[L’histoire des deux hommes, le croyant et le mécréant]
Dieu — qu’Il soit exalté — dit dans la sourate Al-Kahf, après l’histoire des Gens de la Caverne : « Et propose-leur l’exemple de ces deux hommes. À l’un d’eux, Nous avons accordé deux jardins de vignes, que Nous avons entourés de palmiers et au milieu desquels Nous avons fait pousser des champs. (32) Chacun de ces deux jardins produisit ses fruits sans jamais faillir, et Nous fîmes jaillir un cours d’eau au milieu d’eux. (33) Il possédait également d’autres biens. Il dit à son compagnon, tout en discutant avec lui : “Je suis plus riche que toi et j’ai davantage d’hommes à mon service.” (34) Il entra dans son jardin, étant injuste envers lui-même, et déclara : “Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr (35), et je ne crois pas que l’Heure (du Jugement) se lèvera un jour. Et même si je suis ramené à mon Seigneur, je trouverai certainement, là-bas, un sort encore meilleur que celui-ci.” » jusqu’à Sa parole : « C’est là que la souveraineté revient en toute vérité à Allah ; Il est le Meilleur en récompense et le Meilleur pour ce qui est de la fin. » [Al-Kahf, v. 32-44].
Certaines personnes ont dit : « Il s’agit d’un exemple donné, et il n’est pas nécessaire qu’il se soit réellement produit. » Toutefois, la majorité considère que c’est un événement qui eut lieu.
Sa parole — « وَاضْرِبْ لَهُمْ مَثَلًا » — s’adresse aux mécréants de Quraych quant à leur refus de se réunir avec les faibles et les pauvres, le mépris qu’ils portent à ces derniers et l’orgueil qu’ils retirent de leur propre statut, comme le dit aussi Dieu — qu’Il soit exalté — : « Et propose-leur l’exemple des habitants de la cité, lorsqu’y vinrent les envoyés » [Yâ Sîn, 13], comme nous l’avons déjà signalé (1) avant le récit de Moïse — sur lui la paix.
Il est bien connu que ces deux hommes étaient compagnons : l’un était croyant et l’autre mécréant. On raconte que chacun possédait de l’argent, mais le croyant dépensa ses biens dans l’obéissance à Dieu et pour Lui plaire, recherchant Sa Face ; tandis que le mécréant investit dans deux domaines, qui sont les deux « jardins » mentionnés dans le verset, selon la description qui en est faite : ils contenaient des vignes, bordées de palmiers, avec des cultures au milieu (2), et des ruisseaux coulaient çà et là pour l’irrigation et la beauté du lieu. Les récoltes y étaient abondantes, les rivières jaillissaient, et les productions agricoles et fruitières y prospéraient.
Le propriétaire de ces jardins se vanta alors devant son compagnon croyant, qui était pauvre, lui disant : « Je suis plus riche que toi et je dispose d’un plus grand nombre de gens » [v. 34], c’est-à-dire de domaines plus vastes (3). Il voulait marquer sa supériorité et signifiait : “À quoi t’a servi de dépenser tes biens dans la voie où tu les as mis ? Tu aurais mieux fait de faire comme moi, afin d’être semblable à moi.” Ainsi, il se montra fier devant son compagnon et entra dans son jardin « en étant injuste envers lui-même », c’est-à-dire qu’il ne suivait pas une voie droite et agréée.
Il déclara : « Je ne pense pas que ce jardin puisse jamais disparaître » [v. 35], émerveillé par l’étendue de ses terres, la quantité de son eau et la beauté de ses arbres. Il pensait que, même si un arbre venait à dépérir, il pourrait en planter un autre, encore meilleur, et que ses récoltes ne cesseraient jamais de lui parvenir grâce à l’abondance de l’eau.
Puis il ajouta : « Je ne crois pas que l’Heure aura lieu un jour. Et même si je suis ramené à mon Seigneur, je trouverai certainement, là-bas, un sort meilleur que celui-ci » [v. 36]. Il se fia donc à l’éclat trompeur de la vie d’ici-bas et renia l’existence de l’Au-Delà, éternelle. Il pensait que si Dieu lui avait donné tant de biens dans ce monde, c’était parce qu’Il l’aimait et qu’il jouissait ainsi d’un rang élevé auprès de Lui.