Al-Nârindj (1) – qu’Allah lui fasse miséricorde – vint à décéder. Son fils, encore tout jeune enfant, fut désigné pour le remplacer dans le mihrab, si bien qu’on nomma un suppléant pour le temps nécessaire à sa formation. Qu’Allah lui vienne en aide et fasse miséricorde à son père.
Au matin du mardi 6 Ramadan, il tomba une neige abondante, comme on n’en avait pas vu de semblable à Damas depuis longtemps, alors même que les gens avaient grand besoin de pluie. Louange à Allah et gratitude envers Lui. La neige s’épaissit sur les toits et s’amoncela au point de causer aux gens bien de la difficulté, au point qu’ils la déversèrent depuis les toits dans les ruelles à force de chargements (2). Puis, l’ordre fut donné de l’ôter des voies publiques, car elle les fermait et laissait nombre de personnes sans moyen de subsistance. Allah accorda une compensation aux plus démunis en leur donnant un labeur lié au déblaiement de la neige. Toutefois, les gens durent supporter maints efforts et subir de lourdes pertes. À Allah nous appartenons et c’est vers Lui que nous retournons (3).
Le vendredi 23 Ramadan, on accomplit la prière funéraire de l’absent (4) à la grande mosquée des Omeyyades pour l’émir ‘Alam ad-Dîn (5) al-Jâwulî. On a déjà mentionné certains éléments de sa biographie – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Au premier jour de Shawwâl, jour de l’Aïd al-Fitr, il tomba également une neige considérable : l’orateur ne put se rendre au lieu de prière (muṣallâ), pas plus que le vice-sultan (nâ'ib as-salṭanah). Les émirs et les juges se réunirent donc à Dâr as-Sa‘âdah, où l’orateur vint célébrer la prière avec eux, tandis que beaucoup de gens l’accomplirent chez eux.
Le dimanche 21 Dhû l-Ḥijjah, le juge suprême Taqî ad-Dîn as-Subkî, de rite shâfi‘ite, donna un cours à l’école ash-Shâmiyyah al-Barrâniyyah, succédant ainsi à l’enseignement du shaykh Shams ad-Dîn ibn an-Naqîb (6) – qu’Allah lui fasse miséricorde. Les juges, les notables, les émirs et de nombreux savants assistèrent à ce cours, où il entama le commentaire du verset : « Ô mon Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi une royauté telle que nul après moi ne pourra [l’avoir], car Tu es, en vérité, le Grand Donateur » (Sourate Ṣâd, v. 35) et des passages qui suivent (7).
Enfin, durant ce même mois de Dhû l-Ḥijjah, on demanda une consultation juridique portant sur la mise à mort des chiens errants dans la ville. Plusieurs personnes de la cité rédigèrent une requête dans ce sens, et un ordre fut édicté pour en ordonner l’expulsion.