Son œuvre s’intitule (At-Talkhîṣ fî ‘Ulûm al-Balâghah) (1). Il y abrégea «Al-Miftâḥ» d’as-Sakkâkî (2). Il réunissait toutes les vertus. Il mourut alors qu’il avait près de soixante-dix ans, voire plus (3).
[Et parmi ceux qui décédèrent cette année, un dimanche, le quatrième jour de dhul-ḥijjah, il y eut] le shaykh, l’imâm, le ḥâfiẓ Ibn al-Barzâlî : ʿIlm ad-Dîn Abû Muḥammad al-Qâsim (4) ibn Muḥammad ibn al-Barzâlî, historien du Shâm de rite shâfiʿite. Né en l’an 665 de l’Hégire, l’année même du décès du shaykh Abû Shâmah, il composa une chronique à laquelle il annexa celle du shaykh Shihâb ad-Dîn, depuis la mort de ce dernier et la naissance d’al-Barzâlî jusqu’à son propre décès au cours de cette année. Il mourut en état d’iḥrâm (5). On procéda alors à ses ablutions rituelles, on l’enveloppa dans un linceul sans couvrir sa tête, puis les gens le portèrent sur le cercueil en pleurant autour de lui. Ce fut un jour mémorable. Il avait reçu l’enseignement de plus d’un millier de shuyûkh, et le muḥaddith Shams ad-Dîn ibn Saʿd avait composé pour lui une «Mashyakha» qu’il ne put mener à terme. Al-Barzâlî étudia beaucoup, transmit beaucoup, avait une belle écriture et un noble caractère. Il était apprécié des juges ainsi que de ses maîtres parmi les savants.
J’ai entendu l’érudit Ibn Taymiyya dire : « La transmission d’al-Barzâlî est comme un burin gravé dans la pierre. »
Ses compagnons, issus de tous les horizons, l’aimaient et l’honoraient. Il eut des enfants qui moururent avant lui. Sa fille Fâṭima recopia le Ṣaḥîḥ al-Bukhârî en treize volumes, et il confronta sa copie pour elle. Il en assurait également la lecture auprès du ḥâfiẓ al-Mizzî sous la coupole, si bien que son exemplaire devint une source de référence d’où les gens recopiaient. Il fut maître de ḥadîth à la Nûriyya, et il légua ses livres à la Dâr al-Ḥadîth as-Sayfiyya (6), à la Dâr al-Ḥadîth al-Qûṣiyya, à la grande mosquée et ailleurs, ainsi que sur les chaires destinées au ḥadîth. C’était un homme humble, apprécié, doué d’affabilité envers les gens. Il s’éteignit à l’âge de soixante-quatorze ans, qu’Allah lui fasse miséricorde.