Le cheikh Shams ad-Dîn Ibn Qayyim al-Jawziyya se trouva sous l’autorité de l’émir Sayf ad-Dîn Ibn Faḍl, roi des Arabes, dans le verger du Qâḍî al-Qudât. On lui reprochait d’émettre un trop grand nombre de fatwas concernant la question du divorce.
Le vendredi vingt-six du même mois, la dépouille de l’émir Sayf ad-Dîn Arghûn Shâh fut transférée du cimetière des soufis à son mausolée qu’il avait construit sous la galerie (ṭârima). On se mit à achever le mausolée et la mosquée attenante, car la mort l’avait surpris aux mains d’Uljîbughâ al-Muẓaffarî avant qu’il n’eût pu les terminer. Après l’avoir tué en le passant au fil du couteau, on l’avait enseveli de nuit dans le cimetière des soufis, non loin de la tombe du cheikh Taqî ad-Dîn Ibn aṣ-Ṣalâḥ, avant de le déplacer vers son mausolée à la date indiquée.
Le samedi dix-neuf Rajab, les muezzins firent l’appel à la prière de l’aube près d’une heure avant son heure réelle, si bien que les fidèles prièrent dans la grande mosquée des Omeyyades, selon la répartition habituelle des imams. Puis, s’apercevant que l’heure n’était pas encore arrivée, le khaṭîb (prédicateur) répéta la prière de l’aube après que tous les imams eurent déjà prié. La ṣalât (prière) fut donc célébrée deux fois, chose qui ne s’était jamais produite.
Le jeudi huit Sha‘bân, le Qâḍî al-Qudât ‘Alâ’ ad-Dîn(1) Ibn Munajjâ al-Ḥanbalî mourut à al-Masmâriyya. La prière funéraire fut accomplie sur lui à midi dans la grande mosquée des Omeyyades, puis aux abords de Bâb an-Naṣr, avant qu’il ne soit inhumé au pied du mont Qâsiyûn (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Le lundi (troisième)(2) de Ramaḍân, au début du jour, on fit venir le cheikh Jamâl ad-Dîn al-Mardâwî(3) depuis aṣ-Ṣâliḥiyya jusqu’à Dâr as-Sa‘âda. L’investiture de la fonction de juge pour son école lui était parvenue quelques jours auparavant. On apporta devant le représentant du sultan et les autres juges l’habit d’honneur (khil‘a), et on l’exhorta fortement à l’endosser et à accepter cette magistrature. Il s’y refusa, puis, après d’insistantes pressions, il persista et sortit mécontent pour retourner à aṣ-Ṣâliḥiyya. Les gens l’y magnifièrent grandement. Pendant ce temps, les autres juges demeurèrent à Dâr as-Sa‘âda pour le persuader. On l’y manda de nouveau après la prière de midi, et il se rendit donc depuis aṣ-Ṣâliḥiyya. On insista tant auprès de lui qu’il finit par accepter, enfila la khil‘a, puis se rendit à la grande mosquée où l’on lut son acte d’investiture après la prière de l’après-midi, en présence des autres juges. Les gens le félicitèrent et s’en réjouirent, admirant sa piété, sa vertu et son intégrité.
Quelques jours plus tard, le faqîh Shams ad-Dîn Muḥammad Ibn Mufliḥ al-Ḥanbalî(4) exerça la magistrature au nom de Qâḍî al-Qudât Jamâl ad-Dîn al-Mardâwî al-Maqdisî, étant l’époux de la fille de ce dernier.
Au cours des dix derniers jours de Dhû al-Qa‘da, le faqîh, imâm, muḥaddith et transmetteur de savoir, Amîn ad-Dîn al-Îjî al-Mâlikî, fit son apparition.
(1) ‘Alâ’ ad-Dîn Ibn Munajjâ al-Ḥanbalî mourut à al-Masmâriyya.
(2) Troisième jour du mois de Ramaḍân.
(3) Jamâl ad-Dîn al-Mardâwî.
(4) Shams ad-Dîn Muḥammad Ibn Mufliḥ al-Ḥanbalî, gendre de Jamâl ad-Dîn al-Mardâwî.