Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Ya’la al-Mawsilî a dit : « Jarrah ibn Makhlad nous a rapporté (1), en disant : ‘Omar ibn Younous nous a rapporté (2), en disant : ‘Isâ ibn ‘Awn nous a rapporté, en disant : ‘Abd al-Malik ibn Zourâra nous a rapporté, d’après Anas qui a dit : “Le Messager de Dieu ( que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui ) a déclaré : ‘Dieu n’a jamais accordé à un serviteur une grâce portant sur la famille, les biens ou la descendance, et qui dise : ‘Mâ shâ’a Allâh, lâ quwwata illâ billâh (Ce que Dieu veut [s’accomplit], il n’est de force qu’en Dieu), sans qu’il n’y voie atteindre un malheur autre que la mort.’” (3) » Il (le Prophète) interprétait également ce verset : « Et si seulement, lorsque tu es entré dans ton jardin, tu avais dit : “Ce que Dieu veut [s’accomplit], il n’est de force qu’en Dieu” » (Coran 18:39). Al-Hâfiẓ Abou al-Fath al-Azdî a toutefois déclaré : « La chaîne de transmission ‘Isâ ibn ‘Awn d’après ‘Abd al-Malik ibn Zourâra d’après Anas n’est pas recevable. »

Ensuite, le croyant dit au mécréant : « Il se peut que Mon Seigneur me donne mieux que ton jardin », c’est-à-dire dans la demeure de l’au-delà, « et qu’Il envoie sur ton domaine un fléau (ḥusbânan mina s-samâ’) » (Coran 18:40). Ibn ‘Abbâs, al-Ḍaḥḥâk et Qatâda l’ont expliqué comme étant un châtiment céleste (4). L’apparence du texte suggère qu’il s’agit d’une pluie puissante et foudroyante qui déracine les cultures et les arbres, « de sorte qu’il devienne un sol nu et glissant », à savoir une terre lisse dépourvue de toute végétation (5). Ou encore : « Que son eau devienne souterraine », c’est-à-dire l’opposé de la source ruisselante, « au point que tu ne puisses la récupérer » (Coran 18:41).

Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Et tous ses fruits furent anéantis », autrement dit un ordre divin s’abattit sur tous ses biens, dévasta son jardin et le détruisit : « Alors il se mit à se tordre les mains de regret sur ce qu’il y avait dépensé, tandis que tout était ravagé, s’effondrant sur ses treillages » (Coran 18:42). Cela signifie que ce domaine fut complètement ruiné, sans possibilité de retour à son état précédent, ce qui est à l’opposé de l’espoir qu’il avait exprimé en affirmant : « Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr » (Coran 18:35). Prit de remords pour ses propos antérieurs, qui l’avaient fait tomber dans la mécréance envers Dieu le Très-Haut, il dit : « Hélas ! Si seulement je n’avais associé personne à mon Seigneur » (Coran 18:42).

Dieu – Exalté soit-Il – poursuit : « Et il n’eut pas de clan pour le secourir en dehors de Dieu, et il ne put se défendre lui-même (18:43). Là-bas… » – c’est-à-dire qu’il n’y avait personne pour réparer ce qu’il avait négligé, et il était dépourvu de toute force pour y remédier par lui-même. Ainsi Dieu dit : « Il n’aura alors ni puissance ni protecteur » (Coran 86:10), et : « La protection véritable appartient à Dieu (18:44). » Certains commencent leur lecture à ce moment : « C’est ici que la domination appartient à Dieu, le Vrai… » (18:44), ce qui est également pertinent au regard du verset : « La royauté, ce jour-là, appartient en toute vérité au Tout Miséricordieux, et ce sera un jour difficile pour les mécréants » (Coran 25:26). C’est donc le Jugement irrémédiable qui ne peut être repoussé.

(1) Al-Jarrah ibn Mukhlad al-ʿAjlī, digne de confiance, de la dixième génération, décédé vers l'an 205 de l'Hégire. Taqrīb al-Tahdhīb (1/126). (2) Dans Ṭ: ʿAmr ibn Yūsuf. Dans A: ʿUmar ibn Yūsuf. On adopte ce qui est dans B, ce qui concorde avec ce qui est dans le Tafsīr de l'auteur (3/84). ʿUmar ibn Yūnus al-Yamāmī, de la neuvième génération, digne de confiance, décédé un peu après l'an 200, dit-on en 206 de l'Hégire. Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (9/422) et Taqrīb al-Tahdhīb (2/64). Il s'agit peut-être d'une confusion avec ʿAmr ibn Yūsuf, esclave affranchi d'Othmān ibn ʿAffān. Al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (6/269). (3) Rapporté par Abū Yaʿlā et al-Bayhaqī dans Shuʿab al-Īmān, d'après le hadith d'Anas, et il est faible. (4) Tafsīr al-Ṭabarī (10/163). (5) D'autres opinions ont été émises. Tafsīr al-Ṭabarī (15/163). (6) Dans B: mā kāna amal minhā ḥaythu…
قال أبو يعلى الموصلي: حدَّثنا جَرَّاح بن مَخْلد (١) ، حدّثنا عمر بن يونس (٢) ، حدّثنا عيسى بن عون، حدّثنا عبد الملك بن زرارة، عن أنس قال: قال رسول الله ﷺ : "ما أنعَمَ اللهُ على عبدٍ نِعمةً من أهْلٍ أو مالٍ أو ولدٍ فَيقُولُ: ما شاءَ اللهُ لا قوةَ إلا بالله، فيرى فيه آفة دون الموت" (٣) . وكان يتأول هذه الآية ﴿وَلَوْلَا إِذْ دَخَلْتَ جَنَّتَكَ قُلْتَ مَا شَاءَ اللَّهُ لَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ﴾ قال الحافظ أبو الفتح الأزدي: عيسى بن عون عن عبد الملك بن زُرارة عن أنس لا يصح. ثمّ قال المؤمن للكافر: ﴿فَعَسَى رَبِّي أَنْ يُؤْتِيَنِ خَيْرًا مِنْ جَنَّتِكَ﴾ أي: في الدار الآخرة ﴿وَيُرْسِلَ عَلَيْهَا حُسْبَانًا مِنَ السَّمَاءِ﴾. قال ابن عباس، والضحّاك، وقتادة: أي: عذاباً من السماء (٤) . والظاهر أنه المطر المزعج الباهِر الذي يَقْتَلِعُ زروعها وأشجارها ﴿فَتُصْبِحَ صَعِيدًا زَلَقًا﴾ وهو الترابُ الأملس الذي لا نبات فيه (٥) ﴿أَوْ يُصْبِحَ مَاؤُهَا غَوْرًا﴾ وهو ضد المَعِين السارح ﴿فَلَنْ تَسْتَطِيعَ لَهُ طَلَبًا﴾ يعني فلا تقدر على استرجاعه. قال الله تعالى: ﴿وَأُحِيطَ بِثَمَرِهِ﴾ أي: جاءه أمرٌ أحاط بجميع حواصله وخَرَّب جنته ودمرَّها ﴿فَأَصْبَحَ يُقَلِّبُ كَفَّيْهِ عَلَى مَا أَنْفَقَ فِيهَا وَهِيَ خَاوِيَةٌ عَلَى عُرُوشِهَا﴾ أي: خربت بالكُلّية فلا عودَة لها، وذلك ضد ما كان عليه أَمَّل حيث قال (٦) : ﴿مَا أَظُنُّ أَنْ تَبِيدَ هَذِهِ أَبَدًا﴾ وندم على ما كان سلف منه من القول الذي كفر بسببه باللّه العظيم فهو يقول: وَيَقُولُ ﴿يَالَيْتَنِي لَمْ أُشْرِكْ بِرَبِّي أَحَدًا﴾. قال الله تعالى: ﴿وَلَمْ تَكُنْ لَهُ فِئَةٌ يَنْصُرُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَمَا كَانَ مُنْتَصِرًا (٤٣) هُنَالِكَ﴾ أي: لم يكن أحد يتدارك ما فرط من أمره، وما كان له قدرة في نفسه على شيءٍ من ذلك، كما قال تعالى: ﴿فَمَا لَهُ مِنْ قُوَّةٍ وَلَا نَاصِرٍ﴾ [الطارق: ١٠] وقوله: ﴿الْوَلَايَةُ لِلَّهِ الْحَقِّ﴾. ومنهم من يبتدئ بقوله: ﴿هُنَالِكَ الْوَلَايَةُ لِلَّهِ الْحَقِّ﴾ وهو حَسَنٌ أيضاً لقوله ﴿الْمُلْكُ يَوْمَئِذٍ الْحَقُّ لِلرَّحْمَنِ وَكَانَ يَوْمًا عَلَى الْكَافِرِينَ عَسِيرًا (٢٦) ﴾ [الفرقان: ٢٦] فالحكم الذي لا يُرَدُّ
(١) الجراح بن مخلد العجلي، ثقة، من الطبقة العاشرة، توفي نحو سنة (٢٠٥ هـ). تقريب التهذيب (١/ ١٢٦). (٢) في ط: عمرو بن يوسف. وفي أ: عمر بن يوسف. وأثبت ما في ب، وهو موافق لما في تفسير المؤلف (٣/ ٨٤)، وعمر بن يونس اليمامي، من الطبقة التاسعة، وهو ثقة، توفي بعيد المئتين، قيل سنة (٢٠٦ هـ). سير أعلام النبلاء (٩/ ٤٢٢)، وتقريب التهذيب (٢/ ٦٤). ولعله التبس بعمرو بن يوسف مولى عثمان بن عفان ﵁ . الجرح والتعديل (٦/ ٢٦٩). (٣) رواه أبو يعلى والبيهقي في شعب الإيمان، من حديث أنس، وفيه ضعف. (٤) تفسير الطبري (١٠/ ١٦٣). (٥) وقيل غير ذلك. تفسير الطبري (١٥/ ١٦٣). (٦) في ب: ما كان أمل منها حيث …

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