Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Hama : son gouverneur en sortit alors que son autorité s’était considérablement affaiblie, lui et tous ceux qui l’accompagnaient, en raison de l’agitation du marché et des attaques portées par les ennemis de tous côtés. Il se rendit, et on s’empara de son sabre ainsi que de ceux de ses compagnons, puis on les retint à Hama. Les sabres furent envoyés dans les territoires égyptiens. La nouvelle parvint à Damas dans la matinée du mercredi quatorzième de ce mois ; on tira alors les salves de réjouissance depuis la citadelle et à la porte des Meyadins, comme à l’accoutumée. Les armées entourèrent Hama de toutes parts, attendant ce que le sultan ordonnerait à son sujet. Iyas mena l’armée de Damas vers Homs, et l’armée de Tripoli agit de même.

Puis les troupes rentrèrent à Damas le jeudi vingt-neuf du mois. Yalbugha arriva, enchaîné sur une bête de bât, avec son père, escorté par les émirs chargés de le surveiller et par les soldats l’accompagnant. Ils pénétrèrent en ville après la dernière prière de la nuit, en passant par Famm as-Sab‘a, alors que les marchés étaient fermés, les lampes éteintes et les lucarnes closes. Ils passèrent ensuite près de la tombe de Cheikh Raslan, franchirent la porte orientale (Bab Charqî) et la porte as-Saghîr, puis le secteur de la mosquée adh-Dhubbân en direction du lieu de la prière, pour poursuivre leur route vers les terres égyptiennes. Les courriers du sultan affluèrent alors, transmettant l’ordre de s’emparer des biens, des avoirs et des propriétés de Yalbugha et des siens qui l’avaient rejoint, ainsi que tout autre élément à saisir.

Un courrier arriva d’Égypte le mercredi 3 Jumâdâ al-Âkhira, annonçant l’exécution de Yalbugha entre Qâqûn et Gaza. Sa tête fut transportée auprès du sultan. On exécuta également à Gaza les trois émirs partis d’Égypte, à savoir : Najm ad-Dîn, le vizir Ibn Churwayn al-Baghdâdî, le dawâdâr Tughaytumur et Baydamur al-Badrî. Ils avaient tous suscité la colère du sultan pour avoir soutenu Yalbugha. Chassés d’Égypte après avoir été dépouillés de tous leurs biens, ils furent envoyés en Syrie. Dès qu’ils parvinrent à Gaza, le courrier les rattrapa et procéda à leur exécution sur place, conformément aux ordres. Il en fut de même pour l’ordre donné d’exécuter Yalbugha sitôt qu’il serait rencontré en chemin.

Lorsque le courrier quitta Gaza, il croisa Yalbugha sur la route du wâdî Fakhma, l’étrangla, lui trancha la tête, puis l’apporta au sultan. Deux émirs vinrent ensuite d’Égypte pour mettre sous séquestre les biens de Yalbugha, accompagnés d’un taj (eunuque) de la maison royale. Ils recueillirent bijoux et pierres précieuses de très grande valeur. Il fut ordonné de vendre ses propriétés, y compris celles qu’il avait léguées au profit de la mosquée dont il avait entamé la construction dans le Souq al-Khayl. On disait de plus qu’il avait fait don (waqf) de la qaysariyya qu’il avait édifiée devant Bâb al-Faraj, ainsi que des deux hammams adjacents se trouvant à l’extérieur de Bâb al-Jâbiya, à l’ouest de l’ancien khan du sultan, et de parts dans d’autres villages. Il avait auparavant produit témoignage de tout cela, mais Dieu seul sait la vérité. Puis il fit convoquer

(1) Dans l'édition : « وكل هو ومن معه ». (2) « Qāfūn » : une forteresse en Palestine près de Ramla ; il a été dit qu'elle fait partie des ouvrages de Qaysarīyah selon Yāqūt. (3) Dans l'édition : « غبرة » qui est une erreur de copie. (4) Dans l'édition : « رؤوسهما ». Voir al-Zayl, p. 261, ad-Durar al-Kāmina (3/436) et al-Zayl al-Tām (1/88). (5) Dans l'édition : « وحاكم الوزير ». (6) Dans l'édition : « سردا » qui est une erreur de copie. Il s'agit de Maḥmūd ibn ʿAlī ibn Sharwīn al-Baghdādī, Najm al-Dīn, déjà mentionné avec son compagnon le juge Ḥusām al-Dīn al-Ghawrī (al-Zayl al-Tām, 1/89). (7) Ad-Durar al-Kāmina (2/4) et an-Nujūm az-Zāhira (10/163). (8) Dans l'édition : « خصصًا » par remplacement fautif de la lettre khāʾ.
حماة، فخرج نائبُها وقد ضعف أمره جدًا، هو وكلُّ (١) من معه من كثرة السوق ومصاولة الأعداء من كل جانب، فألقى بيده، وأُخذ سيفُه وسيوف من معه واعتقلوا بحماة وبعث بالسيوف إلى الديار المصرية، وجاء الخبر إلى دمشق صبيحة يوم الأربعاء رابعَ عشرَ هذا الشهر، فضربت البشائر بالقلعة وعلى باب الميادين على العادة، وأحدقت العساكر بحماة من كل جانب ينتظرون ما رسم به السلطان من شأنه، وقام إياس بجيش دمشقَ على حمصَ، وكذلك جيش طرابُلُس، ثم دخلت العساكر راجعة إلى دمشق يوم الخميس التاسع والعشرين من الشهر، وقدم يَلْبُغَا وهو مقيد على كديش هو وأبوه وحوله الأمراء الموكَّلون به ومن معه من الجنود، فدخلوا به بعد عشاء الآخرة فاجتازوا به فم السبعة بعدما غلِّقت الأسواق، وأطفئت السرج، وغلقت الطاقات، ثم مروا على الشيخ رسلان والباب الشرقي على باب الصغير، ثم من عند مسجد الذُّبَّان على المصلَّى، واستمروا ذاهبين نحو الديار المصرية، وتواترت البريدية من السلطان بما رسم به في أمره وأصحابه الذين خرجوا معه من الاحتياط على حواصلهم وأموالهم وأملاكهم وغير ذلك. وقدم البريد من الديار المصرية يوم الأربعاء ثالث جمادى الآخرة فأخبر بقتل يلبغا فيما بين قاقون (٢) وغزّة (٣) ، وأخذت رأسه (٤) إلى السلطان، وكذلك قتل بغزة الأمراء الثلاثة الذين خرجوا من مصر، وهم: نجم الدين (٥) الوزير بن شروين (٦) البغدادي، والدّوادار طُغَيْتَمُر، وَبَيْدَمُر البدري (٧) ، أحد المقدمين، كان قد نقم عليه السلطان ممالأة يَلْبُغا، فأخرجهم من مصر مسلوبين جميع أموالهم، وسيَّرهم إلى الشام، فلما كانوا بغزة لحقهم البريد بقتلهم حيث وجدهم، وكذلك رسم بقتل يلبغا حيث التقاه من الطريق، فلما انفصل البريد من غزة التقى يَلْبُغا في طريق وادي فحمة فخنقه ثم احتز رأسه وذهب به إلى السلطان، وقدم أميران من الديار المصرية بالحوطة على حواصل يَلْبُغَا وطواشي من بيت المملكة، فتسلم مصاغًا وجواهر نفيسة جدًا، ورسم ببيع أملاكه وما كان وقفه على الجامع الذي كان قد شرع بعمارته بسوق الخيل، وكان قد اشتهر أنه وقف عليه القيسارية التي كان أنشأها ظاهر باب الفرج، والحمامين المتجاورين ظاهر باب الجابية غربي خان السلطان العتيق، وحِصَصًا (٨) في قرايا أخرى كان قد استشهد على نفسه بذلك قبل ذلك فاللَّه أعلم. ثم طلب
(١) في ط: وكل هو ومن معه. (٢) "قافون": حصن بفلسطين قرب الرّملة، وقيل: هو من عمل قيسارية ياقوت. (٣) في ط: غبرة وهو تصحيف. (٤) في ط: رؤوسهما. الذيل ص (٢٦١) والدرر الكامنة (٣/ ٤٣٦) والذيل التام (١/ ٨٨). (٥) في ط: وحاكم الوزير. (٦) في ط: سردا وهو تصحيف. وهو: محمود بن علي بن شروين البغدادي نجم الدين ذكر من قبل مع رفيقه القاضي حسام الدين الغوري الذيل التام (١/ ٨٩). (٧) الدرر الكامنة (٢/ ٤) والنجوم الزاهرة (١٠/ ١٦٣). (٨) في ط: خصصًا بالخاء.

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