Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les royaumes ont traversé de nombreux changements, les pays et leurs habitants se sont transformés. La génération à laquelle ils appartenaient a disparu, suivie par d’autres qui ont également passé, puis sont venus encore d’autres. Ainsi, lorsque l’un d’eux, désigné sous le nom de Theodosius (1) selon ce qui est rapporté, sortit et se rendit en ville en se dissimulant pour ne pas être reconnu de son peuple, il constata que la contrée s’était métamorphosée, au point que ceux qui le voyaient parmi les habitants ne le reconnaissaient pas et trouvaient son apparence, sa description et sa monnaie étranges.

On raconte alors qu’ils le conduisirent devant leur administrateur, craignant qu’il ne fût un espion ou qu’il n’eût une intention cachée dont ils redoutaient le danger. On dit qu’il s’enfuit ; d’autres affirment plutôt qu’il leur raconta son histoire, ainsi que celle de ses compagnons, et ce qui leur était arrivé. Ils partirent donc avec lui pour qu’il leur montrât l’endroit où ils se trouvaient. Lorsqu’ils furent proches de la caverne, il y entra pour informer ses frères de la réalité de leur situation et de la durée de leur sommeil. Ils surent alors que c’était une affaire décrétée par Dieu. On rapporte d’une part qu’ils demeurèrent endormis, et d’autre part qu’ils moururent ensuite.

Quant aux habitants de la ville, on dit qu’ils ne parvinrent pas à localiser précisément le lieu de la grotte, car Dieu le leur cacha. Il est également dit qu’ils ne furent pas capables d’y pénétrer réellement, soit par incapacité matérielle, soit par vénération à leur égard. Les avis divergent à leur sujet : certains disent, à propos du verset « Construisez sur eux un édifice », qu’il fallait boucher l’entrée de la caverne pour qu’ils ne puissent en sortir ou pour que rien ne leur porte atteinte. D’autres, qui prévalurent dans cette décision, déclarèrent : « Nous allons certainement ériger sur eux un sanctuaire », c’est-à-dire un lieu de culte béni du fait de la proximité de ces vertueux. Cette pratique était répandue parmi ceux qui nous ont précédés. Cependant, dans notre Législation, il est établi dans les deux recueils authentiques (al-Bukhârî et Muslim) que le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) a dit : « Qu’Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens qui ont pris les tombes de leurs prophètes comme oratoires », pour dissuader de suivre leur exemple.

En ce qui concerne la parole divine : « Et c’est ainsi que Nous les avons fait découvrir afin qu’ils sachent que la promesse de Dieu est vérité et que l’Heure ne fait aucun doute », le terme “أَعْثَرْنَا” signifie : Nous avons dévoilé leur histoire aux gens. De nombreux exégètes expliquent que c’est pour que les hommes réalisent que la résurrection est une réalité et que l’Heure ne souffre d’aucun doute.

(1) C'est ainsi dans les Fondements. Ibn Jarir a mentionné dans son Tafsir (15/143-144) que Théodose était le roi régnant à ce moment-là, tandis que le jeune homme que ses compagnons de la caverne ont envoyé s'appelait Yimīnḥā. Il a également été mentionné, et dans certaines versions : Yimlīkhā. (2) Dans le manuscrit Ṣawla. Il s'agit d'une déformation. (3) Dans le manuscrit B : al-Qarya (le village). (4) Tafsir al-Ṭabarī (15/142) et suivants. (5) Al-Ṭabarī a indiqué que ceux qui tiennent cet avis sont controversés ; certains disent qu'il s'agit des musulmans, d'autres disent qu'il s'agit des mécréants. Voir son Tafsir (15/149). (6) Rapporté par al-Bukhārī : numéro (435-437) dans la prière, chapitre (55) (la prière lors de la cérémonie d'allégeance), numéro (1330) dans les funérailles, chapitre sur ce qui est détestable au sujet de la construction de mosquées sur les tombes, et numéro (1390) chapitre sur ce qui a été rapporté concernant la tombe du Prophète ﷺ, par la voie de ‘Ā’icha, que Dieu soit satisfait d’elle. Muslim (530) et (531) dans les mosquées, chapitre de l'interdiction de construire des mosquées sur les tombes, et sa parole : « Il met en garde contre ce qu'ils ont fait ». Ceci est mentionné dans Fath al-Bārī (1/532) à ce sujet. Sa parole : « Il met en garde contre ce qu'ils ont fait » est une autre phrase indépendante de la parole du narrateur, comme s'il avait été interrogé sur la sagesse de mentionner cela à ce moment-là et il a répondu ainsi.
وقد تبدَّلت الدول أطواراً عديدةً، وتغيَّرت البلاد ومن عليها، وذهب أولئك القرن الذين كانوا فيهم، وجاء غيرُهم، وذهبوا وجاء غيرهم، ولهذا لما خرج أحدُهم وهو تيذوسيس (١) فيما قيل، وجاء إلى المدينة متنكراً لئلا يعرفه أحد من قومه فيما يحسبه تنكرت له البلاد واستنكره من يراه من أهلها واستغربوا شكله وصفته ودراهمه، فيقال: إنهم حملوه إلى متولِّيهم وخافوا من أمره أن يكون جاسوساً أو تكون له طوية (٢) يخشون من مضرتها فيقال: إنه هرب منهم. ويقال: بل أخبرهم خبرَه ومن معه وما كان من أمرهم، فانطلقوا معه ليُريهم مكانَهم، فلما قربوا من الكهف دخل إلى إخوانه فأخبرهم حقيقَة أمرهم ومقدار ما رقدوا، فعلموا أن هذا أمرٌ قدَّره الله، فيقال: إنهم استمرُّوا راقدين، ويقال: بل ماتوا بعد ذلك. وأما أهل البلدة (٣) فيقال: إنهم لم يهتدوا إلى موضعهم من الغار، وعمَّى الله عليهم أمرهم، ويقال: لم يستطيعوا دخوله حِسّاً، ويقال: مهابةً لهم (٤) . واختلفوا في أمرهم: فقائلون يقولون: ﴿ابْنُوا عَلَيْهِمْ بُنْيَانًا﴾ أي: سدُّوا عليهم بابَ الكهف لئلا يخرجوا أو لئلا يصلَ إليهم ما يؤذيهم. وآخرون، وهم الغالبون على أمرهم، قالوا: ﴿لَنَتَّخِذَنَّ عَلَيْهِمْ مَسْجِدًا﴾ أي: معبداً يكون مباركاً لمجاورته هؤلاء الصالحين (٥) . وهذا كان شائعاً فيمَن كان قبلنا، فأما في شَرْعنا، فقد ثبت في " الصحيحين " عن رسول الله ﷺ أنه قال: " لَعَنَ اللّهُ اليهودَ والنصارَى اتّخذُوا قبورَ أنبيائهم مساجدَ " يُحذِّرُ ما فعلوا (٦) . وأما قوله تعالى: ﴿وَكَذَلِكَ أَعْثَرْنَا عَلَيْهِمْ لِيَعْلَمُوا أَنَّ وَعْدَ اللَّهِ حَقٌّ وَأَنَّ السَّاعَةَ لَا رَيْبَ فِيهَا﴾ (فمعنى أعثرنا: أطلعنا على أمرهم الناس. قال كثير من المفسرين: ليعلم الناسُ أن المعاد حقٌّ وأن الساعة
(١) كذا في الأصول. وقد ذكر ابن جرير في تفسيره (١٥/ ١٤٣ و ١٤٤). أن تيذوسيس هو الملك الذي كان حاكماً وقتئذٍ، أما الفتى الذي أرسله أصحابه من الكهف فهو يمينحا. كما ذكر وفي بعض النسخ: يمليخا. (٢) في ط: صولة. وهو تحريف. (٣) في ب: القرية. (٤) تفسير الطبري (١٥/ ١٤٢). وما بعدها. (٥) أشار الطبري إلى أن قائلي هذا الرأي مختلف فيهم، فقيل: هم المسلمون، وقيل: هم الكفار. تفسيره (١٥/ ١٤٩). (٦) أخرجه البخاري: برقم (٤٣٥ - ٤٣٧)، في الصلاة، باب (٥٥) (الصلاة في البيعة)، ورقم (١٣٣٠)، في الجنائز، باب ما يكره من اتخاذ المساجد على القبور، ورقم (١٣٩٠) باب ما جاء في قبر النبي ﷺ ، من طريق عائشة رضي (عليه السلام) عنها. ومسلم (٥٣٠) و (٥٣١) في المساجد، باب النهي عن بناء المساجد على القبور، وقوله: يحذّر ما فعلوا. ورد في فتح الباري (١/ ٥٣٢) وفيه. وقوله: يحذر ما صنعوا جملة أخرى مستأنفة من كلام الراوي، كأنه سئل عن حكمة ذكر ذلك في ذلك الوقت فأجيب بذلك.

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