Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Deux morts (1). Ils dirent : l’un était de sexe masculin et l’autre féminin, et lorsque je les ai vus, ils étaient tous deux déjà décédés. Ils ajoutèrent que le décès de l’un avait eu lieu deux jours environ après celui de l’autre, et un acte notarié fut rédigé à ce sujet par un groupe de témoins.

En ce même jour, quatre émirs furent mis en état d’arrestation : il s’agit des fils d’al-Kāmil (2) Ṣalāḥ al-Dīn Muḥammad, émir de la Ṭablkhānāh, Ghiyāth al-Dīn Muḥammad, émir de dix (amīr ʿashra), ʿAlāʾ al-Dīn ʿAlī, du fils d’Aybak al-Ṭawīl (lui aussi Ṭablkhānāh), ainsi que Ṣalāḥ al-Dīn Khalīl ibn Balbān Ṭarna, également Ṭablkhānāh. On les accusa de collusion et de correspondance avec le roi Aḥmad ibn al-Nāṣir, installé à al-Karak – Dieu sait mieux ce qu’il en est. Tous furent alors enchaînés et conduits jusqu’à la citadelle al-Manṣūrah par la porte secrète (3), située en face de Bāb Dār al-Saʿādah ; on fit pénétrer les trois Ṭablkhānāh et Ghiyāth par sa grande porte, puis ils furent dispersés dans différents lieux.

Le maḥmil (convoi destiné au pèlerinage) partit le jeudi quinzième du mois. Ce jour-là, le prédicateur Ibn al-Jallāl endossa la robe symbolisant son investiture à la fonction de khaṭīb et se rendit à cheval aux côtés des juges, selon l’usage en vigueur pour les prédicateurs.

Au cours de ce mois, on installa la grande catapulte à la porte du Maydān al-Akhdar. Ses bras mesuraient dix-huit coudées et son flèche vingt-sept coudées ; les gens sortirent en nombre pour l’observer. Le samedi, on y plaça un projectile de soixante livres, qui fut lancé jusqu’en face du palais sur la grande esplanade. Le maître d’œuvre des catapultes déclara qu’il n’en existait pas d’équivalent dans les forteresses de l’Islam ; il précisa que cet engin avait été fabriqué par al-Ḥājj Muḥammad al-Ṣāliḥī pour être utilisé à al-Karak. Or, la volonté divine voulut qu’on l’employât pour assiéger al-Karak : puisse Dieu en faire une issue favorable !

Vers la fin de ce même mois, on arrêta encore quatre autres émirs : il s’agit d’Aqbughā ʿAbd al-Wāḥid, qui avait été ustādār (administrateur) du grand roi al-Nāṣir, puis fut confisqué sous le règne du fils de celui-ci, al-Manṣūr, avant d’être envoyé en Syrie ; à Ḥimṣ, il avait exercé une autorité jugée peu louable, tellement qu’il fut critiqué et démis de ses fonctions. On lui attribua plus tard un commandement de mille hommes à Damas, puis on le nomma chef de l’aile droite de l’armée. Ces jours-ci, on l’accusa d’avoir favorisé le sultan Aḥmad ibn al-Nāṣir, résidant à al-Karak ; il fut donc arrêté et transféré à la citadelle avec l’émir Sayf al-Dīn Balk (4) et l’émir Sayf al-Dīn Salāmush, tous deux également affiliés à la Ṭablkhānāh. Ils furent placés sous garde dans la citadelle al-Manṣūrah ; puisse Dieu en déterminer une bonne fin.

Enfin, ce mois-là, la charge de juge de Ḥimṣ cessa de relever de la vice-royauté de Damas, par un nouveau décret sultanien accordé au cadi Shihāb al-Dīn al-Bārizī, après de longues contestations opposant ce dernier au grand juge Taqī al-Dīn al-Subkī. Certains hauts dignitaires prirent fait et cause pour lui, ce qui permit l’émission du décret susmentionné en sa faveur.

(1) Al-Dhayl, p. 232, d'Al-Ḥusaynī, dans lequel il est dit : Notre cheikh ʿImād ad-Dīn Ibn Kathīr m'a raconté. (2) Il s'agit de Sunqur al-Ashqar al-Ṣāleḥī al-Najmī, le gouverneur de Damas. Surnommé « al-Malik al-Kāmil », il reçut le serment d'allégeance pour le sultanat dans la citadelle de Damas en l'année 678 de l'Hégire. Voir al-Dalīl al-Shāfī (1/327). (3) Dans l'édition al-Yusr. (4) Dans l'édition Bulū. Nous avons retenu ce qui se trouve dans al-Nujūm al-Zāhira (9/86) et al-Dalīl al-Shāfī (1/199).
ميتان (١) ، فقالوا: أحدهما ذكر والآخر أنثى، وهما ميتان حال رؤيتي إليهما. وقالوا: إنه تأخر موت أحدهما عن الآخر بيومين أو نحوهما، وكتب بذلك محضر جماعة من الشهود. وفي هذا اليوم احتيط على أربعة من الأمراء وهم أبناء الكامل (٢) صلاح الدين محمد، أمير طبلخاناة، وغياث الدين محمد أمير عشرة، وعلاء الدين علي، وابن أَيْبَك الطويل طبلخاناة أيضًا، وصلاح الدين خليل بن بَلبان طرنا طبلخاناة أيضًا. وذلك بسبب أنهم اتَّهموا على ممالأة الملك أحمد بن الناصر الذي في الكَرَك، ومكاتبته، واللَّه أعلم بحالهم، فقيّدوا وحملوا إلى القلعة المنصورة من باب السرّ (٣) مقابل باب دار السعادة الثلاث الطبلخانات والغياث من بابها الكبير وفرق بينهم في الأماكن. وخرج المحمل يوم الخميس خامس عشره ولبس الخطيب ابن الجلال خلعة استقرار الخطابة في هذا اليوم، وركب بها مع القضاة على عادة الخطباء. وفي هذا الشهر نُصب المنجنيق الكبير على باب الميدان الأَخْضر وطول أكتافه ثمانيةَ عشرَ ذراعًا، وطول سهمه سبعة وعثرون ذراعًا، وخرج النَّاس للفُرجة عليه، ورمى به في يوم السبت حجرًا زنته ستين رطلًا، فبلغ إلى مقابلة القصر من الميدان الكبير، وذكر معلِّم المجانيق أنه ليس في حصون الإسلام مثله، وأنه عمله الحاج محمد الصالحي ليكون بالكَرَك، فقدَّر اللَّه أنه خرج ليحاصر به الكرك، فاللَّه يحسن العاقبة. وفي أواخره أيضًا مُسك أربعة أمراء، وهم آقْبُغَا عبد الواحد الذي كان مباشرًا الاستدارية للملك الناصر الكبير، فصُودر في أيَّام ابنه المنصور، وأخرج إلى الشام فناب بحمصَ فسار سيرةً غيرَ مرضية. وذمَّه الناس وعُزل عنها وأعطي تقْدمةَ ألف بدمشق، وجُعل رأس الميمنة، فلما كان في هذه الأيام اتّهم بممالأة السلطان أحمد بن الناصر الذي بالكَرَك، فمسك وحمل إلى القلعة ومعه الأمير سيف الدين بلك (٤) ، والأمير سيف الدين سَلَامُشْ، وكلهم بطبلخانات فرُفعوا إلى القلعة المنصورة، فاللَّه يحسن العاقبة. وفي هذا الشهر خرج قضاء حمص عن نيابة دمشق بمرسوم سلطاني مجدد للقاضي شهاب الدين البارزي، وذلك بعد مناقشة كثيرة وقعت بينه وبين قاضي القضاة تقي الدين السُّبكي، وانتصر له بعض الدولة، واستخرج له المرسوم المذكور.
(١) الذيل ص (٢٣٢) للحسيني وفيه: فحكى لي شيخنا عماد الدين بن كثير. (٢) هو سُنْقُر الأشقر الصالحي النجمي نائب دمشق. تلقب بالملك الكامل وأخذ البيعة للسلطنة في قلعة دمشق سنة (٦٧٨) هـ. الدليل الشافي (١/ ٣٢٧). (٣) في ط: اليسر. (٤) في ط: بلو. وأثبتنا ما في النجوم الزاهرة (٩/ ٨٦) والدليل الشافي (١/ ١٩٩).

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