Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La populace (1) s’affola à la nouvelle de l’arrivée de l’armée, comme ils le font habituellement en amplifiant les rumeurs, ce qui causa du tort à certains d’entre eux. Puis, le lundi huitième du mois, le gouverneur de Hama arriva à Damas, obéissant ainsi au gouverneur du sultanat, dans une grande pompe et une grande magnificence. Il reçut ensuite le même traitement que ceux de son rang.

Ce même jour, on annonça l’arrivée de l’émir Saïf ad-Dîn Bayghara, chargé de la fonction de ḥājib al-ḥujjāb (le grand chambellan) en Égypte, venu prêter allégeance au sultan al-Malik al-Muẓaffar. Aussitôt, on fit battre les tambours de réjouissance au camp (al-waṭāq) et l’on ordonna d’orner la cité. Les gens s’exécutèrent sans grande joie, car la plupart suspectaient une ruse et craignaient la venue imminente des troupes égyptiennes. Le gouverneur de la citadelle refusa de battre les tambours de réjouissance et renforça la fortification de la citadelle, fermant sa porte principale, qu’il ne laissa s’ouvrir que par une petite entrée extérieure et une intérieure. C’est cela qui troubla l’esprit de la population, qui disait : « Si quelque chose de sérieux avait véritablement été conclu, le gouverneur de la citadelle l’aurait su avant le camp. »

Le mardi après-midi, l’émir Saïf ad-Dîn Bayghara arriva au camp. On l’accueillit et on l’honora. Il portait un décret de nomination émanant d’al-Muẓaffar, en faveur de l’émir Saïf ad-Dîn Yalbughā, gouverneur du sultanat, ainsi qu’une lettre de salutation aux émirs. Les gens s’en réjouirent, lui prêtèrent serment d’allégeance et l’union se reforma, grâce à Dieu. Bayghara se rendit ensuite à la citadelle, mit pied à terre, dégaina son sabre et entra auprès du gouverneur de la citadelle. Il lui prêta immédiatement serment d’allégeance. Les tambours de réjouissance résonnèrent dans la citadelle après la tombée de la nuit, sitôt la bonne nouvelle arrivée, et les âmes des gens s’apaisèrent. Le lendemain, la citadelle fut décorée, on ajouta encore plus d’ornements en ville, et la population se réjouit.

Le jeudi onzième du mois, le gouverneur du sultanat quitta le camp pour entrer en ville, précédé de ses troupes dans un grand apparat, au son des tambours et des instruments comme lors des revues officielles. Les habitants de la ville sortirent pour le voir passer, et les gens de confession juive montrèrent leur Torah. Des cierges furent allumés, et ce fut une journée mémorable (2).

Au cours du mois de Ramadan de cette même année, un enfant âgé de six ans mena la prière dans la madrasa ash-Shāmiyya al-Barrāniyya. Je l’ai vu et l’ai examiné : il récitait correctement, avec une mémorisation et une diction excellentes. C’est là l’une des choses les plus extraordinaires qui soient.

Dans les dix premiers jours de ce mois, on termina la construction de deux hammams que le gouverneur du sultanat avait fait édifier près de la Thābitiyya, dans l’ancien Khan du Sultan, ainsi que leurs bâtiments attenants, demeures voisines et autres aménagements.

Le dimanche onzième du même mois, le gouverneur du sultanat, les quatre juges, l’intendant du trésor public et d’autres dignitaires se rassemblèrent près de Tell al-Mustaqīn (3), car le gouverneur du sultanat projetait de faire bâtir en ce lieu une mosquée de la taille de la mosquée Tankiz. Ils tinrent conseil sur place, puis s’accordèrent (4) pour que le bâtiment soit effectivement construit. Dieu est le maître de la réussite.

(1) « Arjaf » : il s'est aventuré dans les récits des troubles et similaires, et les « murjifūn » sont ceux qui répandent de mauvaises nouvelles. (2) « Al-Khawkha » : une petite porte au milieu de la grande. (3) Voir la note additionnelle p. 255 dans An-Nujūm azh-Zāhirah (vol. 10, p. 141 et suivantes). (4) Un emplacement de la mosquée de Yalbugh sur la rive de Baradā ; et dans ad-Dāris (3/423) : « C'était un site de la mosquée de Yalbugh, une colline où l'on pendait. » (5) La séance s'est dispersée.
وأرجف (١) العامة بالجيش على عادتهم في كثرة فصولهم، فحصل لبعضهم أذيَّةٌ. فلما كان يوم الإثنين ثامن الشهر قدم نائب حماة إلى دمشق مطيعًا لنائب السلطنة في تجمُّل وأُبَّهة، ثم أجريت له عادة أمثاله. وفي هذا اليوم وقعت بطاقة بقدوم الأمير سيف الدين بَيْغَرَا حاجب الحجَّاب بالديار المصرية لأجل البيعة للسُّلطان الملك المظفر، فدُقّت البشائر بالوطاق، وأُمر بتزيين البلد، فزين الناس وليسوا منشرحين، وأكثرهم يظن أن هذا مكر وخديعة، وأن التجاريد المصرية واصلة قريبًا. وامتنع نائب القلعة من دق البشائر وبالغ في تحصين القلعة، وغلَّق بابها، فلا يفتح إلا الخوخة (٢) البرانية والجوانية، وهذا الصنيع هو الذي يشوش خواطر العامة، يقولون: لو كان تم شيء له صحة، كان نائب القلعة يطَّلع على هذا قبل الوطاق. فلما كان يوم الثلاثاء بعد الزوال قدم الأمير سيف الدين بَيْغَرَا إلى الوطاق، وقد تلقَّوه وعظَّمُوه، ومعه تقليد النيابة من المظفَّر إلى الأمير سيف الدين يَلْبُغَا نائب السلطنة، وكتاب إلى الأمراء بالسَّلام. ففرحوا بذلك وبايعوه وانضمت الكلمة وللَّه الحمد. وركب بَيْغَرَا إلى القلعة فترجَّل وسلَّ سيفه ودخل إلى نائب القلعة فبايعه سريعًا ودُقَّت البشائر في القلعة بعد المغرب، حين بلغه الخبر، وطابت أنفس الناس ثم أصبحت القلعة في الزينة وزادت الزينة في البلد وفرح الناس. فلمَّا كان يوم الخميس حاديْ عَشَر الشهر دخل نائب السلطنة من الوطاق إلى البلد والأطلاب بين يديه في تجمُّل وطبلخانات على عادة العَرْض، وقد خرج أهل البلد إلى الفرجة، وخرج أهل الذمة بالتَّوراة، وأُشعلت الشموع، وكان يومًا مشهودًا (٣) . وقد صلَّى في شهر رمضان من هذه السنة بالشامية البرانية صبي عمره ست سنين، وقد رأيته وامتحنته فإذا هو يجيد الحفظ والأداء، وهذا من أغرب ما يكون. وفي العشر الأوائل من هذا الشهر فرغ من بناء الحمّامين اللَّذَيْن بناهما نائب السلطنة بالقرب من الثابتية في خان السلطان العتيق، وما حولها من الرباع والقرب وغير ذلك. وفي يوم الأحد حادي عشره اجتمع نائب السلطنة والقضاة الأربعة ووكيل بيت المال والدولة عند تل المستقين (٤) ، من أجل أن نائب السلطنة قد عزم على بناء هذه البقعة جامعًا بقدر جامع تَنْكِز. فاشْتَوَرُوا هنالك، ثم انفصل (٥) الحال على أن يُعمل، واللَّه ولي التوفيق.
(١) "أرجف": خاض في أخبار الفتن ونحوها، والمُرْجفون: الذين يشيعون الأخبار السيئة. (٢) "الخوخة": باب صغير وسط الكبير. (٣) الذيل ص (٢٥٥) النجوم الزاهرة (١٠/ ١٤١ وما بعدها). (٤) موضع جامع يلبغا على شاطئ بردى، وفي الدارس (٣/ ٤٢٣): (كان موضع جامع يلبغا تلًّا يشنق عليه). (٥) تفرق المجلس.

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