Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans le même contexte, la charge de la judicature de la Noble Jérusalem fut à nouveau confiée exclusivement au juge (qâdî) Shams al-Dîn ibn Sâlim, qui l’avait déjà exercée longtemps auparavant à titre de suppléant. Il fut ensuite révoqué et demeura dans sa ville natale de Gaza, avant d’y être rétabli en pleine responsabilité à cette époque.

Ce même mois, le juge Shihâb al-Dîn ibn Faḍl Allâh revint des territoires égyptiens, muni d’un décret confirmant la pension qui lui était versée : mille dirhams au début de chaque mois(1). Il s’installa dans l’édifice qu’il avait fait construire au pied du mont Qaṣyûn, à l’est de al-Ṣâliḥiyya, près du hammam an-Naḥḥâs.

Au matin du premier jour de Dhu al-Qa‘da, le mangonneau (manjaniq) partit en direction d’al-Karak, chargé sur des chameaux et des charrettes(2), accompagné de l’émir Ṣârim al-Dîn Ibrâhîm al-Yūsufî(3), émir ḥâjib sous la dynastie tankiziyya(4). C’est lui qui commandait l’expédition : il le protégeait, veillait sur lui et se chargeait de l’organisation à la demande de ceux qui l’accompagnaient.

L’armée s’équipa en vue de se rendre à al-Karak et se prépara pleinement ; leurs bagages furent transportés hors de la cité et les tentes furent dressées. Qu’Allah en fasse une issue favorable.

Le lundi quatre du mois, le tawâshî (officier de cour) Shibl al-Dawla Kâfūr(5) al-Tankizî(6) décéda. Il fut inhumé le mardi matin, le cinq, dans le tombeau qu’il avait autrefois fait ériger, à l’extérieur de Bâb al-Jâbiya, face au mausolée du tawâshî Ẓahîr al-Dîn al-Khâzin(7) dans la Citadelle, à proximité de la mosquée al-Dhubbân– qu'Allah lui fasse miséricorde –.

Autrefois, ce bien appartenait au ṣâḥib Taqî al-Dîn Tawba al-Tikrîtî(8). Puis Tankiz l’acheta longtemps après auprès des deux neveux de ce dernier, Ṣalâḥ al-Dîn et Sharaf al-Dîn, pour une somme considérable, leur cédant en échange un iqtâ‘ assorti d’un surplus, au-delà de ce qu’ils possédaient déjà. Il convoitait en effet la fortune que l’homme avait acquise auprès du sultanat. Son maître, Tankiz– qu'Allah lui fasse miséricorde –, s’était montré un temps hostile à lui, et il fut confisqué ; divers événements survinrent, mais il en fut finalement quitte. À sa mort, il laissa de grandes richesses et des fondations pieuses– qu'Allah lui fasse miséricorde –.

Le mercredi six du mois, la troupe expéditionnaire prit la route, sous le commandement de l’émir Badr al-Dîn ibn al-Khaṭîr(9), accompagné d’un autre officier supérieur, l’émir ‘Alâ’ al-Dîn Qarâsunqur(10).

(1) Sa biographie se trouve dans al-Durar al-Kamina (1/333). (2) al-Nujūm al-Zāhira (10/84). (3) Dans l’édition de al-Masbaqī, et nous avons confirmé ce qui figure dans al-Dāris (2/444). Il s'agit de Sāris al-Dīn Ibrāhīm ibn Saif al-Dīn Manjak al-Yūsufī al-Nāṣirī. (4) Dans l’édition : « al-Sukkariyya », ce qui n’a pas de sens (Bashār). (5) Il est peut-être parmi ceux que Ibn Kathīr a seuls mentionnés. (6) Dans l’édition : « al-Sukkari », ce qui n’a pas de sens, et la forme correcte est celle que nous avons établie, comme l’indique la biographie lorsqu’elle dit : « puis Tankaḥ l’acheta ». (7) Sa mention est passée dans Wafayāt de l’année 716 H. (8) Tūba ibn ʿAlī ibn Muhājir ibn Shujāʿ al-Tikrītī. Mort en 698 H, al-Dāris (2/237). (9) Il s'agit de Masʿūd ibn Awaḥid ibn al-Khaṭīr, déjà mentionné. (10) Il fut expulsé du Caire après la mort de son père vers les terres des Tatars, à Damas en tant qu’émir de Tabalkhāna. Mort en 748 H, al-Durar al-Kāmina (3/95).
وفيه أيضًا أُفرد قضاء القدس الشريف أيضًا باسم القاضي شمس الدين بن سالم الذي كان مباشرها مدة طويلة قبل ذلك نيابة، ثم عزل عنها وبقي مقيمًا ببلده غزة، ثم أُعيد إليها مستقلًا بها في هذا الوقت. وفي هذا الشهر رجع القاضي شهاب الدين بن فضل اللَّه من الديار المصرية ومعه توقيع بالمرتَّب الذي كان له أول كل شهر ألف درهم (١) ، وأقام بعمارته التي أنشأها بسفح قاسيون شرقيَّ الصّالحية بقرب حمَّام النحاس. وفي صبيحة مستهلّ ذي القعدة خرج المنجنيق قاصدًا إلى الكَرَك على الجمال والعَجَل (٢) ، وصحبته الأمير صارم الدين إبراهيم اليوسفي (٣) ، أمير حاجب، كان في الدولة التنكِزية (٤) ، وهو المقدَّم عليه يحوطه ويحفظه ويتولَّى تسييره بطلبه وأصحابه. وتجهز الجيش للذهاب إلى الكَرَك، وتأهبوا أتمَّ الجهاز، وبرزت أثقالهم إلى ظاهر البلد وضُربت الخيام فاللَّه يحسن العاقبة. وفي يوم الإثنين رابعه توفي الطواشيُّ شِبْل الدولة كافور (٥) التَّنْكِزي (٦) ، ودفن صبيحة يوم الثلاثاء خامسه في تربته التي أنشأها قديمًا ظاهر باب الجابية تجاه تربة الطَّواشي ظهير الدّين الخازن (٧) بالقلعة، كان قبيل مسجد الذُّبَّان (رحمه الله) . وكان قديمًا للصَّاحب تقي الدين تَوْبة التكريتي (٨) ، ثم اشتراه تَنْكِز بعد مدة طويلة من ابني أخيه صلاح الدين وشرف الدين بمبلغ جيد وعوَّضهما إقطاعًا بزيادة على ما كان بأيديهما، وذلك رغبةً في أمواله التي حصَّلها من أبواب السلطنة، وقد تعصَّب عليه أستاذه تَنْكز (رحمه الله) في وقت وصُودر وجرت عليه فصول، ثم سَلِم بعد ذلك، ولما مات ترك أموالًا جزيلة وأوقافًا (رحمه الله) . وخرجت التجريدة يوم الأربعاء سادسه والمقدم عليها الأمير بدر الدين بن الخطير (٩) ومعه مقدم آخر وهو الأمير علاء الدين قَرَاسُنْقُر (١٠) .
(١) ترجمته في الدرر الكامنة (١/ ٣٣٣). (٢) النجوم الزاهرة (١٠/ ٨٤). (٣) في ط: المسبقي وأثبتنا ما في الدارس (٢/ ٤٤٤). وهو: صارم الدين إبراهيم بن سيف الدين منجك اليوسفي الناصري. (٤) في ط: "السُّكّرية" ولا معنى لها (بشار). (٥) لعلّه ممّن انفرد ابن كثير بذكره. (٦) في ط: "السُّكري"، ولا معنى لها، والصواب ما أثبتناه، يدل عليه ما في الترجمة من قوله: "ثم اشتراه تنكز". (٧) مضى ذكره في وفيات سنة (٧١٦) هـ. (٨) تَوبة بن علي بن مهاجر بن شجاع التكريتي. مات سنة (٦٩٨) هـ الدارس (٢/ ٢٣٧). (٩) هو: مسعود بن أوحد بن الخطير. تقدَّم ذكره. (١٠) أُخرج من القاهرة بعد وفاة أبيه في بلاد التتر إلى دمشق أمير طبلخاناة. مات سنة (٧٤٨) هـ الدرر الكامنة (٣/ ٩٥).

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