Le mardi septième jour du mois de Dhou al-Qiʿda, le prédicateur de la grande mosquée, le khatîb Tadj ad-Dîn ʿAbd ar-Rahîm (1), fils du juge Jalâl ad-Dîn Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmân (2) al-Qazwînî, mourut dans la maison de la khatâba. Il fut malade durant deux jours, victime de la même épidémie de peste qui toucha la population, tout comme la plupart des membres de sa famille, parmi ses servantes et ses enfants. Deux jours plus tard, son frère, Ṣadr ad-Dîn ʿAbd al-Karîm (3), lui succéda dans la mort. La prière funéraire pour Tadj ad-Dîn fut célébrée après celle du ẓuhr, ce même jour, à la porte du lieu de la khatâba, puis il fut inhumé dans leur cimetière soufi, auprès de son père et de ses deux frères, Badr ad-Dîn Muḥammad (4) et Jamâl ad-Dîn ʿAbd Allâh (5).
Le jeudi neuvième du mois, les juges et un grand nombre de jurisconsultes habilités à émettre des fatwas se réunirent auprès du représentant du sultan afin de pourvoir au poste de prédicateur (khatîb). Ils convoquèrent alors le shaykh Jamâl ad-Dîn (6) Maḥmûd ibn Jumla. Le représentant du sultan le nomma à cette fonction, tout en lui retirant les charges qu’il exerçait jusque-là, lesquelles furent réparties entre différentes personnes. Le juge Bahâ’ ad-Dîn Abû al-Baqâ’ fut désigné pour l’enseignement à la Ẓâhiriyya al-Barrâniyya, tandis que d’autres se virent confier le reste de ses attributions. Il ne conserva finalement que la fonction de khatîb et dirigea la prière de midi ce jour-là. Le lendemain, au matin du vendredi, on lui remit un habit d’honneur, puis il dirigea la prière et prononça le prône selon la coutume des prédicateurs.
Le jour de ʿArafa, qui coïncidait avec un samedi, le juge Shihâb ad-Dîn (7) ibn Faḍl Allâh, chargé de la rédaction des « secrets glorieux » (asrâr sharîfa) pour l’Égypte et la Syrie, décéda. Il avait été démis de ces fonctions et mourut sans exercer à nouveau ni autorité ni richesse, perdant ainsi d’importantes rentes et propriétés. Il avait fait construire une demeure imposante au pied du mont Qâsiyûn, près de la Rukniyya (8) à l’est, sans équivalent sur ces pentes. Il avait accédé à la direction du dîwân de l’inshâ’ (chancellerie), et l’on disait de lui qu’il ressemblait au célèbre juge al-Fâḍil (9) de son temps. Il laissa en outre de nombreux ouvrages écrits.