Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au début du mois de Jumâdâ al-Ūlâ, l’armée entra en grand mouvement. Le vice-régent de la sultanat convoqua alors les émirs à Dâr as-Saʿâda, en raison des événements survenus dans les territoires égyptiens. Les émirs convinrent de ne faire de tort à personne et de rester solidaires. Ce jour-là, le “Roi des émirs” s’en alla de Dâr as-Saʿâda au palais al-Ablaq pour se prémunir, lui et sa suite.

Le mercredi quatorzième (du mois), un émir arriva des territoires égyptiens par courrier, portant une lettre du sultan qui révoquait explicitement le Roi des émirs, Yalbougha, de son poste de vice-régent de Syrie. La lettre fut lue en présence des émirs au palais al-Ablaq, ce qui l’affecta et lui déplut. Elle l’appelait à venir en Égypte sans délai afin de lui confier le vice-régat des terres égyptiennes, mais il semblait évident qu’il s’agissait d’une ruse à son encontre. Il afficha donc son refus, déclarant qu’il ne se rendrait jamais en Égypte, et ajouta : « Si le sultan considère que le gouvernement de Damas m’excède, qu’il me nomme sur tout autre territoire qu’il désire, et j’en serai satisfait. » Il répondit en ce sens.

Le lendemain, qui était le jeudi quinzième, il se mit en route et dressa son camp près d’al-Jisûra, à l’endroit même où il s’était déjà établi l’année précédente – et au cours du même mois, comme il est relaté. Il y passa la nuit précédant le vendredi et ordonna aux émirs d’y installer les tentes, comme ils l’avaient fait l’année précédente.

Le vendredi, seizième jour du mois, après la prière, les gens remarquèrent que les émirs s’étaient réunis au pied de la citadelle, d’où ils avaient fait descendre deux étendards sultaniens de couleur jaune, au son des tambours de guerre. Ils se placèrent tous sous l’étendard sultanien, à l’exception du vice-régent lui-même, de ses enfants, de ses frères, de son entourage et de l’émir Sayf ad-Dîn Qalâwûn, un des principaux commandants dont l’autorité était la plus importante après celle du vice-régent. Les émirs envoyèrent demander à ce dernier de se rallier à l’obéissance du sultan, mais il refusa. Les émissaires allèrent et vinrent plusieurs fois, sans qu’il acceptât.

Les émirs s’avancèrent alors contre lui, faisant résonner leurs tambours et leurs trompettes, revêtus de leurs armures de guerre. À leur arrivée, ils constatèrent qu’il avait déjà sellé ses chevaux et revêtu son équipement, prêt à prendre la fuite. Dès qu’il les vit, lui et les siens s’enfuirent d’un seul élan. L’armée se lança à leur poursuite, sans parvenir à les rattraper. Les gens du commun, ainsi que les Turkmènes d’al-Qubaybât, se précipitèrent sur le camp et pillèrent ce qui s’y trouvait : orge, bétail et tentes. Ils allèrent même jusqu’à déchirer les toiles et les cordages. Il perdit, lui comme ses compagnons, des biens estimés à un million de dirhams. Le grand ḥājib, Shihâb ad-Dîn ibn Ṣubḥ – un commandant arrivé récemment d’Égypte –, se porta volontaire pour le poursuivre. Il emprunta la route d’al-Ashrafiyya, puis bifurqua vers la région de al-Qaryatayn.

Le dimanche, arriva l’émir Fakhr ad-Dîn Iyâs, vice-régent de Ṣafad. Les émirs et les principaux officiers allèrent à sa rencontre, puis il s’établit au palais. En fin de journée, il partit en campagne, n’ayant laissé aucun soldat à Damas, pour se mettre à la poursuite de Yalbougha, qui s’était engagé vers les terres désertiques. Là, des bédouins l’attaquèrent de toutes parts, ne cessant de le harceler jusqu’à ce qu’il poursuive sa route

(1) Le Ta'lil d'al-Ḥusaynī, pp. 260‑261. (2) Il s'agit de : Arāʼ Amīr Akhūr. (3) Dans l'édition : Aẓhar.
ثم استهل شهر جمادى الأولى والجند في حركة شديدة، ونائب السلطنة يستدعي الأمراء إلى دار السعادة بسبب ما وقع بالديار المصرية، وتعاهد هؤلاء على أن لا يُؤذى أحدٌ، وأن يكونوا يدًا واحدة، وفي هذا اليوم تحول ملك الأمراء من دار السعادة إلى القصر الأبلق واحترز لنفسه، وكذلك حاشيته. وفي يوم الأربعاء (١) الرابع عشر منه قدم أمير (٢) من الديار المصرية على البريد ومعه كتاب من السلطان فيه التّصريح بعزل ملك الأمراء يَلْبُغا نائب الشام، فقرئ عليه بحضرة الأمراء بالقصر الأبلق، فتغمَّم لذلك وساءه، وفيه طلبُه إلى الديار المصرية على البريد ليولَّى نيابة الديار المصرية، والظاهر أن ذلك خديعة له فأظهر (٣) الامتناع، وأنه لا يذهب إلى الديار المصرية أبدًا، وقال: إن كان السلطان قد استكثر عليَّ ولاية دمشق فيولِّيني أيَّ البلاد شاء، فأنا راض بها. وردَّ الجواب بذلك، ولما أصبح من الغد وهو يوم الخميس وهو خامس عشره، ركب فخيَّم قريبًا من الجسورة في الموضع الذي خيم فيه عام أول، وفي الشهر أيضًا كما تقدم، فبات ليلة الجمعة وأمر الأمراء بنصب الخيام هنالك على عادتهم عام أول. فلما كان يوم الجمعة سادس عشره بعد الصلاة، ما شعر الناس إلا والأمراء قد اجتمعوا تحت القلعة وأحضروا من القلعة سنجقين سلطانيين أصفرين، وضربوا الطبول حربيًا، فاجتمعوا كلهم تحت السنجق السلطاني، ولم يتأخر منهم سوى النائب وذويه كابنيه وإِخوته وحاشيته، والأمير سيف الدين قَلاوُوْن أحد مقدَّمي الألوف، وخبره أكبر أخبار الأمراء بعد النيابة، فبعث إليه الأمراء أن هلمَّ إلى السمع والطاعة للسلطان، فامتنع من ذلك وتكرَّرت الرسل بينهم وبينه فلم يقبل، فساروا إليه في الطبلخانات والبوقات ملبسين لأْمَةَ الحرب، فلما انتهوا إليه وجدوه قد ركب خيوله ملبسًا واستعدَّ للهرب، فلما واجههم هرب هو ومن معه وفروا فرار رجل واحد، وساق الجند وراءه فلم يكتنفوا له غبارًا، وأقبل العامة وتركمان القُبَيْبات، فانتهبوا ما بقي في معسكره من الشعير والأغنام والخيام، حتى جعلوا يقطعون الخيام والأطناب قطعًا قطعًا، فعدم له ولأصحابه من الأمتعة ما يساوي ألف ألف درهم، وانتدب لطلبه والمسير وراءه الحاجب الكبير الذي قدم من الديار المصرية قريبًا شهاب الدين بن صبح، أحد مقدمي الألوف، فسار على طريق الأشرفية ثم عدل إلى ناحية القَرْيَتين. ولما كان يوم الأحد قدم الأمير فخر الدين إياس نائب صفد فيها، فتلقَّاه الأمراء والمقدَّمون، ثم جاء فنزل القصر وركب من آخر النهار في الجحافل، ولم يترك أحدًا من الجند بدمشق إلا ركب معه وساق وراء يَلْبُغا فانبرى نحو البرية، فجعلت الأعراب يعترضونه من كل جانب، وما زالوا يكفُّونه حتى سار نحو
(١) الذيل للحسيني ص (٢٦٠ - ٢٦١). (٢) هو: أراي أمير أخور. (٣) في ط: أظهر.

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