Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens venaient pour le voir et s’émerveiller de son affaire. Il fut finalement décidé d’emprisonner celui qui prétendait cette chose impossible, et le fossé fut rebouché comme auparavant.

Le lundi dix-huit Rabi‘ al-Awwal, le qadi (juge) de Halab (Alep), Nāṣir al-Dīn ibn al-Khashshāb (1), arriva par la voie du courrier en route vers Damas, et descendit à l’al-‘Adiliyya al-Kabīra. Il fut rapporté qu’il avait dirigé la prière funéraire pour le grand spécialiste du hadith, savant éminent et hāfiẓ, Shams al-Dīn Muḥammad (2) ibn ‘Alī ibn Aybak al-Sarūjī al-Miṣrī, le vendredi huit de ce mois à Alep – qu’Allāh lui fasse miséricorde. Né en l’an 715 de l’Hégire, il maîtrisa remarquablement la science du hadith, mémorisa les noms des transmetteurs et compila de nombreux travaux.

Au début de Rabi‘ al-Ākhir, un violent incendie se déclencha au pied du mont Qāsyūn, ravageant le marché de Ṣāliḥiyya près de la mosquée al-Muẓaffarī. Au total, près de cent vingt boutiques furent détruites. On n’avait pas vu, depuis longtemps, un incendie d’une telle ampleur. « En vérité nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons » (3).

Le vendredi six du même mois, il fut décrété d’évoquer la prière du vendredi depuis tous les minarets de la ville, comme on le faisait déjà depuis ceux de la Grande Mosquée, et cela fut exécuté.

Le mardi dix, on demanda au qadi Taqī al-Dīn al-Subkī, grand juge (Qāḍī al-Quḍāt) de rite shāfi‘ite, de prêter au Dīwān (administration) du sultan une partie des fonds appartenant aux absents sous sa garde. Il s’y refusa fermement. Alors, l’inspecteur des dīwāns et certains membres de la suite du vice-sultan se présentèrent, ouvrirent le dépôt des orphelins et y prirent de force cinquante mille dirhams. Ils les remirent à un Bédouin pour une somme qui lui était due par l’administration sultanienne. Cet événement, d’une ampleur sans précédent, provoqua de grands troubles.

Le mercredi dix Jumādā al-Ūlā, notre compagnon, le shaykh, l’imām, le savant, l’éminent critique dans les diverses branches du savoir, Shams al-Dīn Muḥammad (4) ibn le shaykh ‘Imād al-Dīn Aḥmad ibn ‘Abd al-Hādī al-Maqdisī al-Ḥanbalī, s’éteignit – qu’Allāh lui accorde Sa miséricorde et l’installe dans l’étendue de Son Paradis. Il fut malade près de trois mois d’un ulcère et d’une fièvre de phtisie (tuberculose). Son état s’aggrava avec une diarrhée aiguë qui affaiblit peu à peu son organisme, jusqu’à son décès ce jour-là, avant l’appel à la prière de l’après-midi. Son père me rapporta que ses derniers mots furent : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et je témoigne que Muḥammad est le Messager de Dieu. Ô Seigneur, fais-moi être au nombre de ceux qui se repentent et de ceux qui se purifient. »

(1) al-Dāris, vol. 1, p. 552. (2) Sa biographie se trouve dans : al-Dhayl, p. 238 ; al-Wafayāt d’Ibn Rāfiʿ, vol. 1, p. 451 ; al-Nujūm al-Zāhira, vol. 10, p. 108 ; et Shadhirāt al-Dhahab, vol. 6, p. 141. Il est attribué à Sarūj, ville proche d’Harrān. (3) al-Dhayl, p. 236. (4) Sa biographie se trouve dans al-Dhayl, p. 238 ; al-Wafayāt d’Ibn Rāfiʿ, vol. 1, pp. 457-458 ; al-Durar al-Kāmina, vol. 3, p. 331 ; le Dhayl des Ṭabaqāt al-Ḥanābila, vol. 2, p. 436 ; et Shadhirāt al-Dhahab, vol. 6, p. 141.
الناس للنَّظر إليه والتعجُّب من أمره، وانفصل الحال على أن حُبس هذا الزاعم لهذا المحال، وطُمَّ الحفير كما كان. وفي يوم الإثنين ثامنَ عشرَ ربيع الأول قدم قاضي حلب ناصر الدين بن الخشاب (١) على البريد مجتازًا إلى دمشق فنزل بالعادلية الكبيرة. وأخبر أنه صلَّى على المحدِّث البارع الفاضل الحافظ شمس الدين محمد (٢) بن علي بن أَيْبك السَّرُوجي المصْري يوم الجمعة ثامن هذا الشهر بحلب (رحمه الله) ومولده سنة خمس عشرة وسبعمائة، وكان قد أتقن طرفًا جيدًا في علم الحديث، وحفظ أسماء الرجال، وجمعَ وخرَّج. وفي مستهلّ ربيع الآخر وقع حريق عظيم بسفح قاسيون احترق به سوق الصالحية الذي بالقرب من جامع المظفَّري، وكانت جملة الدكاكين التي احترقت قريبًا من مئة وعشرين دكانًا، ولم يُرَ حريق من زمان أكبر منه ولا أعظم، فإنا للَّه وإنا إليه راجعون (٣) . وفي يوم الجمعة سادسه رسم بأن يذكر بالصلاة يوم الجمعة في سائر مآذن البلد كما يذكر في مآذن الجامع ففعل ذلك. وفي يوم الثلاثاء عاشره طلب من القاضي تقي الدين السُّبكي قاضي قضاة الشافعية أن يقرض ديوان السلطان شيئًا من أموال الغُياب التي تحت يده، فامتنع من ذلك امتناعًا كثيرًا، فجاء شاد الدواوين وبعض حاشية نائب السلطنة، ففتحوا مخزن الأيتام وأخذوا منه خمسين ألف درهم قهرًا، ودفعوها إلى بعض العرب عما كان تأخر له في الديوان السلطاني، ووقع أمر كثير لم يُعهد مثله. وفي يوم الأربعاء عاشر جُمادى الأولى توفي صاحبُنا الشيخ الإِمام العالم العلامة الناقد البارع في فنون العلوم شمس الدين محمَّد (٤) بن الشيخ عماد الدين أحمد بن عبد الهادي المقدسي الحنبلي، تغمده اللَّه برحمته، وأسكنه بحبوحة جنته، مرض قريبًا من ثلاثة أشهر بقرحة وحُمَّى سل، ثم تفاقم أمره وأفرط به إسهال، وتزايد ضَعفه إلى أن توفي يومئذ قبل أذان العصر، فأخبرني والده أن آخر كلامه أن قال: أشهد أن لا إله إلا اللَّه وأشهد أن محمدًا رسول اللَّه، اللهمَّ اجعلني من التَّوابين واجعلني من المتطهرين.
(١) الدارس (١/ ٥٥٢). (٢) ترجمته في: الذيل ص (٢٣٨) والوفيات لابن رافع (١/ ٤٥١) والنجوم الزاهرة (١٠/ ١٠٨) وشذرات الذهب (٦/ ١٤١)، وهو منسوب إلى سَرُوج مدينة بنواحي حران. (٣) الذيل ص (٢٣٦). (٤) ترجمته في الذيل ص (٢٣٨) والوفيات لابن رافع (١/ ٤٥٧ - ٤٥٨) والدرر الكامنة (٣/ ٣٣١) وذيل طبقات الحنابلة (٢/ ٤٣٦) والشذرات (٦/ ١٤١).

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