Avec des expressions joyeuses (1). Il était d’agréable compagnie, vif d’esprit, doué d’une excellente mémoire, éloquent, de belles manières. Il aimait les savants et les pauvres. Il n’avait pas dépassé la cinquantaine. Il décéda dans leur demeure, à l’intérieur de Bāb al-Farādīs. La prière funéraire fut célébrée pour lui à la mosquée des Omeyyades, puis il fut enterré à as-Safḥ, aux côtés de son père et de son frère, près de al-Yaghmūriyya (2). Que Dieu lui fasse miséricorde et lui pardonne.
Ce même jour, le shaykh ‘Abd Allāh (3) ibn Rachīq al-Maghribī décéda également. Il était le copiste des ouvrages de notre maître, le grand savant Ibn Taymiyya. Il reconnaissait mieux l’écriture du shaykh que le shaykh lui-même ; lorsque quelque passage échappait à ce dernier, c’est Abū ‘Abd Allāh (4) qui le retrouvait. Il était rapide à l’écriture, irréprochable dans sa religion, grand adorateur, fréquent lecteur du Coran, faisant bien la prière, ayant une famille à charge et des dettes. Qu’Allah lui fasse miséricorde et lui accorde Son pardon, Amīn.
[Puis arriva l’an sept cent cinquante]
Cette année commença alors que le sultan des contrées d’Égypte, de Syrie, des Lieux Saints et d’autres régions était al-Malik an-Nāṣir Ḥasan ibn an-Nāṣir Muḥammad ibn Qalāwūn. Le gouverneur (nāʾib) des territoires d’Égypte, chargé de gérer ses domaines et atabeg, était Sayf ad-Dīn Baybughā (5) (6). Les juges (quḍāt) d’Égypte étaient les mêmes que ceux déjà mentionnés pour l’année précédente. Le gouverneur de Syrie était l’émir Sayf ad-Dīn Arghūn Shāh an-Nāṣirī. Les juges de Damas étaient les mêmes que ceux cités pour l’année précédente, ainsi que les titulaires des diverses charges, à l’exception du prédicateur (khaṭīb) et du muḥtasib (7).
Au cours de cette année, Dieu soit loué, l’épidémie de peste s’atténua considérablement. Le registre des successions baissa autour de la vingtaine, alors qu’il avait atteint cinq cents au cours de l’année quarante-neuf. Puis il s’éleva de nouveau, sans pour autant disparaître complètement.
En effet, le mercredi 4 Muḥarram, le faqīh Shihāb ad-Dīn Aḥmad (8) (9) ibn aṯ-Thuqqa mourut, lui-même, son fils et son frère, tous trois en même temps de cette maladie. On pria sur eux collectivement et ils furent inhumés dans la même tombe. Que Dieu leur fasse miséricorde.