Et le mercredi dix-neuf (du mois), le lieutenant de la sultanat ordonna qu’un groupe de personnes ayant dérobé certains biens à des marchands fût puni : on coupa ainsi onze d’entre eux, et dix furent cloués (par des pointes), à titre de correction et de discipline. Fin de cette mention. Et Dieu est le plus savant.
[Puis vint l’année sept cent quarante-neuf (de l’Hégire)]
Elle débuta alors que le sultan des terres d’Égypte et de Syrie était al-Malik an-Nâsir, Nâsir ad-Dîn Hasan, fils d’al-Malik al-Mansûr, et que son lieutenant au Caire était l’émir Sayf ad-Dîn Baybughâ (1), avec pour vizir Manjak (2).
Ses juges étaient ‘Izz ad-Dîn ibn Jamâ‘a ash-Shâfi‘î, Taqî ad-Dîn al-Ikhnâ’î al-Mâlikî, ‘Alâ’ ad-Dîn ibn al-Turkmanî al-Hanafî et Muwafaq ad-Dîn al-Maqdisî al-Hanbalî. Son secrétaire particulier était le juge ‘Alâ’ ad-Dîn ibn Muhyî ad-Dîn ibn Fadl Allâh al-‘Umarî. Le lieutenant de la Syrie, à Damas la bien gardée, était l’émir Sayf ad-Dîn Arghûn Shâh an-Nâsirî, et le grand chambellan (hâjib al-hujjâb) était l’émir Taydamur (3) al-Ismâ‘îlî.
Les juges de Damas étaient : Taqî ad-Dîn as-Subkî (shâfi‘ite), Najm ad-Dîn (hanafite), Jalâl ad-Dîn al-Musallatî (mâlikite) et ‘Alâ’ ad-Dîn ibn Munajja (hanbalite), tous portant le titre de qâdî al-qudât. Quant au secrétaire particulier, c’était le juge Nâsir ad-Dîn al-Halabî ash-Shâfi‘î, par ailleurs juge de l’armée à Alep et enseignant à l’Asadiyya dans cette ville, tout en résidant à Damas la bien gardée.
Les informations annonçant des catastrophes dans plusieurs régions se succédèrent. On fit état, dans les terres de Crimée, d’un événement terrible, causant un grand nombre de morts. Puis on rapporta que le fléau s’était étendu aux terres des Francs, au point que, dit-on, la plupart des habitants de Chypre en moururent, ou presque. Un grand désastre avait également frappé Gaza ; le lieutenant de Gaza informa celui de Damas qu’entre le jour de ‘Âshûrâ’ et la même date du mois de Safar, plus d’une dizaine de milliers de personnes y avaient péri.
Le « Sahîh al-Bukhârî » fut lu le vendredi, après la prière, le sept de Rabî‘ al-Awwal de cette même année, en présence des juges et d’un groupe de fidèles. Ensuite, les lecteurs récitèrent un quart supplémentaire et la communauté invoqua Dieu pour qu’Il écarte l’épidémie des contrées. En effet, la population craignait, après avoir appris la présence de ce mal sur les côtes et dans d’autres régions, de le voir atteindre Damas — que Dieu la protège et la préserve —, bien qu’un certain nombre de ses habitants aient déjà succombé à ce fléau.