[Muhammad ibn Ahmad], le récitant malikite, imam des malikites (1), lui ainsi que son frère Abū ‘Amr (2), officiaient dans la Grande Mosquée omeyyade, au mihrab réservé aux Compagnons. Il décéda dans un verger à Qubbat as-Saḥf (3). La prière funéraire fut accomplie pour lui à l’oratoire, puis il fut inhumé près de son père – qu’Allah leur fasse miséricorde – dans le cimetière de Bāb aṣ-Ṣaghīr. Les notables, les juristes et les juges assistèrent à ses funérailles. C’était un homme pieux, unanimement reconnu pour sa religiosité et sa grandeur (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).
Le jeudi 20 Ṣafar, l’émir Aydaghmush, lieutenant du sultan à Damas, entra dans la ville par le côté de Qabūn, venant d’Alep. L’armée dans son ensemble l’accueillit, et il était revêtu de la robe d’investiture de la lieutenance. Les gens célébrèrent son arrivée en allumant des bougies ; les juifs et les chrétiens, soumis au statut de dhimmis, sortirent également pour l’accueillir en tenant des flambeaux et en priant pour lui. Ce fut un jour mémorable. Le vendredi, il pria dans la maqṣūra de la Grande Mosquée omeyyade, accompagné des émirs et des juges. Son acte d’investiture y fut lu sur la plate-forme, et il revêtait sa robe officielle. Il était accompagné de l’émir Sayf ad-Dīn Malaktamur as-Sarjawānī (4), qui portait également un habit d’investiture.
Le mardi 25 Ṣafar, l’émir ‘Alam ad-Dīn al-Jāwulī (5) entra dans la ville protégée de Damas, en route vers sa lieutenance à Ḥamā. Le lieutenant du sultan et les émirs l’accueillirent jusqu’à la mosquée de Qadam. Il poursuivit ensuite son chemin et s’installa à Qabūn. Les juges et les notables se rendirent à sa rencontre. On l’écouta lire le « Musnad ash-Shāfi‘ī », qu’il transmet lui-même, et auquel il a apporté un travail de classement que j’ai pu voir et qu’il a également commenté. Il a établi des fondations pieuses (awqāf) destinées aux shāfi‘ites et à d’autres.
Le vendredi 28 du même mois, une séance fut tenue après la prière, derrière la fenêtre al-Kamālī dans le sanctuaire dédié à ‘Uthmān, concernant le juge Fakhr ad-Dīn al-Miṣrī et Ṣadr ad-Dīn ‘Abd al-Karīm ibn le qāḍī Jalāl ad-Dīn al-Qazwīnī, au sujet de la « petite ‘Adiliyya ». Il fut convenu que Ṣadr ad-Dīn renonce à l’enseignement de ce lieu, et que Fakhr ad-Dīn renonce à cent cinquante (sur la mosquée).
Le dimanche, dernier jour du même mois, le juge Fakhr ad-Dīn al-Miṣrī se présenta et enseigna à la petite ‘Adiliyya. Les gens assistèrent à son cours comme à l’accoutumée, et il expliqua le verset : « Voilà que notre marchandise nous a été rendue » (Yūsuf, 65).
À la fin du mois de Rabī‘ al-Awwal, un décret parvint d’Égypte ordonnant qu’une expédition parte de Damas, accompagnée de l’émir Ḥusām ad-Dīn al-Bashmaqdār (6), pour assiéger Karak, où s’était retranché le sultan (7) Aḥmad. Celui-ci s’était emparé des fonds qu’il avait pris dans les trésors d’Égypte. On fit sortir la catapulte de la citadelle, jusque devant la mosquée