Dans l’ensemble du pays, ces animaux pouvaient parfois causer du tort aux gens et leur barrer les routes au milieu de la nuit. Quant à la souillure des lieux qu’ils provoquaient, elle était abondante, au point que l’épreuve était générale et qu’il devenait difficile de s’en prémunir. J’ai réuni un recueil des hadiths qui évoquent l’ordre de les tuer, ainsi que les divergences des imams au sujet de l’abrogation de cette recommandation. ʿUthmān(1) ordonnait dans ses prêches d’abattre les pigeons et de tuer les chiens. De son côté, Mâlik, selon le récit rapporté par Ibn Wahb, a stipulé la permission de tuer les chiens d’une ville précise lorsque l’imam y consent pour l’intérêt général.
Le lundi vingt-huit du mois, Zayn ad-Dîn ʿAbd ar-Raḥmân(2), fils de notre maître le ḥâfiẓ al-Mizzî, est décédé à Dâr al-Ḥadîth an-Nûriyya, dont il était le shaykh. Il fut enterré dans le cimetière des Soufis auprès de son père.
Vers la mi-Jumâdâ al-Âkhira, la mortalité s’accrut fortement – qu’Allâh vienne en aide – et des foules de gens, aussi bien parmi les élites que parmi les simples personnes, moururent, connus ou inconnus de nous. Puissent-ils entrer dans le Paradis de Dieu. Il arrivait souvent que l’on fasse la prière sur plus de cent défunts par jour dans la Grande Mosquée ; nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous faisons retour. Par ailleurs, certaines dépouilles n’étaient pas amenées à la mosquée, et quant aux faubourgs et aux environs du pays, seul Dieu sait combien y mouraient. Qu’Allâh nous vienne en aide, amen.
Le lundi vingt-sept du même mois, le ṣadr Shams ad-Dîn(3) ibn aṣ-Ṣabbâb(4), commerçant voyageur et fondateur de la madrasa aṣ-Ṣabbâbiyya, est décédé. Cet établissement est une Dâr al-Qurʾân (maison d’enseignement du Coran) près de la ẓâhiriyya, au sud de la Grande ʿÂdiliyya. Ce lieu était auparavant dans un état de ruine effroyable pendant un certain temps. Cet homme le restaura, en fit une Dâr al-Qurʾân et une Dâr al-Ḥadîth pour les ḥanbalites, et il y consacra, ainsi que d’autres personnes, de généreux waqfs (legs pieux). Que Dieu lui fasse miséricorde.
Le vendredi huit de Rajab, on fit la prière, après la khutba du vendredi à la mosquée des Omeyyades, pour l’absent : il s’agissait du qâḍî ʿAlâʾ ad-Dîn ibn Qâḍî Shuhba(5). Puis on pria sur quarante et une personnes en même temps, si bien que l’intérieur de la mosquée ne permit pas de les aligner tous. On dut sortir certains corps à l’extérieur de la porte as-Sirr, où l’orateur et l’naqîb les rejoignirent pour prier, sous le regard de la foule. C’était un moment mémorable et un sujet de grande méditation. Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous faisons retour.