Il marcha sur Barza avec son armée et ceux qui l’accompagnaient. Puis il se rendit à Alep la préservée pour y exercer la fonction de gouverneur, en remplacement d’Al-Ṭanbughā qui en avait été relevé (1).
Décès de Muḥammad (2) ibn Tammām : Le matin du jeudi 13 Rabīʿ al-Awwal, on annonça dans la ville la levée du convoi funèbre du cheikh vertueux, dévot et ascète exemplaire, le cheikh Muḥammad [ibn Aḥmad ibn Tammām ibn Ḥassān al-Tallī al-Ṣāliḥī] (3), décédé à al-Ṣāliḥiyya. Les gens se rendirent à sa cérémonie funéraire à la mosquée al-Muẓaffarī, et ils se rassemblèrent pour la prière de ẓuhr, si bien que cette mosquée ne put contenir la foule. Les fidèles prièrent alors dans les ruelles et aux abords de al-Ṣāliḥiyya. L’assemblée était nombreuse : on n’avait pas vu de funérailles semblables depuis celles du cheikh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya, tant étaient nombreux les hommes et les femmes, ainsi que les juges, les notables et les émirs, en plus de la population générale qui frôlait les vingt mille personnes. Les gens attendirent le vice-sultan, mais celui-ci était occupé par une lettre qui lui était parvenue d’Égypte. Ainsi, le cheikh dirigea la prière funéraire après la prière de ẓuhr à la mosquée al-Muẓaffarī. Le défunt fut inhumé auprès de son frère dans un cimetière situé entre la tombe d’al-Muwaffaq et celle du cheikh Abū ʿUmar (4), qu’Allah leur fasse miséricorde comme à nous.
Décès de ʿĀʾisha (5), épouse (6) du cheikh al-Mizzī (7) : Au début du mois de Jumādā al-Ūlā, mourut la pieuse cheikha, adoratrice, savante et lectrice du Coran, Umm Fāṭima ʿĀʾisha bint Ibrāhīm ibn Ṣidq, épouse de notre maître, le ḥāfiẓ Jamāl al-Dīn al-Mizzī, dans la soirée du mardi qui marquait le début de ce mois. On pria pour elle à la mosquée le matin du mercredi, puis elle fut inhumée au cimetière des Soufis, à l’ouest de la tombe du cheikh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde). Elle était sans pareille parmi les femmes de son temps, tant elle était assidue dans l’adoration, la récitation et l’enseignement du Saint Coran, qu’elle récitait avec éloquence et justesse, d’une manière dont beaucoup d’hommes auraient été incapables. Elle fit achever l’apprentissage (khatma) à de nombreuses femmes, qui bénéficièrent de sa piété, de sa religiosité, de son ascétisme et de son détachement des biens de ce monde. Elle vécut plus de quatre-vingts ans, qu’elle consacra à l’obéissance à Dieu par la prière et la récitation. Le cheikh lui prodiguait sa bienveillance et lui obéissait, ne s’opposant guère à elle en raison de son vif amour, conforme à la nature et à la Loi. Qu’Allah lui fasse miséricorde, sanctifie son âme et illumine sa tombe. Amīn.
Le mercredi 21 du même mois, la fonction d’enseignement à l’école du cheikh Abū ʿUmar, au pied du mont Qāsiyūn, fut confiée au cheikh imām Shamṣ al-Dīn Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd al-Hādī al-Maqdisī al-Ḥanbalī, pour assurer l’enseignement dit “al-Baktamurī”, en remplacement du cadi.