Le lundi dix-huit du mois, on les fit sortir de la citadelle jusqu’au marché aux chevaux et on les exécuta en présence de l’armée. Leurs dépouilles furent ensuite accrochées au bois afin que la population les voie, et elles restèrent ainsi plusieurs jours avant d’être descendues, puis inhumées dans les cimetières (1) des musulmans.
Au début du mois de Jumādā al-Ākhirah, on apprit la mort du gouverneur d’Alep, Sayf ad-Dīn Qutlījā (2). Beaucoup de gens se réjouirent de son décès à cause de ses mauvaises actions dans la ville de Ḥamā à l’époque de la peste. Il fut rapporté qu’il mettait la main sur l’héritage, qu’il y ait un fils ou non, et s’emparait publiquement des biens des gens, au point d’en accumuler une grande quantité. Il fut ensuite transféré à Alep, succédant ainsi à son gouverneur, l’émir Sayf ad-Dīn Aruqṭāy (3), qui avait été nommé gouverneur de Damas après la mort d’Arghūn Shāh. Les habitants sortirent pour l’accueillir, mais il ne parcourut qu’une seule étape en quittant Alep avant de s’éteindre dans ce lieu (4).
Quand Qutlījā fut parvenu à Alep, il n’y demeura que peu de temps avant de mourir, sans profiter de l’importante fortune qu’il avait accumulée, ni pour ce bas-monde ni pour l’autre.
Le jeudi onzième de Jumādā al-Ākhirah, l’émir Sayf ad-Dīn Aytamush an-Nāṣirī (5) arriva des provinces égyptiennes à Damas pour en assumer la lieutenance, précédé de l’armée selon l’usage. Il franchit le seuil, revêtit la ceinture et le sabre, et reçut son investiture ainsi que son décret sur place. Puis il se tint au traditionnel cortège des gouverneurs, retourna à Dār as-Saʿādah et exerça son autorité. Les gens se réjouirent de sa venue, car il était bel homme et de constitution parfaite. La Syrie était restée près de deux mois et demi sans gouverneur indépendant. Le jour même de son arrivée, il fit incarcérer quatre émirs de la division des ṭablkhānāt, à savoir al-Qāsimī et les fils de la famille Abū Bakr, qu’il emprisonna dans la citadelle pour leur collusion avec Uljībughā al-Muẓaffarī contre Arghūn Shāh, gouverneur de Syrie.
Le lundi quinze de Jumādā al-Ākhirah, le cadi Najm ad-Dīn (6), fils du cadi ʿImād ad-Dīn aṭ-Ṭarsūsī al-Ḥanafī, fut intronisé juge, conformément à un décret émanant du sultan et reçut en même temps une robe d’honneur venant d’Égypte.
Le mardi seize de Jumādā al-Ākhirah, la réconciliation intervint entre le Qāḍī al-Quḍāt Taqī ad-Dīn as-Subkī et