On n’avait jamais vu une chose pareille depuis une très longue période. Elle détruisit de nombreuses maisons sur environ une coudée ou plus, noya un groupe de personnes, brisa les portes de la mosquée et pénétra dans la Kaʿba, où elle s’éleva d’une coudée ou davantage. Un événement d’une grande ampleur survint, dont le cheikh ʿAfîf ad-Dîn aṭ-Ṭabarî a fait le récit.
Le vingt-septième jour de Jumâdâ al-Ûlâ, le juge Jalâl ad-Dîn fut démis de ses fonctions de magistrat en Égypte. Il arriva alors la nouvelle du décès du juge de Syrie, Ibn al-Majd, peu après sa propre destitution. Le sultan confia donc à Jalâl ad-Dîn la fonction de juge en Syrie, et celui-ci s’y rendit, retournant ainsi à son ancien poste. Puis, le sultan destitua Burhân ad-Dîn ibn ʿAbd al-Ḥaqq, juge hanafite, ainsi que le juge hanbalite Taqî ad-Dîn. Il fut ordonné à son fils Ṣadr ad-Dîn de s’acquitter des dettes dues aux gens, qui s’élevaient à près de trois cent mille.
Cinq jours après le départ de Jalâl ad-Dîn, soit le lundi dix-neuf Jumâdâ al-Âkhira, le sultan convoqua à sa cour les notables parmi les jurisconsultes et leur demanda qui pourrait assumer le poste de juge en Égypte. Le choix se porta sur ʿIzz ad-Dîn ibn Jamâʿa, qu’il investit aussitôt (1). Il conféra ensuite le poste de juge hanafite à Ḥusâm ad-Dîn Ḥasan ibn Muḥammad al-Ghawrî, juge de Bagdad, et tous deux quittèrent sa présence en se rendant à la madrasa aṣ-Ṣâliḥiyya, revêtus de leurs robes d’investiture.
ʿIzz ad-Dîn ibn Jamâʿa s’installa à la Dâr al-Ḥadîth al-Kâmiliyya, qui appartenait au cheikh Kamâl ad-Dîn (2) ad-Dimyâṭî. Il y donna un cours et cita le hadith « Les actes ne valent que par les intentions » (3) avec sa chaîne de transmission, puis l’expliqua. La plupart des adjoints au jugement (4) furent révoqués, mais quelques-uns conservèrent leur fonction, dont al-Munâwî (5), qui avait recommandé cette nomination.
Le vingt-cinquième jour de ce même mois, la fonction de juge hanbalite fut confiée à l’imam érudit Muwaffaq ad-Dîn Abû Muḥammad ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Malik al-Maqdisî, en remplacement du juge démis. Il ne resta alors plus, parmi les magistrats, que l’Akhnaʾî de rite mâlikite.
Au mois de Ramaḍân, la Ṣabâbiyya, construite par Shams ad-Dîn ibn Taqî ad-Dîn ibn aṣ-Ṣabbâb le marchand, fut ouverte comme Dâr Qurʾân et Dâr Ḥadîth. Auparavant, il ne s’agissait que d’une ruine épouvantable (6).