À al-Qubayyibāt, il fut érigé là, et les gens sortirent pour le contempler et lui jeter des projectiles, avec l’intention de l’emmener avec eux pour le siège.
Le mercredi, deuxième jour de Rabiʿ al-Ākhir, l’émir ʿAlāʾ al-Dīn Alṭanbughā al-Mārdānī arriva d’Égypte, selon son habitude et sa coutume (1).
Le jeudi dixième, deux grands émirs entrèrent à Damas à l’aube : Rukn al-Dīn Baybars al-Aḥmadī, venant de Tripoli, et ʿAlam al-Dīn al-Jāwlī, venant de Ḥamā. Ils assistèrent au cortège et se présentèrent, les bras croisés, devant le vice-sultan : al-Aḥmadī à sa droite et al-Jāwlī à sa gauche. Ils s’installèrent en dehors de la ville. Quelques jours plus tard, al-Aḥmadī repartit pour l’Égypte, selon sa coutume et en sa qualité de conseiller principal, tandis qu’al-Jāwlī se rendit à Gaza la Protégée pour y exercer les fonctions de vice-gouverneur. L’émir Badr al-Dīn Masʿūd ibn Khaṭīr était alors émir des ṭablkhānāt à Damas.
Le jeudi quatorzième, aux premières heures du matin, le détachement quitta Damas en direction de la ville d’al-Karak. L’émir Shihāb al-Dīn ibn Ṣubḥ, gouverneur des wulāt de Ḥawrān, fut chargé de superviser les mangonneaux. L’émir Sayf al-Dīn Bahādur al-Awjaqī (2), surnommé Ḥalāwa, qui était gouverneur des campagnes de Damas, se rendit lui aussi en Ḥawrān afin d’administrer ces provinces.
Le vendredi dix-huitième, un différend éclata entre le vice-gouverneur et le juge shafiʿite au sujet d’une lettre venue d’Égypte, recommandant le juge as-Subkī susmentionné, à laquelle était joint un ordre le nommant khaṭīb (orateur) en plus de sa fonction de juge, ainsi qu’une robe d’honneur égyptienne. Le vice-gouverneur se mit alors en colère à cause des enfants d’al-Jalāl, car ils étaient nombreux et vivaient dans la pauvreté, et il avait interdit à ce juge de poursuivre de telles démarches. Ce jour-là, il lui déclara qu’il ne devait pas officier dans la tribune (ou fenêtre) al-Kamālī. Le juge se leva donc et alla prier à la madrasa al-Ghazāliyya (3).
Le dimanche vingtième, l’émir Sayf al-Dīn Urunbughā (4), gendre du sultan al-Malik an-Nāṣir, fit son entrée à Damas en passant, se rendant à Tripoli pour y assumer les fonctions de vice-gouverneur, accompagné d’un apparat somptueux, de montures d’apparat et de chevaux de réserve, ainsi que d’un équipement complet.
Le jeudi vingt-quatrième, l’émir Badr al-Dīn ibn al-Khaṭīrī arriva, démis de son poste de vice-gouverneur à Gaza la Protégée. Le matin, il participa au cortège aux côtés du vice-sultan, puis s’installa dans sa demeure, et les gens vinrent le saluer.
Le mardi treizième de Ṣafar, la ville fut ornée pour célébrer la guérison d’al-Malik aṣ-Ṣāliḥ, qui avait contracté une maladie et s’en était rétabli (5). Et le vendredi seizième, avant la prière de l’après-midi, arrivera un courrier d’Égypte convoquant le juge suprême (qāḍī al-quḍāt).