Ibrâhîm ibn Jamâʿa, quant au ḥanafite, il s’agit du qâḍî al-quḍât (juge suprême) Ḥusâm al-Dîn al-Ghawrî, Ḥasan ibn Muḥammad ; pour le mālikite, c’est Taqî al-Dîn al-Akhnaʾî ; et pour le ḥanbalite, il s’agit de Muwaffaq al-Dîn ibn Muḥammad al-Maqdisî.
Le représentant de Damas (ash-Shām) fut l’émir Sayf al-Dîn Tankiz. Les qâḍîs (juges) sous son autorité étaient : Jalâl al-Dîn al-Qazwînî, le shafiʿite, révoqué de son poste en Égypte, le ḥanafite ʿImâd al-Dîn aṭ-Ṭarsūsî, le mālikite Sharaf al-Dîn al-Hamdânî ainsi que le ḥanbalite ʿAlâʾ al-Dîn ibn al-Munajja at-Tanūkhî.
Parmi les événements de cette année-là, on compte l’achèvement de Dâr al-Ḥadîth as-Sukkariyya. La charge de shaykh de la transmission prophétique (ḥadîth) y fut confiée au shaykh, à l’imām, au ḥâfiẓ et historien de l’islam, Shams al-Dîn Muḥammad ibn Aḥmad adh-Dhahabî. Trente spécialistes du ḥadîth y furent nommés, chacun recevant un salaire mensuel de sept dirhams et d’un demi-ratl de pain. Le shaykh percevait trente dirhams et un ratl de pain. De plus, on y installa trente personnes pour la récitation du Coran, réparties par groupes de dix sous la direction d’un shaykh. Chacun des lecteurs bénéficiait du même traitement que les spécialistes du ḥadîth. On nomma également un imām, un réciteur de ḥadîth ainsi que des adjoints ; le réciteur de ḥadîth touchait vingt dirhams et huit uqiyyas de pain. Le bâtiment, de par son agencement et sa construction, était d’une grande beauté et faisait face à Dâr adh-Dhahab, érigée par le fondateur, l’émir Tankiz.
Plusieurs biens lui furent consacrés en waqf (fondation pieuse). Parmi eux figurent le souk des qashshâshiyyîn, situé à Bâb al-Faraj et mesurant vingt coudées d’est en ouest (ainsi nommé dans l’acte de dotation), Baydar Zubdayn, et un hammām (bain) à Ḥimṣ (Homs), connu sous le nom de « vieux hammâm ». D’autres parts de terres dans divers villages lui furent également attribuées, mais on ne conserva effectivement que le souk des qashshâshiyyîn, Baydar Zubdayn et le hammâm de Ḥimṣ.
C’est également en cette année que le qâḍî Taqî al-Dîn ʿAlî ibn ʿAbd al-Kâfî as-Subkî, de rite shafiʿite, arriva d’Égypte pour officier en tant que magistrat à Damas et ses environs, suscitant la joie de la population. Les gens vinrent le saluer en considération de son savoir, de sa piété et de son intégrité. Il s’installa à al-ʿAdiliyya al-Kubrâ, selon la coutume de ses prédécesseurs, et enseigna à al-Ghazâliyya et à l’Atâbikiyya. Il désigna son cousin, le qâḍî Bahâʾ al-Dîn Abū al-Baqâʾ, pour le suppléer, puis nomma ensuite son autre cousin, Abū al-Fatḥ. Sa prise de fonction en Syrie eut lieu après la mort du qâḍî al-quḍât Jalâl al-Dîn Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥîm al-Qazwînî (shafiʿite), comme cela sera précisé dans la rubrique des décès de cette même année.