Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il n’y a aucun doute à ce sujet (1) : s’ils avaient su que ces gens-là avaient dormi plus de trois cents ans, puis s’étaient relevés tels qu’ils étaient, sans le moindre changement, alors Celui qui les a préservés ainsi est certainement capable de ressusciter les corps, même s’ils ont été rongés par les vers, et de redonner vie aux morts, même si leurs chairs et leurs os sont réduits en poussière. C’est une chose sur laquelle les croyants ne doutent pas.

(2) « Son ordre, lorsqu’Il veut une chose, consiste seulement à dire : “Sois !” et elle est. » [Yâ-Sîn : 82].

On peut comprendre que le pronom « afin qu’ils sachent » renvoie ici aux Gens de la Caverne eux-mêmes, car leur propre connaissance de ce qui leur est arrivé est plus grande que celle d’autrui. Il est aussi possible qu’il renvoie à tout le monde. Dieu est plus savant.

Puis, le Très-Haut dit : « Ils diront : “(Ils étaient) trois, le quatrième étant leur chien”, et ils diront : “(Ils étaient) cinq, le sixième étant leur chien”, en conjecturant sur l’inconnu ; et ils diront : “(Ils étaient) sept, le huitième étant leur chien.” » Ainsi, Il rapporte la divergence des gens sur leur nombre, mentionne trois opinions, affaiblit les deux premières et confirme la troisième. Cela montre donc qu’elle est la vraie. En effet, s’il y avait à dire autre chose, Il l’aurait citée, et si la troisième n’était pas correcte, Il l’aurait également réfutée. C’est la preuve de l’exactitude de ce que nous avons avancé (3).

Et comme discuter sur un tel sujet ne procure aucun réel avantage ni utilité, Dieu a orienté Son Prophète (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) vers la bonne manière de se comporter dans pareille situation, en disant : « Dieu en sait plus ». C’est pourquoi Il a dit : « Dis : “Mon Seigneur connaît mieux leur nombre.” » Et Sa parole : « Personne ne les connaît, hormis un petit nombre » signifie : seuls quelques-uns parmi les gens en ont la connaissance. « Ne discute donc à leur sujet que d’une manière apparente » : c’est-à-dire de façon simple, sans te lancer dans de longues controverses, et ne cherche pas à consulter qui que ce soit à propos de leur situation.

C’est pour cette raison qu’au début du récit, Dieu – exalté soit-Il – a passé leur nombre sous silence en disant : « Ce sont des jeunes hommes qui ont cru en leur Seigneur », car si le fait de préciser leur nombre avait comporté un grand avantage, Celui qui connaît l’Invisible et le visible l’aurait mentionné.

Puis Il dit : « Et ne dis jamais, à propos d’une chose : “Je vais le faire demain”, sans ajouter : “Si Dieu le veut.” Et rappelle-toi ton Seigneur quand tu oublies, et dis : “Il se peut que mon Seigneur me guide vers ce qui est plus droit que cela.” » Voilà un grand enseignement que Dieu a prescrit et recommandé à Ses serviteurs. Ainsi, lorsque l’on dit : “Je ferai telle chose plus tard”, il convient d’ajouter : “Si Dieu le veut”, afin de renforcer l’intention, car le serviteur ignore ce qui se passera demain et ne sait pas si ce qu’il projette est décrété ou non. Ce n’est pas une simple formule, mais une condition bien réelle. De ce fait, Ibn ‘Abbâs a dit que cette mention reste valable jusqu’à un an (4). Quant à certains cas, ils peuvent être différents, et on cite à ce propos l’histoire de Salomon (5) lorsqu’il dit : “Je passerai cette nuit avec soixante-dix (6) femmes…” etc.

(1) Le déplacement de la lettre initiale a été omis. (2) Al-Tabarî, Tafsîr, vol. 15, p. 149 ; et Ibn Kathîr, Tafsîr, vol. 3, p. 77. (3) C’est l’opinion d’Ibn ʿAbbâs. Comme dans le Tafsîr d’al-Tabarî (15/150) et celui d’Ibn Kathîr (3/78). (4) C’est-à-dire qu’il est correct d’exclure, même si la mention remonte à une année ; et lorsqu’Ibn ʿAbbâs dit à l’homme qui jure, il lui répondit qu’il pouvait exclure, même jusqu’à une année. Cela est rapporté par al-Tabarî dans son Tafsîr (15/151) et par Ibn Kathîr (3/79). (5) Déjà mentionné à la page 191 de ce volume. Le hadîth est extrait là-bas. (6) Dans le manuscrit B : « quatre-vingt-dix », ce qui est également une lecture.
لا ريب) (١) فيها إذا علموا أن هؤلاء القوم رقدوا أزيد من ثلاثمئة سنة ثمّ قاموا كما كانوا من غير تغير منهم، فإن من أبقاهم كما هُم قادر على إعادة الأبدان وإن أكلتها الديدان، وعلى إحياء الأموات وإن صارت أجسامهم وعظامهم رُفاتاً، وهذا مما لا يشك فيه المؤمنون (٢) ﴿إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ﴾ [يس: ٨٢] . هذا ويحتمل عود الضمير في قوله: ﴿لِيَعلَمُواْ﴾ إلى أصحاب الكهف، إذ علْمُهم بذلك من أنفسهم أبلغ من علم غيرهم بهم. ويحتمل أن يعود على الجميع. والله أعلم. ثمّ قال تعالى: ﴿سَيَقُولُونَ ثَلَاثَةٌ رَابِعُهُمْ كَلْبُهُمْ وَيَقُولُونَ خَمْسَةٌ سَادِسُهُمْ كَلْبُهُمْ رَجْمًا بِالْغَيْبِ وَيَقُولُونَ سَبْعَةٌ وَثَامِنُهُمْ كَلْبُهُمْ﴾ فذكر اختلافَ الناس في كميتهم، فحكى ثلاثة أقوال وضعّف الأوَّليْنِ وقرَّر الثالثَ، فدلّ على أنه الحقُّ، إذ لو قيل غير ذلك لحكاه، ولو لم يكن هذا الثالث هو الصحيح لوهَّاه، فدلّ على ما قلناه (٣) . ولمَّا كان النزاع في مثل هذا لا طائل تحته ولا جدوى عنده أرشد نبيه ﷺ إلى الأدب في مثل هذا الحال إذا اختلف الناس فيه أن يقول: الله أعلم. ولهذا قال: ﴿قُلْ رَبِّي أَعْلَمُ بِعِدَّتِهِمْ﴾. وقوله: ﴿مَا يَعْلَمُهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ﴾ أي: من الناس. ﴿فَلَا تُمَارِ فِيهِمْ إِلَّا مِرَاءً ظَاهِرًا﴾ أي: سَهلا، ولا تتكلف أعمال الجدال في مثل هذا الحال ولا تَسْتَفْتِ في أمْرِهم أحداً من الرجال. ولهذا أبهَم اللّه تعالى عدَّتَهم في أوَّلِ القِصة فقال: ﴿إِنَّهُم فِتيَةُ ءَامَنُوْا بِرَبِّهِم﴾ ولو كان في تعيُّن عدَّتهم كبير فائدة لذكرها عالم الغيب والشهادة. وقوله تعالى: ﴿وَلَا تَقُولَنَّ لِشَيْءٍ إِنِّي فَاعِلٌ ذَلِكَ غَدًا (٢٣) إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ وَاذْكُرْ رَبَّكَ إِذَا نَسِيتَ وَقُلْ عَسَى أَنْ يَهْدِيَنِ رَبِّي لِأَقْرَبَ مِنْ هَذَا رَشَدًا﴾ أدب عظيم أرشده الله تعالى إليه وحَثّ خلقه عليه، وهو ما إذا قال أحدهم: إني سأفعل في المستقبل كذا، فيشرع له أن يقول: إن شاء الله، ليكون ذلك تحقيقاً لعزمه، لأن العبدَ لا يعلم ما في غدٍ، ولا يدري أهذا الذي عَزَم عليه مقدَّرٌ أم لا، وليس هذا الاستثناء تعليقاً وإنما هو الحقيقي، ولهذا قال ابن عباس إنه يصح إلى سنة (٤) ولكن قد يكون في بعض المحال لهذا، ولهذا كما تقدّم في قصّة سليمان (عليه السلام) (٥) حين قال: لأطوفنَّ الليلةَ على سبعين (٦) امرأةً تلد كل
(١) سقطت من ب بنقلة عين. (٢) تفسير الطبري (١٥/ ١٤٩)، وتفسير ابن كثير (٣/ ٧٧). (٣) وهذأ رأي ابن عباس ﵁ . كما في تفسير الطبري (١٥/ ١٥٠)، وابن كثير (٣/ ٧٨). (٤) أي يصح أن يستثني ولو تذكر إلى سنة، وقول ابن عباس في الرجل يحلف، قال له أن يستثني ولو إلى سنة. أورده الطبري في تفسيره (١٥/ ١٥١)، وابن كثير (٣/ ٧٩). (٥) تقدم في الصفحة (١٩١) من هذا الجزء. وتخرج الحديث ثمة. (٦) في ب: تسعين، وهي رواية أيضاً.

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