[L’assassinat d’al-Muzaffar et l’investiture d’al-Nasir Ḥasan ibn al-Nāṣir]
Dans les dix derniers jours de Ramaḍān, le courrier arriva du gouverneur (nāʾib) de Gaza à celui de Damas, annonçant le meurtre du sultan al-Malik al-Muẓaffar Ḥāǧǧī ibn al-Nāṣir Muḥammad. Un différend était survenu entre lui et les émirs, qui se rangèrent à l’écart sous la Qubbat al-Naṣr. Il sortit alors vers eux en groupe restreint et fut tué sur-le-champ, puis traîné jusqu’à un cimetière des environs. On raconte même qu’il aurait été découpé en morceaux. « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous faisons retour. » (1)
Le vendredi, au crépuscule, arriva d’Égypte un émir pour prêter serment d’allégeance au nom de son frère, le sultan al-Nāṣir Ḥasan ibn al-Sulṭān al-Nāṣir Muḥammad ibn Qalāwūn. Les réjouissances retentirent dans la citadelle al-Manṣūra, la ville fut ornée de toutes parts – et à Dieu reviennent les louanges en cette heure bénie pour tous ceux qui le purent. Au matin du samedi, la ville était de nouveau entièrement décorée, louange à Dieu pour l’unité de la parole et la cohésion retrouvée.
Le mardi 20 de Šawwāl, l’émir Fakhr al-Dīn Īyās, gouverneur d’Alep, arriva sous bonne garde. Il rencontra le gouverneur de Damas à Dār al-Saʿāda, puis on le fit entrer dans la citadelle où il fut étroitement surveillé. On dit que son sort fut confié au gouverneur de Damas, qui exécuterait toute décision prise à son égard. Il demeura à la citadelle al-Manṣūra environ une semaine, puis on le fit monter sur le courrier pour le conduire en terre d’Égypte. On ignore ce qu’il advint de lui (2).
Dans la nuit du lundi 3 Ḏū al-Qaʿda, mourut le grand šaykh, le grand ḥāfiẓ, l’historien de l’Islam et maître des spécialistes du ḥadīṯ, Šams al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn (3) [Aḥmad ibn] (4) ʿUṯmān al-Ḏahabī, au mausolée d’Umm al-Ṣāliḥ. La prière funéraire fut célébrée sur lui le lundi, à la prière de ẓuhr, dans la Grande Mosquée de Damas, avant qu’il ne soit inhumé à Bāb al-Ṣaġīr. Il fut le sceau des maîtres du ḥadīṯ et de ses gardiens. – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
Le dimanche 16 Ḏū al-Qaʿda, je me rendis au mausolée d’Umm al-Ṣāliḥ (5), que Dieu fasse miséricorde à son fondateur, en remplacement du šaykh Šams al-Dīn al-Ḏahabī. Une assemblée de notables du fiqh et quelques juges étaient présents. La leçon fut très suivie ; louange et grâce à Dieu. J’y rapportai le ḥadīṯ transmis par Aḥmad, d’après al-Šāfiʿī, d’après Mālik, d’après al-Zuhrī, d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn Kaʿb ibn Mālik, d’après son père, selon lequel le Messager de Dieu (ﷺ) a dit :
« L’âme du croyant n’est rien d’autre qu’un oiseau qui se nourrit parmi les arbres du Paradis, jusqu’à ce qu’elle soit rendue à son corps le jour où Dieu le ressuscitera. » (6) [Allāh] (7).