Le jeudi, troisième jour de Dhu al-Qaʿda, l’on célébra la prière funéraire pour le cheikh Zayn al-Dîn ʿAbd al-Raḥmân ibn (1) Taymiyya, frère du cheikh Taqî al-Dîn – qu’Allah leur fasse miséricorde.
Et le samedi, douzième de ce mois, mourut le cheikh ʿAlî (2) al-Qaṭanânî à Qaṭanâ (3). Son renom s’était répandu au cours de ces dernières années, et il fut suivi par un groupe de paysans et de jeunes affiliés à la voie d’Ahmad ibn al-Rifâʿî. Son influence grandit, sa réputation se propagea, et de hauts dignitaires vinrent le visiter à plusieurs reprises. Il organisait des séances de samâʿ, comme le faisaient ses semblables, et il avait parmi ses adeptes des gens qui exhibaient des signes trompeurs et des états feints. C’est pour cela qu’on le critiquait : s’il ignorait leur conduite, il était ignorant, et s’il les approuvait, alors il était comme eux. Et Dieu sait mieux.
Vers la fin de ce mois – c’est-à-dire pendant Dhou al-Ḥijja, à partir de la fête et au-delà – le roi des émirs entreprit la construction de la mosquée édifiée sous la citadelle, à l’emplacement (4) de la colline d’al-Mustaqîn. Il démolit ce qui s’y trouvait comme bâtiments, prépara le chantier et fit extraire de nombreuses pierres dans divers recoins de la ville. La plupart provenaient de l’esplanade réservée aux Égyptiens, sous le minaret situé au sommet de l’ʿAqaba al-Kattân (5). Une grande quantité fut récupérée là-bas, tandis que d’autres pierres venaient du mont Qâsiyûn et étaient transportées sur des chameaux ou d’autres bêtes.
À la fin de cette année – c’est-à-dire l’an sept cent quarante-sept de l’Hégire – le prix d’une gharrâra de blé s’était élevé jusqu’à deux cents (ou un peu moins), et parfois elle se vendait même plus cher. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
[Puis commença l’année sept cent quarante-huit]
Au début de cette année, le sultan des territoires égyptiens et syriens, ainsi que des deux Lieux saints et des autres contrées, était al-Malik al-Muẓaffar Amîr Ḥâjjî, fils d’al-Malik al-Nâṣir Muḥammad ibn Qalâwûn. Son vice-roi en Égypte était l’émir Sayf al-Dîn Aruqtây (6), et les juges d’Égypte étaient les mêmes que l’année précédente.