‘Abd al-Ḥaqq fut le doyen des ḥanafites et qāḍī al-quḍāt (juge suprême) dans les provinces égyptiennes pendant longtemps, après Ibn al-Ḥarīrī. Par la suite, il fut démis de ses fonctions, s’établit à Damas et enseigna à l’époque de Ṭuqazdamur à l’école al-‘Adhrāwiyya pour son fils, le qāḍī Amīn al-Dīn. Ainsi, le cours y fut donné le dimanche, trois jours avant la mort de son père. Le décès de Burhān al-Dīn – qu'Allah lui fasse miséricorde – eut lieu dans son verger des terres de l’Arza, sur la route de Ṣāliḥiyya. Le lendemain, il fut enterré au flanc du mont Qāsiyūn, dans le cimetière du shaykh Abū ‘Umar – qu'Allah lui fasse miséricorde –, et l’on pria pour lui à la mosquée al-Muẓaffarī. Les juges, les notables et les grands personnages – qu'Allah lui fasse miséricorde – assistèrent à ses funérailles.
[Puis débuta l’année 745 de l’Hégire]
Cette année commença tandis que le sultan des territoires égyptiens et syriens, ainsi que de ce qui en dépend, était al-Malik aṣ-Ṣāliḥ Ismā‘īl (1), fils du sultan al-Malik an-Nāṣir Muḥammad, lui-même fils d’al-Malik al-Manṣūr Qalāwūn. Les juges des provinces d’Égypte et de Syrie étaient les mêmes que ceux mentionnés l’année précédente. Son lieutenant en Égypte était l’hadj Sayf ad-Dīn (2) et son vizir, celui dont il a déjà été fait mention. L’inspecteur des biens privés (nāẓir al-khāṣṣ) était le qāḍī Makīn ad-Dīn, l’inspecteur des armées (nāẓir al-juyūsh) le qāḍī ‘Alam ad-Dīn ibn al-Qaṭb, et le muḥtasib restait celui déjà en poste. Le šād ad-dawāwīn était ‘Alam ad-Dīn an-Nāṣirī, le šād al-awqāf l’émir Ḥusām ad-Dīn an-Najībī, tandis que le wakīl bayt al-māl (trésorier public) était le qāḍī ‘Alā’ ad-Dīn Sharnūkh. L’inspecteur de la trésorerie (nāẓir al-khazāna) était le qāḍī Taqī ad-Dīn ibn Abī aṭ-Ṭayyib. Les autres administrateurs et inspecteurs étaient ceux auxquels il a déjà été fait allusion. Le kātib ad-dust (secrétaire du conseil) était le qāḍī Badr ad-Dīn ibn Faḍl Allāh, chargé de la fonction de kātib as-sirr (secrétaire royal), accompagné des qāḍīs Amīn ad-Dīn ibn al-Qalānsī, Shihāb ad-Dīn ibn al-Qaysarānī, Sharaf ad-Dīn ibn Shams ad-Dīn ibn ash-Shihāb Maḥmūd, ainsi que ‘Alā’ ad-Dīn Sharnūkh.
Au mois de Muḥarram, dont le premier jour tomba un samedi, la citadelle d’al-Karak était assiégée. Quant à la ville (3), l’émir Sayf ad-Dīn Qublāy (4), venu d’Égypte, y avait été nommé gouverneur. Des troupes expédiées d’Égypte et de Damas encerclaient la forteresse, tandis que an-Nāṣir Aḥmad ibn an-Nāṣir refusait de se rendre, de répondre favorablement à sa convocation ou de se soumettre à l’autorité de son frère. La situation s’était aggravée, le conflit s’était étendu, et de nombreuses personnes furent tuées, aussi bien parmi les armées que parmi les habitants d’al-Karak. Cependant, l’affaire semblait se diriger vers une issue favorable, si Dieu le veut (5).