On accomplit la prière funèbre pour lui le jeudi à la mosquée al-Muzaffarî, en présence des juges de la ville et des notables parmi les savants, les émirs, les négociants, ainsi que le commun du peuple. Son cortège funèbre fut vaste et magnifique, éclairé et radieux. Il fut inhumé à al-Rawda, à côté de la tombe de Sayf ibn al-Majd – qu’Allah leur fasse miséricorde. Il naquit au mois de Rajab de l’an 705 (1), sans avoir atteint la quarantaine. Il avait acquis des connaissances auxquelles même de grands maîtres ne parvenaient pas. Il excellait en hadith, en grammaire, en morphologie, en fiqh, en tafsîr, dans les deux fondements (usûl), l’histoire et les diverses lectures coraniques. Il laissa de nombreuses compilations et annotations très utiles. Il mémorisait avec précision les noms des rapporteurs, les voies de transmission du hadith, connaissait le jarh et le taʿdîl, était expert dans la critique des chaînes de transmission, possédait une compréhension solide et faisait preuve d’une excellente mémoire. Il demeurait droit dans la voie des premiers pieux prédécesseurs (salaf), suivant le Livre et la Sunna, et s’appliquait à accomplir de bonnes œuvres.
Le mardi, dernier jour du mois, notre compagnon, le shaykh, éminent savant, le grand docteur Sharaf al-Dîn ibn al-Qâdî Sharaf al-Dîn al-Hanbalî (2), donna un cours au mihrâb des hanbalites lors de la séance du mardi, en remplacement du qâdî Taqî al-Dîn ibn al-Hâfiẓ – qu’Allah lui fasse miséricorde. Les juges et les hommes de savoir étaient présents, et la leçon fut excellente. Il commenta la Parole d’Allah : « En vérité, Allah ordonne l’équité et la bienfaisance » [an-Nahl : 90], et il aborda la question de la préférence donnée à certains enfants.
Le jeudi 2 jumâdâ al-ûlâ, l’expédition partit pour al-Karak (3), menée par deux grands émirs : l’émir Shihâb ad-Dîn ibn Subḥ et l’émir Sayf ad-Dîn Qalâwûn, avec un déploiement d’envergure, de nombreux soldats, des bœufs et une logistique considérable.
Le lundi matin, 21 du même mois, Ḥasan ibn (4) le shaykh as-Sakkâkînî fut exécuté au marché aux chevaux, pour avoir manifesté un extrémisme chiite (rafḍ) relevant d’une mécréance avérée. Il fut dénoncé au qâdî Sharaf ad-Dîn al-Mâlikî par de nombreux témoignages attestant son appartenance avérée au chiisme extrémiste, parmi lesquels : il considérait les deux shaykhs (Abou Bakr et ʿUmar) – qu’Allah les agrée – comme mécréants, diffamait les Mères des croyants ʿÂʾisha et Ḥafṣa – qu’Allah les agrée – et prétendait que l’ange Gabriel se serait trompé de destinataire en révélant la prophétie à Muḥammad alors qu’il devait la transmettre à ʿAlî. Il proférait bien d’autres déclarations mensongères et odieuses – qu’Allah l’enlaidisse, et Il l’a fait.
Son père, le shaykh Muḥammad as-Sakkâkînî (5), connaissait bien la doctrine des Râfiḍa (chiites). Il avait posé des questions selon la voie des gens de la rectitude, et il composa un poème à ce sujet. Notre shaykh, l’imam éminent, le shaykh de l’Islam Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – lui avait répondu.