En ce jour, le marchand nommé Afrîdoun (1) s’éteignit. Il avait construit la madrasa située en dehors de la porte de Bâb al-Jâbiya (2), en face de la tombe de Bahadar-Âṣ, dont le mur est fait de pierres colorées. Il en fit une demeure pour le Noble Coran et l’affecta à des dons pieux considérables. Il jouissait d’une bonne renommée et d’une reconnaissance générale. Qu’Allah lui fasse miséricorde et l’honore en sa demeure ultime.
Le samedi 3 Rajab, on accomplit la prière funéraire pour le cheikh ‘Alî (3) al-Ghazzî (4), l’un des compagnons du cheikh Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya, dans la mosquée al-Aframî au pied du mont Qâsiyûn. Il fut ensuite inhumé sur le flanc de la montagne, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il se distinguait par son adoration, son ascétisme, sa piété et sa scrupulosité. Il n’exerça jamais la moindre fonction officielle en ce monde, et ne possédait pas de biens. Il vivait d’un peu de ressources qu’il recevait sous forme de dons (futûh), qu’il dépensait avec parcimonie, et il était engagé dans la vie spirituelle du soufisme. Il laissa derrière lui une épouse et trois enfants, qu’Allah lui fasse miséricorde.
Au matin du mercredi 7 Rajab, on fit la prière funéraire pour le qâdî Zayn al-Dîn (5) ibn al-Nujayh, le suppléant du juge hanbalite, à la mosquée al-Muzaffarî. Il fut enseveli au pied du mont Qâsiyûn. Il était estimé dans sa fonction de juge, possédait beaucoup de vertus, vivait dans la piété et l’adoration, et appartenait lui aussi aux compagnons du cheikh Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya. Il y eut autrefois des dissensions entre lui et le juge shâfi‘ite au sujet de quelques affaires, mais ils se réconcilièrent par la suite.
Le lundi 12 du même mois, après l’appel à la prière de midi, un vent violent se leva à Damas et dans ses environs, soulevant une poussière épaisse qui teintait l’atmosphère d’abord de jaune, puis de noir, si bien que l’obscurité régna. Les gens restèrent dans cet état durant environ un quart d’heure, invoquant le secours d’Allah, Lui demandant pardon et pleurant, déjà éprouvés par la dureté du fléau mortel (la peste). Ils espérèrent que ce phénomène marquerait la fin de l’épidémie qu’ils traversaient, mais la situation ne fit qu’empirer. Nous plaçons notre confiance en Allah.
Le nombre de personnes pour lesquelles on accomplit la prière funéraire dans la grande mosquée des Omeyyades atteignit près de cent cinquante, parfois plus. Cela n’inclut pas celles que l’on n’y conduisait pas, venues d’autres quartiers de la ville, ni celles qui décédaient parmi les gens de la dhimma. Quant aux principaux faubourgs et alentours, la mortalité y fut considérable, et l’on rapporte que la barre des mille décès journaliers fut atteinte à de nombreuses reprises. « Nous sommes à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. »
Après la prière de midi, le même jour, on accomplit la prière funéraire dans la mosquée al-Muzaffarî pour le cheikh Ibrâhîm (6) ibn al-Muhibb, qui était