Burhân al-Dîn az-Zur‘î assista à la réunion en présence des Maqâdisa et des grands savants hanbalites, tandis que les habitants de la cité ne purent y participer en raison des fortes pluies et de la boue qui régnaient ce jour-là.
L’achèvement de la construction du minaret oriental de la Grande Mosquée des Omeyyades eut lieu durant les dix derniers jours de Ramadan. Les gens admirèrent son édification et sa perfection, et certains déclarèrent qu’il ne s’était jamais bâti dans l’islam de minaret semblable, louange à Dieu. Beaucoup d’entre eux furent convaincus, dans l’ensemble de leurs suppositions, qu’il s’agissait de la « minaret blanche orientale » dont parle le hadith rapporté par an-Nawwâs ibn Sam‘ân au sujet de la descente de ‘Îsâ ibn Maryam (– paix sur lui –) sur la minaret blanche à l’est de Damas (1). Il se peut que l’énoncé du hadith ait été altéré par certains transmetteurs, alors qu’en vérité il se référait à la minaret orientale de Damas. Celle-ci est couramment appelée « l’Orientale », par opposition à sa jumelle « l’Occidentale », et Dieu (– glorifié et exalté soit-Il –) sait mieux.
Exécution d’al-Dakkâlî (2) : Le mardi, dernier jour du mois de Shawwâl, se tint un conseil à Dâr al-‘Adl, dans la Dâr as-Sa‘âda. J’y assistai ce jour-là, en présence des juges et des notables réunis comme à l’accoutumée. On fit comparaître ‘Uthmân ad-Dakkâlî – que Dieu le déshonore –, et il fut accusé de proférer des propos gravissimes, pires encore que ceux rapportés à propos de Hallâj (3) ou d’Ibn Abî al-‘Azâqir ash-Shalmaghânî (4). Des témoins établirent qu’il réclamait la divinité – que Dieu le maudisse –, outre d’autres blasphèmes à l’encontre des prophètes, ainsi que sa proximité avec des individus suspects, comme les Bâjarbaqiyya (5) et d’autres adeptes de la doctrine de l’« union » (ittihâd), sur qui pèsent tous les anathèmes divins. Durant le conseil, il injuria le juge hanbalite et, pour cette raison, fut déclaré apostat selon les malikites également. Il prétendit avoir des griefs contre certains témoins, mais ces récriminations furent rejetées, et il retourna en prison, enchaîné et déshonoré, pour que Dieu, par Sa force et Son soutien, en vînt à bout.
Le mardi vingt-et-unième jour du mois de Dhû al-Qa‘da, ‘Uthmân ad-Dakkâlî fut amené à nouveau à Dâr as-Sa‘âda et présenté devant les émirs et les juges. Lorsqu’on l’interrogea sur les prétendues failles concernant les témoins, il fut incapable de les démontrer, si bien qu’il fut reconnu coupable. On demanda alors au juge malikite de prononcer la sentence : il loua Dieu, Le glorifia, pria sur Son Messager, et décréta qu’il devait être exécuté par l’épée, fût-ce même s’il se repentait. On le conduisit donc et on lui trancha la tête à Damas, sur la place du marché aux chevaux, tandis que l’on proclamait : « Voici la rétribution réservée à quiconque suit la doctrine de l’ittihâd. » Ce fut un jour mémorable à Dâr as-Sa‘âda, en présence de nombreux notables et savants ; parmi eux se trouvaient notre maître, l’exégète et spécialiste du hadith Jamâl ad-Dîn al-Mizzî, ainsi que notre maître, le hâfizh Shams ad-Dîn adh-Dhahabî. Ils prirent la parole, encouragèrent bien vivement la poursuite de l’affaire et attestèrent la notoriété de l’hérésie de l’accusé, de même que le shaykh