Dieu (qu’Il soit exalté) ! Plus d’un des compagnons du cheikh rapporte que as-Sakâkînî ne mourut pas avant d’avoir renié sa doctrine et s’être rallié à l’opinion des gens de la Sunna. Dieu est plus savant. J’ai appris que son fils Ḥasan, cet homme décrié, avait voulu tuer son père lorsque celui-ci manifesta la Sunna.
Dans la nuit du lundi cinquième du mois de Rajab, le corps de l’émir Sayf ad-Dîn Tankiz, gouverneur de la Syrie (ach-Châm), arriva jusqu’à son mausolée situé à côté de la mosquée qu’il avait fondée à l’extérieur de Bâb an-Naṣr à Damas. Il avait été transféré depuis Alexandrie au bout de trois ans et demi, voire davantage, grâce à l’intercession de sa fille, épouse d’an-Nâṣir, auprès de son fils, le sultan al-Malik aṣ-Ṣâliḥ, qui permit cela. Ils avaient d’abord projeté de l’enterrer dans son école à Jérusalem la sainte, mais cela ne put se faire ; on l’amena donc à sa tombe à Damas, où fut récitée la khatm (lecture intégrale du Coran) en présence des juges et des notables.
Le mardi onzième du mois béni de Shaʿbân, mourut notre compagnon, l’émir Ṣalâḥ ad-Dîn Yûsuf at-Takrîtî – neveu du grand personnage Taqî ad-Dîn Tûba, le vizir – dans sa demeure du quartier des Qaṣâʿîn. Il était alors quadragénaire, plein d’intelligence, de finesse et de discernement. Il chérissait beaucoup le cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya, qu’Allâh lui fasse miséricorde, ainsi que ses compagnons. Il était également bienveillant envers tout savant qu’il rencontrait, se distinguant par son altruisme, sa générosité et son amour des pauvres et des pieux. Il fut enterré dans leur cimetière, au pied du mont Qâsiyûn (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Le samedi quinze du même mois, une secousse sismique eut lieu à Damas, si légère que beaucoup ne la ressentirent pas. Louange et reconnaissance à Dieu. Mais bientôt, les nouvelles se multiplièrent et l’on apprit qu’elle avait causé des dommages considérables dans la région d’Alep, où quelques tours de la citadelle d’Alep s’effondrèrent, de même qu’un grand nombre de maisons, de mosquées, de lieux de dévotion et de murs. Dans les forteresses environnantes, les destructions furent encore plus importantes. On raconta que dans la ville de Manbij, il ne resta que peu de choses debout, et que la plupart de ses habitants périrent ensevelis sous les décombres.
Vers la fin du mois de Shawwâl, les troupes se mirent en route pour al-Karak avec à leur tête deux émirs éminents : l’émir ʿAlâ’ ad-Dîn Qarâsunqur et l’émir al-Ḥâjj Baydamur. Durant ces jours, il se fit connaître que la situation d’al-Karak s’était grandement affaiblie : l’affaire s’y était aggravée et les ressources y étaient devenues très restreintes. Des groupes composés de dignitaires et de proches de l’émir Aḥmad ibn an-Nâṣir, complotant contre lui, en sortirent et furent envoyés dès le matin vers Qalâwûn, accompagnés de chefs de la ḥalaqa, en direction des territoires égyptiens. Ils rapportèrent que les provisions chez Aḥmad avaient considérablement diminué. Nous implorons Dieu pour une issue favorable.
La nuit du mercredi vingt-huitième du mois de Dhu al-Ḥijja, le juge, imam et grand savant, Burhân ad-Dîn (qu’Allâh lui fasse miséricorde), fils de