Parmi ceux qui moururent cette année-là parmi les notables :
Au cours du mois de mouharram, l’éminent savant et qâdî al-qudât (juge suprême) Fakhr ad-Dîn : ‘Othmân (1) ibn az-Zayn ‘Alî ibn ‘Othmân al-Halabî, fils du Khatîb de Jabrîn (2), de rite shaféite. Il exerça la fonction de juge à Alep et fut un imâm qui composa un « Commentaire du Mukhtasar d’Ibn al-Hâjib » en fiqh, ainsi qu’un commentaire du « Badî‘ » d’Ibn as-Sâ‘âtî. Il jouissait d’un savoir abondant et laissa de remarquables écrits. Il fut à la tête d’Alep après la destitution du shaykh Ibn an-Naqîb, puis le sultan le réclama, et il mourut avec son fils al-Kamâl à l’âge de plus de soixante-dix ans (3).
Parmi les défunts de la même année figure également le qâdî al-qudât Jalâl ad-Dîn Muhammad (4) ibn ‘Abd ar-Rahmân al-Qazwînî (5), de rite shaféite. Il arriva à Damas, avec son frère, à l’époque des Tatars, depuis ses contrées d’origine, après l’an 690 [de l’Hégire], tous deux étant de grands savants. Il enseigna à Imâm ad-Dîn (6) dans la turba d’Umm aṣ-Ṣâliḥ, tandis que Jalâl ad-Dîn fut répétiteur à la Bâdarâ’iyya auprès du shaykh Burhân ad-Dîn, fils du shaykh Tâj ad-Dîn, éminent maître shaféite. Puis leur situation évolua au point qu’Imâm ad-Dîn se vit confier la magistrature de rite shaféite à Damas, poste ôté des mains du juge Badr ad-Dîn ibn Jamâ‘a. Ensuite, il s’enfuit en l’an de Ghâzân en Égypte, avec la population, et y mourut. Ibn Jamâ‘a retrouva alors ses fonctions de juge. La fonction d’imâm-khatîb de la ville se libéra l’an 703 [H], et Jalâl ad-Dîn en fut investi. Il devint par la suite juge de Damas en l’an 725, cumulant alors la fonction de prédicateur. Puis, en l’an 727, il fut transféré en Égypte, après que le qâdî al-qudât Badr ad-Dîn ibn Jamâ‘a eut perdu l’usage de ses yeux. En l’an 738, le sultan an-Nâṣir se retourna contre lui pour des raisons longues à exposer, et l’exila au Šām (Grande Syrie). Or, c’est à cette époque qu’advint la mort du qâdî al-qudât Shihâb ad-Dîn ibn al-Majd ‘Abd Allâh, comme on l’a mentionné plus haut. Le sultan le nomma de nouveau juge du Šām, pour le ramener à ses anciennes fonctions. Il désigna son fils Badr ad-Dîn comme son adjoint, ce dernier étant le khatîb (prédicateur) de Damas. Jalâl ad-Dîn mourut à la fin de cette même année (7) et fut inhumé à as-Ṣûfiyya.
Il excellait dans les sciences du ma‘ânî (sémantique) et du bayân (rhétorique), émettait de nombreuses fatwas et laissa des écrits sur la science du ma‘ânî, dont un ouvrage réputé.