée que l’on agrandit et développa jusqu’à ce qu’elle prenne l’aspect d’une grande mosquée. Puisse Dieu l’accepter. Fin.
[Puis débuta l’année 751 de l’Hégire]
Au commencement de l’année, le sultan du Shâm (Syrie) et de l’Égypte était an-Nâṣir Ḥasan, fils de an-Nâṣir Muḥammad Ibn Qalâwûn. Son vice-roi en Égypte était l’émir Sayf ad-Dîn Baybughâ(2), accompagné de son frère Sayf ad-Dîn Manjak, le vizir, et de plusieurs chefs égyptiens. Les juges d’Égypte et le kâtib as-sirr (secrétaire privé) étaient les mêmes que l’année précédente. Le vice-roi en Syrie était l’émir Sayf ad-Dîn Aytamish(3) an-Nâṣirî. Les juges restaient inchangés, hormis pour le rite hanbalite : il s’agissait désormais du shaykh Jamâl ad-Dîn Yûsuf al-Mardâwî. Le kâtib as-sirr, le shaykh des shuyûkh Tâj ad-Dîn et le kâtib ad-dust demeurèrent les mêmes. On leur adjoignit Sharaf ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb, fils du qâḍî ‘Alâ’ ad-Dîn Ibn Sharnûkh(4), tandis que le muḥtasib était le qâḍî ‘Imâd ad-Dîn Ibn al-‘Azfûr, le shâd al-awqâf (superviseur des fondations pieuses) un sharîf, l’inspecteur de la Grande Mosquée Fakhr ad-Dîn Ibn al-‘Afîf, et le prédicateur de la ville Jamâl ad-Dîn Maḥmûd Ibn Jumla – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
Le samedi 10 Muḥarram, il fut proclamé dans la ville, au nom du vice-sultan, d’après une lettre reçue d’Égypte, qu’il était interdit aux femmes de porter les longues manches amples, les bard (manteaux) de soie, ou toute sorte de vêtements et d’étoffes coûteuses, ni même des tissus de faible longueur. Nous avons appris que dans les contrées égyptiennes, on appliqua cette mesure avec une grande fermeté, au point que l’on raconte que certaines femmes furent noyées pour cette raison. Dieu sait mieux la vérité(5).
Au début de cette même année, la Dâr al-Qur’ân située au sud de la turba de la dame Tânkiz(6), dans le quartier de Bâb al-Khawwâṣîn, fut rénovée et achevée. Cet espace fut autrefois une salle semblable à une école appartenant au ṭawâshî (eunuque) Ṣafî ad-Dîn ‘Anbar, affranchi d’Ibn Ḥamza, lequel comptait parmi les grands bienfaiteurs. Puisse Dieu l’accepter de lui.