Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Taqî al-Dîn al-Subkî y fut dépêché pour y officier comme juge (1). Les gens allèrent le saluer et lui faire leurs adieux, après que maintes rumeurs eurent couru à son propos. Il s’était répandu qu’une audience allait se tenir pour l’accuser d’avoir versé l’argent des orphelins à Al-Ṭanbughâ et au Fakhrî. Une fatwâ fut rédigée à son encontre pour lui imposer une amende, et l’on fit circuler ce texte auprès des muftis. Personne ne voulut le signer, hormis le qâdî Jalâl al-Dîn ibn Ḥusâm al-Dîn al-Ḥanafî, dont j’ai moi-même vu l’écriture après la prière. On me sollicita pour émettre une décision, mais je m’y suis refusé, car cela aurait jeté le trouble parmi les juges. Dans le premier décret du lieutenant du sultan, il était ordonné aux muftis d’examiner cette question et de rendre une fatwâ conforme à la sharî‘a. Les intentions à son égard étaient fort suspectes, mais Dieu l’en délivra grâce à sa convocation en Égypte. Il s’y rendit, accompagné par le courrier officiel, dans la nuit du dimanche. Les dignitaires et les notables sortirent pour lui faire leurs adieux, et ils l’accompagnèrent (2).

Le mois de Jumâdâ al-Âkhira débuta, et l’expédition fut envoyée à al-Karak. L’armée déployée, détachée de la garnison, comptait près d’un millier d’hommes, voire plus. Le mardi, quatrième jour du mois, après la prière de midi, l’émir ‘Alâ’ al-Dîn Aydaghmush (3), lieutenant du sultan dans la province bénie du Shâm, mourut seul dans la Dâr al-Sa‘âda. Ils pénétrèrent à l’intérieur pour vérifier son état et s’en retrouvèrent bloqués. On craignit qu’il n’eût été frappé d’une attaque mortelle ; on rapporte même qu’il aurait recouvré la santé, mais Dieu sait mieux. On attendit néanmoins jusqu’au lendemain par précaution. Lorsque vint le matin, les gens s’assemblèrent pour prier sur sa dépouille. Ils accomplirent la prière mortuaire devant Bâb al-Naṣr, là où l’on fait habituellement la prière pour les défunts, puis ils l’emmenèrent vers la qibla. Certains membres de sa famille voulurent l’enterrer dans la tombe de Ghibrîyâl, à côté de la mosquée al-Qubaybât, mais cela ne fut pas possible. Il fut donc inhumé au sud de la mosquée, au bord de la route, après la prière de midi ce même jour. Une récitation (khatma) du Coran fut réalisée pour lui la nuit du vendredi. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde.

Au début de ce mois, il se répandit que le siège d’al-Karak se poursuivait. Les gens d’al-Karak envoyèrent un groupe au combat, dont beaucoup furent tués ; un seul soldat de l’armée trouva la mort au cours du siège. Le qâdî et d’autres descendirent, portant avec eux quelques bijoux, et ils convinrent de remettre la ville. Mais au matin, les habitants de la citadelle s’y retranchèrent, installèrent des catapultes et se tinrent prêts. Quelques jours plus tard, ils lancèrent un assaut contre la catapulte de l’armée, brisant son bras. Les soldats, incapables de la déplacer, l’incendièrent sur décision des émirs de l’avant-garde. Des événements effrayants eurent alors lieu, et Dieu seul peut en faire sortir une bonne conclusion.

Puis, à la fin de ce même mois, un nouvel affrontement se produisit entre l’armée et les habitants d’al-Karak. Certains hommes d’al-Karak vinrent en effet tirer des flèches sur l’armée. Les soldats sortirent de leurs tentes, puis revinrent à pied, revêtus de leurs armes. Ils tuèrent plusieurs personnes d’entre les chrétiens et d’autres habitants de la région ; la troupe subit aussi des blessés, et un ou deux furent tués. L’émir Sayf al-Dîn Abû Bakr ibn Bahâdur Âṣ (4) fut capturé, l’émir des Arabes (5) fut tué, et d’autres furent faits prisonniers puis jetés en détention.

(1) Dans l'édition d'al-Hākim, c'est une altération. (2) Al-Durar al-Kamina (3/68). (3) Al-Dhayl, p. 231 ; Al-Durar al-Kamina (1/426) ; Al-Nujūm al-Zāhira (10/99). (4) L'émir de Tabalkhanah, Taqī ad-Dīn, l'un des cinq fils mâles laissés par Bāhādurās. Al-Dāris (2/229). (5) C'est Sulaymān ibn Muhannā ibn ʿĪsā ibn Muhannā. Al-Nujūm al-Zāhira (10/103).
تقي الدين السُّبكي إليها حاكمًا بها (١) ، فذهبَ النَّاسُ للسلام عليه ولتوديعه، وذلك بعدما أرجفَ الناس به كثيرًا، واشتُهر أنَّه سينعقد له مجلس للدعوى عليه بما دفعه من مال الأيتام إلى أَلْطَنْبُغا وإلى الفخري، وكُتبت فتوى عليه بذلك في تغريمه، وداروا بها على المفتين فلم يكتب لهم أحدٌ فيها غير القاضي جلال الدين بن حسام الدين الحنفي، رأيت خطه عليها وحده بعد الصَّلاة، وسئلتُ في الإفتاء عليها فامتنعتُ، لما فيها من التَّشويش على الحكام، وفي أول مرسوم نائب السلطان أن يتأمل المُفْتون هذا السؤال ويفتوا بما يقتضيه حكم الشرع الشريف، وكانوا له في نيَّةٍ عجيبة، ففزَج اللَّه عنه بطلبه إلى الديار المصرية، فسار إليها صحبةَ البريد ليلة الأحد، وخرج الكُبَراء والأعيان لتوديعه، وفي خدمته (٢) . استهلّ جُمادى الآخرة والتَّجريدة عمالة إلى الكَرَك والجيش المجرَّدون من الحلقة قريب من ألف ويزيدون. ولمّا كان يوم الثلاثاء رابعه بعد الظهر مات الأمير علاء الدين أَيدَغْمُشْ (٣) نائب السلطنة بالشَّام المحروس في دارٍ وحده في دار السعادة، فدخلوا عليه وكشفوا أمره وأُحصروا، وَخَشَوْا أن يكونَ اعتراه سكتةٌ، ويقال إنه شفي فاللَّه أعلم، فانتظروا به إلى الغد احتياطًا، فلما أصبح الناس اجتمعوا للصّلاة عليه فصُلّيَ عليه خارجَ باب النصر حيث يصلى على الجنائز، وذهبوا به إلى نحو القبلة، ورام بعض أهله أن يدفن في تربة غِبْريال إلى جانب جامع القُبَيْبَات، فلم يمكن ذلك، فدفن قبلي الجامع على حافة الطريق، ولم يتهيأ دفنه إلا إلى بعد الظهر من يومئذ، وعملوا عنده ختمة ليلةَ الجُمعة (رحمه الله) وسامحه. واشتُهر في أوائل هذا الشهر أن الحصار عمَّال على الكَرَك، وأنَّ أهل الكَرَك خرجت طائفة منهم فقُتل منهم خلقٌ كثير، وقُتل من الجيش واحد في الحصار، فنزل القاضي وجماعةٌ ومعهم شيء من الجَوْهر، وتراضَوْا على أن يسلِّموا البلد، فلمَّا أصبح أهلُ الحِصْن تحصَّنوا ونصَبُوا المجانيق، واستعدُّوا، فلما كان بعد أيَّام رَمَوْا منجنيق الجيش فكسروا السَّهم الذي له، وعجزوا عن نقله فحرَّقوه برأي أمراء المقدمين، وجرت أمورٌ فظيعة، فاللَّه يحسن العاقبة. ثم وقعت في أواخر هذا الشهر بين الجيش وأهل الكَرَك وقعة أخرى، وذلك أن جماعة من رجال الكَرَك خرجوا إلى الجيش ورَمَوْهم بالنُّشَّاب فخرج الجيش لهم من الخيام ورجعوا مشاة ملبسين بالسلاح فقتلوا من أهل الكرك جماعةً من النصارى وغيرهم، وجُرح من العسكر خلق، وقتل واحدٌ أو اثنان، وأُسر الأمير سيف الدين أبو بكر بن بَهَادُرآص (٤) ، وقُتل أَميرُ العرب (٥) ، وأُسر آخرون فاعتقلوا
(١) في ط: حاكمها وهو تحريف. (٢) الدرر الكامنة (٣/ ٦٨). (٣) الذيل ص (٢٣١) الدرر الكامنة (١/ ٤٢٦) النجوم الزاهرة (١٠/ ٩٩). (٤) أمير طبلخاناه، تقي الدين، أحد أبناء بهادرآص الذكور الخمسة الذين خلَّفهم. الدارس (٢/ ٢٢٩). (٥) هو سليمان بن مُهَنّا بن عيسى بن مُهَنّا. النجوم الزاهرة (١٠/ ١٠٣).

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