Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La mort de notre maître, le ḥâfiẓ Aboû l-Ḥajjâj al-Mizzi (1) : il tomba malade durant quelques jours, d’une maladie qui ne l’empêchait pas d’assister à la prière en congrégation, de suivre les cours et de transmettre le ḥadîth. Le vendredi 11 Ṣafar, il transmit le ḥadîth jusqu’à l’approche de l’heure de la prière, puis il rentra chez lui pour faire ses ablutions et se rendre à la prière. C’est alors qu’il fut pris d’une violente colique interne : il pensa d’abord à une crise de colique néphrétique, alors qu’il s’agissait en réalité de la peste. Il ne put donc pas assister à la prière. Une fois celle-ci achevée, on m’informa qu’il était alité ; j’allai le voir et, en entrant, je le trouvai pris de tremblements violents causés par l’intensité de la douleur. Je l’interrogeai sur son état ; il ne cessait de répéter « louange à Dieu ». Puis il m’informa qu’il souffrait terriblement. Il accomplit malgré tout la prière de dhouhr lui-même, se rendit au lieu d’ablution et fit ses ablutions avec détermination, malgré les douleurs insistantes. Cette situation se prolongea jusqu’au lendemain, samedi. À l’heure de la prière de dhouhr, je n’étais pas auprès de lui, mais sa fille Zaynab, qui est mon épouse, nous raconta que, lorsque l’on appela la prière de dhouhr, son esprit se troubla légèrement. Elle lui dit alors : « Ô mon père, l’appel à la prière de dhouhr a retenti. » Il évoqua Dieu et déclara : « Je veux prier. » Il effectua le tayammum puis pria, avant de s’allonger. Il se mit ensuite à réciter le Verset du Trône (Âyat al-Kursî), jusqu’à ce que sa langue ne parvienne plus à le prononcer, puis son âme fut rappelée à Dieu entre les deux prières, le samedi 12 Ṣafar. Il ne fut pas possible de procéder à ses funérailles durant la nuit. Le lendemain, dimanche 13 Ṣafar, au matin, il fut lavé, enveloppé dans son suaire et on pria sur lui dans la Grande Mosquée des Omeyyades (al-Jâmi‘ al-Umawî). Les juges, les notables et une foule innombrable assistèrent à ses funérailles. Son cortège funèbre sortit par la porte an-Naṣr. Le représentant du sultan, l’émir ‘Alâ’ ad-Dîn Al-Ṭanbuğâ, accompagné du dîwân du sultan, du ṣâḥib, du kâtib as-sirr et d’autres émirs, sortirent également et firent la prière funéraire sur lui à l’extérieur de la porte an-Naṣr, sous la direction du juge Taqî ad-Dîn as-Subkî ach-Châfi‘î, qui avait déjà dirigé la prière funéraire sur lui à l’intérieur de la mosquée. On emporta ensuite sa dépouille vers le cimetière des soufis, où il fut inhumé aux côtés de son épouse, une femme pieuse qui avait mémorisé le Livre de Dieu, ‘Â’icha bint Ibrâhîm ibn Ṣudayq, à l’ouest de la tombe du cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya (– qu'Allah soit satisfait d'eux –) — qu’ils reposent tous dans la miséricorde divine.

Événement très singulier : Le mercredi 30 Ṣafar, un émir venu d’Égypte arriva, apportant l’acte d’allégeance (al-bay‘a) au roi al-Achraf ‘Alâ’ ad-Dîn Kujuk (2), fils du roi an-Nâṣir, pour le reconnaître après son frère al-Mansûr. Cette décision fut prise en raison des actes qui lui furent attribués, parmi lesquels la consommation de boissons enivrantes, la fréquentation d’actes répréhensibles, l’adoption de conduites indignes et la fréquentation de personnes douteuses, parmi elles des jeunes gens (mardân) et d’autres encore.

(1) Il s'agit de Jamāl al-Dīn Yūsuf ibn al-Zakī ʿAbd al-Raḥmān ibn Yūsuf ibn ʿAbd al-Malik ibn Yūsuf al-Qaḍāʿī, puis al-Kalbī al-Ḥalabī, enfin al-Dimashqī al-Muzzi. Sa biographie se trouve dans le Dhayl, p. 229, dans les al-Wafayāt d'Ibn Rāfiʿ (1/395-398), dans les Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya (6/251), al-Fawāt (4/353), ad-Durar al-Kāmina (4/457), an-Nujūm (10/76), ad-Dāris (1/35), ash-Shadharāt (6/136), ainsi que dans l’introduction du Dr Bachar ʿAwwād connue dans le livre « Tahdhīb al-Kamāl ». (2) Dans l’édition faut-il noter « Kaḥk » avec un ḥāʾ non aspiré, ce qui semble être une normalisation ; nous avons retenu ce qui figure dans le Dhayl, p. 226, et dans an-Nujūm (10/21). C’est un terme d’origine étrangère signifiant "petit", et il avait alors cinq ans. Il a aussi été avancé « moins de sept ans ».
وفاة شيخنا الحافظ أبي الحجَّاج المِّزي (١) : تمرَّض أيامًا يسيرة مرضًا لا يشغَلُه عن شهود الجماعة، وحضور الدروس، وإسماع الحديث، فلما كان يوم الجمعة حادي عشَرَ صفر أسمع الحديث إلى قريب وقت الصّلاة، ثم دخل منزله ليتوضّأ ويذهبَ للصَّلاة، فاعترضه في باطنه مغص عظيم، ظن أنَّه قُولنج، وما كان إلا طاعون، فلم يقدر على حضور الصَّلاة، فلما فرغنا من الصلاة أُخبرتُ بأنَّه منقطع، فذهبت إليه فدخلت عليه فإذا هو يرتعدُ رعدةً شديدة من قوة الألم الذي هو فيه، فسألته عن حاله فجعل يكرر الحمد للَّه، ثم أخبرني بما حصل له من المرض الشديد، وصلى الظهر بنفسه، ودخل إلى الطهارة وتوضأ على البركة، وهو في قوة الوجع، ثم اتصل به هذا الحال إلى الغد من يوم السبت، فلما كان وقت الظهر لم أكن حاضره إذ ذاك، لكن أخبرتنا بنته زينب زوجتي أنه لما أذن الظهر تغير ذهنه قليلًا، فقالت: يا أبة أذن الظهر، فذكر اللَّه وقال: أريد أن أصلي فتيمم وصلى ثم اضطجع فجعل يقرأ آية الكرسي حتى جعل لا يفيض بها لسانه ثم قُبضَتْ روحُه بين الصَّلاتين، (رحمه الله) يوم السبت ثاني عَشَرَ صفرٍ، فلم يمكنْ تجهيزه تلك الليلة، فلمّا كان من الغد يوم الأحد ثالثَ عشرَ صفر صبيحة ذلك اليوم، غُسّل وكُفّن وصُلّي عليه بالجامع الأموي، وحضر القضاة والأعيان وخلائق لا يحصون كثرة، وخُرج بجنازته من باب النصر، وخرج نائبُ السَّلطنة الأمير علاء الدين ألْطَنْبُغَا ومعه ديوان السلطان، والصاحب وكاتب السر وغيرهم من الأمراء، فصلوا عليه خارج باب النصر، أمّهم عليه القاضي تقي الدين السُّبكي الشافعي، وهو الذي صلَّى عليه بالجامع الأموي، ثم ذُهب به إلى مقابر الصوفية فدُفن هناك إلى جانب زوجته المرأة الصالحة الحافظة لكتاب اللَّه، عائشة بنت إبراهيم بن صُدَيْق، غربي قبر الشيخ تقي الدين بن تيمية (رضي الله عنهم) أجمعين. كائنة غريبة جدًا قدم يوم الأربعاء الثلاثين من صفر أمير من الديار المصرية ومعه البيعة للملك الأشرف علاء الدين كُجُك (٢) بن الملك الناصر، وذلك بعد أخيه المنصور، لما صدرَ عنه من الأفعال التي ذُكر أنَّه تعاطاها من شرب المسكر وغشيان المنكرات، وتعاطي ما لا يليق به، ومعاشرة الخاصكية من المردان وغيرهم،
(١) هو جمال الدين يوسف بن الزكي عبد الرحمن بن يوسف بن عبد الملك بن يوسف القضاعي ثم الكلبي الحلبي ثم الدمشقي المزِّي. ترجمته في الذيل ص (٢٢٩) والوفيات لابن رافع (١/ ٣٩٥ - ٣٩٨) وطبقات الشافعية (٦/ ٢٥١) والفوات (٤/ ٣٥٣) والدرر الكامنة (٤/ ٤٥٧) والنجوم (١٠/ ٧٦) والدارس (١/ ٣٥) والشذرات (٦/ ١٣٦)، ومقدمة الدكتور بشار عواد معروف لكتاب "تهذيب الكمال". (٢) في ط: كحك بالحاء المهملة ولعلّه تطبيع، وأثبتنا ما في الذيل ص (٢٢٦) والنجوم (١٠/ ٢١) وهي كلمة أعجمية معناها الصغيّر، وكان له من العمر خمس سنوات، وقيل: دون السّبع.

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